Tragédie et statistiques

La mort d’un homme est une tragédie, la mort de millions d’hommes est une statistique. Cette citation de Joseph Staline fait froid dans le dos, et pourtant nos comportements face à la surabondance d’informations que les médias s’emploient à nous faire ingurgiter à longueur de journées, tend à prouver qu’en matière de sentiments, nous ne valons pas mieux que ce dictateur.

Il ne se passe pas en effet un jour où l’actualité spectacle, souvent responsable de la banalisation des évènements, nous abreuve de drames en tous genres. Que l’on soit en voiture, sur son lieu de travail, devant son téléviseur, l’annonce d’une nouvelle catastrophe nous fait oublier la précédente et les quelques milliers de victimes annoncées (le journaliste n’étant pas à un centaine de morts près) s’ajoute à une longue liste de tués d’un séisme ou d’un ouragan précédent, sans que notre quotidien en soit particulièrement affecté.

A l’inverse le mort d’une célébrité suscite parmi nous, une vague d’émotions abondamment nourrie par un matraquage médiatique incessant au sein d’une population endoctrinée qui ne sait de l’individu décédé que ce que l’on a bien voulu lui faire savoir.

Le grand homme rentrera dans l’histoire, des millions d’autres ne feront partie que du bilan définitif d’un fait divers imprimé sur une feuille de papier rangé précieusement dans les archives d’un quelconque journal.

En matière d’environnement et de réchauffement climatique, jusqu’à récemment, nous éprouvions bien peu de compassion à l’égard des ces communautés lointaines qui souffraient de l’irresponsabilité collective et de ses conséquences.

Les savants du monde entier pouvaient bien tirer la sonnette d’alarme, leurs incursions incessantes dans nos foyers à travers les articles de presses ou à travers les différents reportages ne soulevaient pas chez nous des montagnes, pire elles nous dérangeaient car notre égoïsme nous interdisait de faire le moindre sacrifice dans nos modes de vie.

Comme je le disais précédemment trop d’informations tuent l’information et l’effet recherché se retournaient contre nos érudits.

La tempête Lothar de mille neuf cent quatre vingt dix neuf, la tempête Xynthia de ce mois de février deux mille dix, les inondations à répétitions, la canicule de deux mille trois, sont autant de phénomènes qui nous inquiètent parce qu’ils touchent la famille, notre mère patrie, la tragédie est maintenant entre nos murs, les séquelles des cataclysmes naturels subis par les autres ne représentaient pour nous que de simples chiffres bien peu passionnants, à présent nous savons que l’apocalypse n’est pas un vain mot.

L’activité humaine et ses répercussions négatives sur la planète n’avaient pas encore fait l’objet d’études fortement médiatiques en ce printemps été mille neuf cent soixante seize, et pourtant nous entendions parler pour la première fois en ma connaissance d’un impôt solidarité, en faveur des agriculteurs sévèrement touchés par une sécheresse qui durait et qui avait mis à mal les cultures de toutes sortes.


Extrait du livre de mes mémoires


Nous étions en train de vivre un printemps particulièrement chaud, la pluie n’était pas beaucoup tombée durant la période d’hiver et la sécheresse menaçait, inquiétant le monde agricole tout en faisant la une des médias.

Notre entreprise, comme une grande majorité d’autres, n’étaient pas dotées d’une climatisation interne. Au bureau l’atmosphère devenait irrespirable et nous devions nous protéger d’une transpiration excessive en couvrant dossiers et assises de nos sièges en skaï de serviettes en éponge qui constituaient une isolation thermique mais qui par leur fonction étaient en mesure aussi d’absorber une humidité excessive fortement désagréable pour les personnes concernées. Le papier collait sur les bras et sur les mains, la sueur perlaient sur les fronts et tombaient sur les documents administratifs rendant notre tâche fortement désagréable, Nous vivions des conditions extrêmes mais en tant que société de service nous ne pouvions pas adapter nos horaires à la fraîcheur du matin.

Le soir je rentrais fatigué et n’ayant pas le confort des maisons modernes je ne pouvais pas compter sur les bienfaits d’une douche pour me rafraîchir et pour me détendre afin de recouvrer mes esprits avant de passer à table.

Le climat sec et ensoleillé de cette fin mai était aussi propice à la rêverie et aux désirs de congés. La pénibilité du travail accompli, sous une chaleur écrasante ne faisait qu’attiser mon impatience de pouvoir disposer enfin d’un peu de temps libre.

L’option d’une escapade au Moyen-Orient cogitait déjà depuis plusieurs mois dans ma tête. Un tour-opérateur organisateur de circuits touristiques en Égypte avait particulièrement retenu mon attention. Cet état avait l’avantage de nous offrir à la connaissance l’histoire ancienne de la civilisation disparue des pharaons, et celle actuelle d’une population majoritairement islamique, solidement implantée malgré les affres et aléas de la vie, sur les deux rives du Nil, depuis le début de notre ère. Je profitais de mon expérience de l’année passée pour peaufiner les derniers préparatifs avant mon départ qui devait avoir lieu en septembre.

En attendant télévision, radio et journaux plus alarmistes que jamais, prédisaient une année calamiteuse pour les récoltes. Le gouvernement préparait psychologiquement les français à supporter un impôt exceptionnel, mesures impopulaires mais nécessaires, en signe de solidarité envers les agriculteurs en situation de détresse.

Ces conditions météorologiques rarissimes, dont je ne connaissais aucun précédent, n’avaient pas à mon niveau que des inconvénients, car elle me dispensait d’entretenir le jardin, en effet plus rien n’y poussait depuis que nos dirigeants nous interdisaient d’arroser.



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