Décadence et laxisme

Après un hiver trop long et des températures de début d’avril frisquettes, le soleil semble enfin disposer à nous dispenser de cette chaleur nécessaire à notre vitalité. Le carnaval s’est achevé très tard dans la nuit, et les milliers de spectateurs qui avaient envahi le parcours du défilé se sont envolés comme une nuée de moineaux. Les flonflons se sont tus, les groupes de danseurs ont raccrochés les déguisements et les chars ont regagné leurs hangars, une année vient encore de s’écouler.

En ce dimanche matin de la saint Parfait, je déambule dans des rues désertes, le contraste est saisissant compte tenu de l’ambiance euphorique des festivités de la veille. Seule une légère brise trouble le silence qui règne en maître au milieu de la ville.

Les confettis qui tourbillonnent dans le vent devraient être le seul témoignage de cette nuit de liesse populaire et pourtant l’envers du décor est là sous mes yeux. Je constate avec amertume l’incivisme qui prévaut, comme à chaque fois qu’une réunion de telle ampleur est organisée.

Les bombes aérosol à serpentin, les cannettes en aluminium ou en verre jonchent le sol à deux pas des poubelles publiques largement présentes à différents endroits des quartiers, des dizaines de sacs en plastique ressemblent à des cerf-volants qui s’écrasent contre les façades des maisons avant de redescendre sur les trottoirs, attendant un nouvel assaut du vent pour reprendre leur course.

Le pire je le constate en traversant le parc municipal qui a manifestement servi d’aire de pique-nique, emballages à pizzas, sacs et cartons alimentaires jetables portant bien leur nom, gobelets en plastique, etc… l’endroit ressemblent à un dépotoir à ciel ouvert au milieu duquel le promeneur que je suis, n’a pas envie de s’arrêter. Je sens la colère monter en moi quand j’aperçois un massif de tulipes piétinés par des individus qui peu soucieux de respecter le travail des employés municipaux, font également supporter aux contribuables les frais de leur inconduite.

Vivons nous une époque de décadence et de laxisme, ou ce genre de situation existait-il lorsque j’étais enfant. Peut-être suis je en train de devenir un vieux grincheux et que finalement tout ceci n’est pas aussi grave que je veux bien l’imaginer. Il me semble pourtant qu’une certaine morale s’est envolée de l’éducation des nouvelles générations et mes craintes pour l’avenir ne semblent pas prêtes à se dissiper.

 

Extrait du livre de mes mémoires (récit de voyage Égypte 1976)

 

Très vite nous fûmes pris en charge par notre guide accompagnateur et acheminés en autobus vers notre hôtel. Il était environ dix huit heures quand nous quittâmes l’aéroport, mais la nuit était déjà tombée. Je n’avais plus la force de me réjouir d’avoir enfin atteint mon but, car j’étais littéralement épuisé par cette folle journée. Tout en essayant de faire le vide dans ma tête, je fermai doucement les yeux me laissant bercé par le ronron sécurisant du moteur. Au loin les premiers néons de la ville apparaissaient à travers les vitres du véhicule, me laissant présager que nous approchions de notre destination finale.

Nous posâmes nos valises dans un hôtel situé en plein cœur d’un quartier populaire, très fortement agité en cette période de ramadan. La rue grouillante de vie, continuait à déverser son flot continue de véhicules qui manifestaient leur présence par des coups de klaxons intempestifs. Sur les deux trottoirs, une foule dense et ininterrompue, contribuait à prolonger l’activité commerciale, bien au delà du crépuscule. Le couché du soleil, avait marqué en effet la fin d’un jeûne débuté dès l’aurore et qui s’était achevé par le traditionnel coup de canon, approximativement tiré au moment de notre arrivée à l’aéroport. Les musulmans, consacraient à présent la soirée à se restaurer et à faire la fête en attendant une nouvelle journée de privation.

Les différentes formalités administratives accomplies, nous avions reçu nos clés, avant de passer au restaurant pour le dîner. Ma mémoire me fait défaut quant à la qualité des repas qui nous fûmes servis durant tout ce voyage. Sans doute cette alimentation ne s’éloignait elle pas trop de nos habitudes culinaires. Nous séjournions dans un pays pauvre et la quantité de nourriture mise à la disposition des touristes était sans commune mesure avec celle, singularisée par l’abondance et la richesse des plats qui m’avaient été servis en Scandinavie. Cette différence de prestations, n’affectait en rien la qualité de mes vacances.

Je partageais ma chambre avec un parisien, fleuriste de métier et à peu près de mon âge. Nous avions choisi cette formule par souci d’économie. J’avoue qu’en sa présence, je me sentais un peu moins dépaysé et surtout en relative sécurité. Le choc des cultures n’était pas une chose à laquelle on faisait face dès la première seconde et mon colocataire m’aidait à ne pas me sentir complètement perdu, d’autant plus que nous avions opté pour un hébergement qui nous permettait d’évoluer en plein cœur des populations locales, aux antipodes des formules qui proposaient aux occidentaux, un accueil dans des complexes touristiques, dont l’agencement ne différait pas beaucoup de leurs habitudes. Ces hôtels surprotégées était pour la plupart construits dans des secteurs résidentiels, bien à l’écart des petites gens et de leurs préoccupations quotidiennes.

Nous étions logés au second étage de l’immeuble et notre chambre donnait sur la rue Gomhoreya. L’hôtel Victoria datait de l’époque de la domination britannique. Il n’était pas récent et de confort modeste, mais nous disposions de sanitaires propres, d’une salle de bain très acceptable et de lits relativement confortables.

Nous avions passé un long moment à discuter, afin d’apprendre à nous connaître, puis nous avions tenté de nous coucher pour récupérer le sommeil qui nous faisait défaut. Il faisait chaud, mais le vacarme incessant de la circulation, nous dissuadait d’ouvrir notre fenêtre. Dormir dans ces conditions extrêmes, relevaient d’un miracle. Cependant, nous avions à force d’insistances, réussi à nous assoupir avant d’être définitivement réveillé par un appel à la prière, diffusé par voie de haut-parleur et émanant du minaret voisin. Il était environ quatre heures du matin et il faisait déjà grand jour. Nous brûlions d’impatience de sortir de notre isolement et nous décidâmes de ne pas nous attarder plus longtemps dans notre lit.



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