Froides statistiques

Dans la série la mort d’un homme est une tragédie, la mort d’un million d’hommes est une statistique, je lisais jeudi matin, dans la presse quelques lignes traitant de l’espérance de vie des cancéreux.

Censé nous informer d’une bonne nouvelle, mais rédigé d’une manière abrupte, l’article était dépourvu de toute humanité, et glaçait le dos, surtout de ceux concernés par le sujet.

Un peu comme on recense les moutons, l’annonce disait ceci :

Selon un rapport rendu public, sur les quelques 320 000 patients qui ont chaque année un diagnostic de cancer, plus de la moitié vivront encore cinq ans après et  »au moins 120 000 guériront »

120 000 guériront imprimés en italique pour nous signifier que la médecine sauvera certains du néant, mais le conditionnel reste de rigueur en particuliers en ce qui concerne la quantité exacte des rescapés.

Selon l’institut nationale qui a fourni ces données, il faut considérer ce bilan comme encourageant Donc si vous êtes malade débutant , vous pouvez espérer faire partie des 160 000 élus qui soufflerons encore leurs bougies en 2015 et pourquoi pas des 120 000 chanceux qui seront hypothétiquement sauvés. Rassurant non?

Des chiffres qui ne disent rien des cris et des larmes versées par les familles touchées par ce fléau.

Ce jeudi encore, j’assistais à la sépulture d’une lointaine parente. Je connaissais un peu de son histoire, car nous nous étions côtoyés lors de mes différentes quêtes généalogiques.

Son père n’avait que très peu compté dans son existence, elle était fille unique, s’était mariée mais n’avait pas pu avoir d’enfants. Son mari était décédé d’un cancer après quinze ans d’une union sans faille, et elle s’était très difficilement remise de son veuvage. Sa mère dont elle était très proche était elle même morte de la même maladie en l’an deux mille. Elle avait donc largement subi son lot de souffrance et de solitude avant de rencontrer enfin un ami avec lequel elle poursuivait désormais son chemin. La mort de ma cousine, vient de mettre un terme à leur romance.

Tous les membres d’une famille terrassés par la même affection et qui n’apprécieraient surement pas le ton résolument optimiste de ce journal.

Des dictionnaires entiers d’autres noms de malades, dont l’étoile brille pour toujours au firmament, mériteraient un peu plus de compassion de la part des milieux scientifiques et de leurs statisticiens.


Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté – périple égyptien suite)


Après une toilette revigorante, nous sortîmes arpenter le bitume à la découverte du quartier et de ses alentours. Piétons et automobilistes s’étaient enfin assagis. Une étrange odeur flottait dans l’air que je ne savais analyser. Les rues étaient quasi désertes et presque silencieuses, mais l’état d’excitation dans laquelle nous nous trouvions, nous dissuadait de tout autre tentative de repos. Il faisait déjà chaud et sec, une légère brise soulevait la poussière qui volait jusque dans nos yeux. Le spectacle sans cesse renouvelé des mendiants blottis le long des façades et parfois même couchés dans les caniveaux, ravivait en moi ce sentiment de gêne à l’égard de cette misère qui me faisait relativiser sur les durs moments de pénuries financières que j’avais pu connaître à une certaine époque de mon existence. En comparaison de cette extrême indigence, ma pauvreté n’avait été qu’un simple mauvais moment à passer.

Parfois nous évitions des tas d’immondices, éparpillés sur le trottoir par une meute de chats à demi sauvages. Je me demandais comment était organisé le ramassage de ces ordures dans une ville d’une telle dimension. Le temps passait vite et le tumulte urbain reprenait du service. Les premiers marchands ambulants apparaissaient, poussant leurs charrettes pleines de fruits et légumes, vers les marchés de proximité. Les plus aisés parmi eux, disposaient de carrioles tirées par un mulet. Tout ce petit monde se fondait aisément avec le trafic routier, qui se densifiait au fil des heures. L’archaïsme cohabitait avec le modernisme, de la manière la plus naturelle possible.

J’étais à présent dans le petit salon de l’hôtel à rédiger mes premières correspondances. Le réceptionniste me proposa les bienfaits d’un ventilateur, car la chaleur commençait à se faire intense. Mon coéquipier était remonté se rafraîchir, tandis que les premiers membres du groupe commençaient à affluer dans le hall d’entrée.



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