Moyenâgeux

Il était bien tard samedi soir lorsque je regagnai mon lit après avoir éteint mon téléviseur. La diffusion des deux derniers épisodes d’une série dont l’action se déroulait en 1375, venait de s’achever en nous laissant présager d’une suite à suspens et à rebondissement.

Ma déception fut bien grande ce matin en lisant dans la presse les mauvais résultats d’audience obtenus par ce feuilleton.

Cet échec risque fortement de compromettre le tournage d’une nouvelle saison, et pourtant cette production française distançait largement en matière de qualité la multitude de séries policières américaines qui inondent les écrans.

L’intrigue nous ramenait à ces temps que notre maître d’école nous décrivait comme les heures obscures de notre histoire.

Toutes les causes étaient en effet réunies pour faire de ce moyen-âge une période de profonds ténèbres, que peu de nos contemporains auraient aimé connaître.

A l’époque donc, la guerre de cent ans plongeait le royaume de France, dans le désastre d’une lutte sans merci contre les anglais.

Un fléau encore plus menaçant décimait les populations, la peste noire qui se propageait par la prolifération des rats. Prolifération d’autant plus grande que l’on massacrait les chats responsables selon la croyance de la transmission de la pandémie.

D’autres calamités achevaient d’accabler les paysans de misère, c’étaient les trop souvent mauvaises récoltes et la domination de la noblesse, qui ne prêtait que peu d’importance à la basse classe.

Le film nous montre avec beaucoup de minutie, les serfs et les vilains évoluer dans leur cadre de vie.

Ces paysans habitaient de modestes demeures, construites en bois ou en boue séchée, les maisons étaient couvertes d’un toit de chaume et ne s’ouvraient que sur une seule pièce mal éclairée par une petite fenêtre. Le sol était en terre battue, le mobilier était constitué de coffres, de quelques bancs et d’un lit garni d’une paillasse.

Presque toute les terres étaient aux mains de grands propriétaires tels que les seigneurs ou les ecclésiastiques, qui n’éprouvaient aucune compassion pour une population écrasée d’impôts, qu’ils pouvaient emprisonner ou condamner à mort sans la moindre restriction.

Le monde rural était volontairement maintenu dans l’ignorance (les paysans n’avaient pas le droit d’apprendre à lire sous peine de graves sanctions), ce qui permettait au clergé de le tenir sous son joug.

La peur de l’enfer et du jugement dernier était une obsession également encouragé, ce qui avait également pour effet de développer grandement l’obéissance religieuse et la reconnaissance du pouvoir de ce même clergé, le seul à être capable d’éloigner le mal.

L’esprit des croisades faisait remonter le désir de vengeance contre les juifs, accusés d’avoir mis à mort Jésus. On les rendait comme les chats, coupables de la peste, et des rumeurs circulaient sur leurs rituels supposés cruels. L’inquisition mise en place au XIIIe siècle se déchaînaient contre eux.
Personne ne pouvait échapper à l’autorité papale, l’inquisition était célèbre par ses excès en matière de tortures et de jugements sommaires. C’était un tribunal ecclésiastique qui servait aussi la politique du roi, en l’aidant à se débarrasser de certaine personnes, via le bûcher, et qui réduisait en cendres des milliers d’hérétiques.

La commanderie d’Assier, seigneurie de l’Ordre des Hospitaliers, est dans cette série télévisée l’unique espoir d’un peuple qui est terrorisé et qui à faim. Sa mission héberger, soigner et protéger par les armes, quiconque vient y trouver refuge.

La malédiction proférée à l’encontre du roi Philippe le Bel, responsable du massacre des Templiers et de la spoliation d’une grande partie de leurs biens, hante encore les esprits. Un trésor ayant appartenu à l’Ordre des Templiers serait caché à la commanderie et attise les convoitises de ceux qui cherchent à financer une nouvelle expédition en terre sainte.

L’arrivée impromptue de Louis I d’Anjou (grand-père de notre bon Roi René d’Angers, et frère du roi Charles V), qui à bien l’intention de s’approprier le magot, va déclencher une suite d’évènements dramatiques. L’histoire s’achève avant son dénouement, espérons donc que l’intérêt culturel de cette série l’emportera sur les exigences financières et que nous serons amenés à regarder la suite de cette passionnante fiction.




Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté ou la suite de mon périple égyptien : 1 jour septembre 1976)


Avant de monter à bord d’un minibus, nous avions été invités à prendre notre petit déjeuner. Accompagnés d’un chauffeur et de notre guide, nous entamions cette première journée, par la visite du grand musée national des antiquités. En l’absence d’un réseau de transport en commun suffisamment développé, nous fûmes rapidement confrontés aux difficultés de circulation. Nous empruntions des infrastructures routières complètement saturées par une surpopulation urbaine totalement indisciplinée en matière de conduite.

Malgré une présence policière accrue aux intersections, le flux des automobiles avait bien du mal à être régulé et le passage en force, à grands coups de klaxons semblait l’emporter au détriment du respect élémentaire des règles de priorités. La cohue était présente aussi bien dans les rues, que sur les trottoirs et je comprenais à présent les raisons de ce vacarme incessant qui avait gâché mon sommeil et qui risquait de me dérouter durant une partie de mes vacances.

J’avais été impressionné par la grandeur de ce musée et par l’abondance de ses collections. Subjugué par la richesse du trésor de Toutankhamon et particulièrement par l’extrême beauté de son sarcophage, je pensais avoir atteint le summum du ravissement, quand nous nous dirigeâmes vers la salle des momies. J’avais sous mes yeux écarquillés, protégé par d’épaisses parois de verre, le corps gisant de l’un des plus grands pharaons de l’Égypte ancienne, Ramsès II, mort depuis plus de trois mille ans.

La fin de notre visite fut bien éprouvante pour les nerfs. Nous avions été délesté de nos appareils photos, avant d’entrer dans la galerie. Maintenant des groupes de gens toujours plus nombreux, s’agglutinaient aux abords du comptoir derrière lequel, un employé exploitait l’impatience des pauvres étrangers que nous étions, en faisant monter la tension. Par crainte de ne pas récupérer notre bien, nous faisions en effet preuve d’une certaine générosité pécuniaire, envers ce fonctionnaire zélé, qui jouait de notre manque de confiance pour accélérer ou ralentir son travail de restitution, de manière à recueillir un maximum de bakchichs.

Préservé de la chaleur et de ses agressions, j’avais oublié pendant un temps, les pollutions atmosphérique et sonore du Caire. Dès ma sortie du muséum, l’activité économique intense de la ville, me rappela à mes bons souvenirs.

Bien que les égyptiens soient en conflit avec Israël, soutenu par les occidentaux (mon passeport ne devait pas mentionner un passage dans l’état hébreux sinon je n’aurais pas obtenu l’autorisation d’entrée sur le territoire), notre statut de touriste suffisait à favoriser nos relations avec la population locale.

Cette sympathie que nous manifestait les autochtones, n’était pas dénuée d’intérêts. Nous étions en effet détenteurs de devises et donc des consommateurs potentiels, bien utiles au profit de la lutte que les égyptiens menaient contre leur propre précarité. Les enfants étaient les premiers à témoigner leur bienveillance envers nous. Notre présence provoquait attroupements, bousculades et sollicitations en tous genres.

Le soleil était au zénith et mon ventre me rappelait qu’il était l’heure de se mettre à table.



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