Eyjafjallajokull

Les médias nous rabâchent à longueur de temps que nous traversons une grave crise économique. Les associations caritatives qui fleurissent comme les pâquerettes au printemps, appellent à la solidarité, alors soyons solidaires de ces pauvres vacanciers qui sont tragiquement bloqués dans les aéroports, à cause d’un vilain volcan islandais qui crache des épaisses fumées nocives aux avions qui voudraient les affronter.

Certains hommes de sciences ont dit, réjouissez vous mes frères, car grâce au réchauffement climatique, la fonte des calottes glaciaires dans les décennies à venir, en ôtant un grand poids libèreront beaucoup plus facilement le magma, lors des éruptions qui seront de plus en plus nombreuses.

Certains hommes de sciences ont dit aussi, qu’il n’y avait aucune preuve montrant que le phénomène actuel situé sous le glacier Eyjafjallajokull, était lié au réchauffement de la planète, nous voilà rassurés, tant pis pour les futures générations.



Extrait du livre de mes mémoires



Situé au niveau supérieur, les zones d’embarquement étaient accessibles au départ des différentes portes, par l’intermédiaire d’escalators. Protégés par une galerie en plexiglas, nous traversions un puits central inondé de lumière, où s’entrecroisaient les passagers en partance ou en provenance des différents continents.

Les formalités douanières achevées nous fûmes dirigés vers un endroit exigu, réservé pour l’heure aux seuls et uniques participants de notre vol AF124.

Il était bientôt onze heures à ma montre quand une issue s’ouvrit sur le sourire d’une hôtesse qui nous invitait à emprunter ce que je pensais être l’un de ces fameux tunnels contemplés lors de mon arrivée en taxi. J’eus la confirmation que ce large passage avait pour usage d’acheminer les voyageurs directement à l’intérieur de la carlingue.

De part sa démesure et sa modernité, l’airbus dans lequel nous prenions place n’avait rien à voir avec les DC8 que j’avais pu emprunter précédemment. La partie centrale de l’habitacle était occupée par des rangées de places assises désolidarisées des sièges latéraux par deux larges allées dans lesquelles une personne pouvait aisément déambuler. L’avion pouvait transporter un grand nombre de passagers, cependant l’espace vital de chacun étant préservé, je n’avais pas cette sensation de mal-être qu’une situation de confinement aurait pu provoquer en moi. Assis du côté gauche de l’appareil à proximité d’un hublot, j’avais obéi à l’ordre qui nous avait été donné, d’attacher notre ceinture. Très vite nous sentîmes que nous étions en mouvement. L’avion rejoignait doucement sa piste d’envol. Le décollage m’avait largement impressionné. Le commandant de bord nous informait à présent que nous avions atteint notre vitesse de croisière, soit les neuf cents kilomètres par heure. La stabilité en plein ciel ainsi que le ronron assourdi des moteurs contribuaient à renforcer cette impression de sûreté et d’invulnérabilité que cette merveille de haute technologie avait suscité en moi dès l’instant où j’avais franchi la porte d’accès aux passagers. Une hôtesse nous fit la démonstration des gestes à réaliser en cas d’incidents majeurs, tandis que l’une de ses collègues commença à nous servir un plateau repas. Pour mon plus grand bonheur, mon expédition en Scandinavie n’avait émoussé en rien le côté enfantin de ma personnalité. Je continuais à m’émerveiller et à m’extasier au fur et à mesure de mes découvertes. Loin d’être blasé et insensible au milieu dans lequel j’étais en train d’évoluer, mes yeux étaient au contraire aux aguets. Des années d’enfermement et de repli sur soi étaient à l’origine de ma frustration. Je m’employais à présent à combler cette lacune en ouvrant ma fenêtre sur l’humanité et en faisant de mon inexpérience un stimulant à la soif que j’avais d’apprendre et de comprendre la vie.

Nous fîmes escale à Athènes où nous devions embarquer une série de passagers parmi lesquels une équipe de footballeurs, qui se rendait à Dubaï en Arabie Saoudite. Nous avions l’autorisation de sortir sur la passerelle pour nous dégourdir les jambes. J’étais de ceux qui voulurent en profiter. Je fus instantanément suffoqué par la chaleur. La réverbération intense du soleil sur l’asphalte, me blessa les yeux, mais j’eus le temps de ressentir comme un léger frisson à la vue de cette étrange étendue désertique qu’était le tarmac en ce milieu d’après-midi. Le personnel navigant nous fit savoir que l’aéroport était en état d’alerte. Le commandant de bord avait reçu la consigne de diriger son appareil vers un endroit très précis à l’écart d’une zone ultra sécurisée. Les autorités grecques redoutaient l’atterrissage forcé d’un Boeing contrôlé par des terroristes qui étaient pour l’heure en pleines négociations avec les gouvernements régionaux.

Depuis le début des années soixante dix, l’aviation civile était la cible privilégiée de détournements à répétions. J’avais choisi une destination où les probabilités d’un piratage étaient possibles, mais peu probables. Persuadé d’être à des années lumières de ce type d’incidents, je n’avais pas manqué de répondre par des sourires au boutades multiples que cette destination dite à risques avait alimentées au fil de mes conversations. J’étais à présent au cœur d’un fait divers qui faisait la une de l’actualité. Je n’étais que le témoin de cet évènement mais je pris soudainement conscience que j’aurais pu en être la victime, confirmant la thèse selon laquelle les choses n’arrivent pas qu’aux autres.

Nous reçûmes l’ordre de décoller à l’horaire prévue. La deuxième partie du voyage se déroula sans incident. Nous étions à présent en phase d’approche. Le commandant de bord nous avait informé de notre atterrissage imminent après nous avoir donné l’ordre d’attacher notre ceinture. Il nous avait souhaité un bon séjour en nous précisant l’heure locale et la température ambiante que nous allions trouver à notre arrivée. Il nous avait recommandé au préalable de jeter un œil à travers les hublots de l’appareil, d’où l’on pouvait distinguer comme égaré dans l’immensité désertique, le minuscule trio mythique des pyramides de Gizeh Envahi par une excitation difficilement contenue, je m’étais délecté de ce moment privilégié qui me rappelait ma petitesse face à l’échelle du temps et l’humilité dont je devais faire preuve au regard de ce grand mystère que représentait l’existence de notre univers.

Au sortir de nos presque cinq heures de vol, nous étions descendus de la passerelle, oppressés par la chaleur et la sécheresse de l’air. La lumière diminuait d’intensité car nous arrivions au couché du soleil. Des agents de service s’affairaient à descendre les bagages de la soute mais j’avais l’impression que sur le reste de l’aéroport, le calme prédominait.

Je ne pouvais m’empêcher de comparer mon expérience présente, à celle de l’année passée et le contraste était saisissant. Malgré quelques spécificités, les us et coutumes du peuple norvégiens restaient très proches de nos propres habitudes. Je ne m’étais jamais senti dépaysé lors de mon séjour en Scandinavie.

A l’inverse, en posant le pied sur le sol égyptiens, j’éprouvai immédiatement comme une sorte de malaise. Plus nous approchions du contrôle bagages, plus j’avais l’impression de ne pas être à ma place en ce lieu. D’un seul regard, j’avais mesuré l’ampleur des différences qui séparaient nos deux civilisations.

J’étais presque gêné de ma situation d’européen riche et privilégié. Je considérais le regard des gens comme autant de jugements portés à mon encontre. Ma présence indécente était comme une forme de provocation face à leur pauvreté. De peur d’être considéré comme un indiscret, je n’osais plus lever les yeux du sol, car la tentation était grande d’observer des scènes de vie qui m’étaient jusqu’à présent totalement étrangères.

Ce mal-être se dissipa un peu à l’instant même ou mon passeport me fut rendu par un douanier qui d’un large sourire me souhaita un bon séjour dans son pays. Je compris que je ne pénétrais pas sur un terrain hostile mais qu’à l’inverse, j’étais plutôt accueilli avec respect. Choc des cultures oblige,il me restait du chemin à faire avant d’être totalement à l’aise, mais j’étais partiellement rassuré et mieux disposé à profiter de cet opportunité qui m’était offerte de découvrir un peuple.



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