Douloureux souvenir

J’ai été arrêté le 31 janvier 1944 par trois gendarmes, l’inhumanité même de ces trois hommes, le chiffre trois, chiffre impair qui montre bien la détermination d’être solidaires, de ne pas se laisser influencer face à la jeunesse, face aux suppliques de ma nourrice, des demandes insistantes du maire de la commune pour ne pas n’emmener moi, si jeunes, si innocente, qui avait la malchance d’être née juive! Alors que les armées alliées sont en train de délivrer l’Europe des Allemands, trois gendarmes français, on obéi aux ordres de m’emmener à Niort pour connaître le pire.

Ida Grinspan


Dimanche 25 avril, journée du souvenir de la déportation, une professeur d’histoire accompagnait comme depuis quelques années , ses élèves qui participaient avec elle aux cérémonies commémoratives de la déportation.

Elle avait demandé à une ancienne déportée de rédiger un texte que ses élèves devaient lire. Dans ce récit, l’auteur évoquait son arrestation par trois gendarmes alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Ce témoignage a tout d’abord heurté la sensibilité d’un ancien gendarme, adjoint au maire dans la commune où la célébration devait avoir lieu.

Après échange avec cet adjoint, l’enseignante accepta de retirer le mot ‘‘gendarmes » et de ne plus évoquer que  »trois hommes qui obéissaient aux ordres de Vichy »

Le conseiller municipal en question, décida cependant de présenter le texte au maire qui en censura tout bonnement la lecture.


Déclaration du premier magistrat de la commune.

Je décrète qu’on ne lira pas ce texte, car il n’est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime.


Riposte de l’enseignante

Mes élèves ne participeront plus au devoir de mémoire et aux cérémonies commémoratives de votre commune. Je renonce à souscrire à ce que j’appelle une forme de censure


Réaction de l’ancienne déportée

C’est terrible cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Tous les gendarmes n’ont pas arrêté des gens et certains même ont permis d’éviter des déportations. Mais dans un pays démocratique comme le nôtre c’est triste de penser qu’on ne peut pas raconter l’histoire telle qu’elle s’est passée.


Nouvelle déclaration du premier magistrat de la commune

L’affaire du texte censuré de l’ancienne déportée a fait beaucoup de bruit et je tiens à m’expliquer. Je le reconnais c’est une maladresse. Je pense à cette dame qui a souffert dans sa chair et qui a dû être blessée par cette situation. Je lui présente mes excuses les plus sincères.

Je suis partisan d’une histoire apaisée. Jacques Chirac avait officiellement reconnu la responsabilité de l’état français dans la persécution des juifs. C’est désormais un fait reconnu.

Je n’ai pas interdit la lecture du témoignage de cette dame, j’ai dit que ce serait bien qu’on évite de stigmatiser une profession dans sa globalité.


Mon opinion (elle n’engage que moi)

Dans cette période troublée de notre histoire la terreur dominait le monde. Certains avaient parié sur une victoire totale et définitive de l’Allemagne, ils collaboraient donc avec l’ennemi dans l’espoir de s’enrichir et de grimper les échelons sociaux. Pour servir leur cause, ils n’hésitaient pas à commettre les pires des atrocités et n’éprouvaient aucune compassion pour les personnes qu’ils tenaient entre leurs griffes.

Le discours de l’ancienne déportée est remplie d’amertume et cette réaction est très logique, car il humainement impossible de pardonner l’impardonnable. Les exactions commises durant ce conflit mondial sont inconcevables pour des personnes saines d’esprit, la folie meurtrière qui s’était emparée des nazies dépassait largement l’entendement.

Je ne pense pas pourtant que les gendarmes avaient choisi le camp des bourreaux. Ils se soumettaient à un gouvernement qui avait capitulé devant l’envahisseur et qui en était à présent son esclave. Il fallait avant tout protéger sa famille, car la désobéissance risquait de coûter la liberté, voir même la vie.

Je ne pense pas non plus qu’un grande majorité de ces mêmes gendarmes, prenaient plaisir à agir de la sorte. Le sentiment de honte devait très vite se transformer en sentiment de faute puis de remords.

L’histoire nous raconte les effets psychologiques dévastateurs provoqués par des arrestations musclées, sur les victimes, mais elle passe sous silence celles subies par des exécutants qui n’avaient pas choisi le rôle qu’on leur demandait de tenir.

En pleine période d’occupation, pour la plupart de la population, il était impossible d’imaginer ni la cruauté du destin réservé à ces gens qu’on arrêtait avant d’être déportés par les Nazis, ni l’ampleur du génocide que découvrirait plus tard les troupes alliées.

Peut-être que dans le cas contraire davantage de personnes se seraient rebellés en enfreignant les ordres.

Avec soixante cinq années de recul depuis la fin de la guerre il est facile, assis dans notre fauteuil de dire que nous n’aurions jamais été du côté des méchants, pour quelqu’un qui n’a pas connu le conflit mondial de 39-45, il est impossible de savoir dans quel état d’esprit se trouvaient les contemporains de cette sombre période, l’instinct de survie prédominait, et l’on devait penser davantage à sauver sa peau que de se préoccuper de celle des voisins.

Notre président ayant reconnu la responsabilité de l’état français dans la persécution des juifs, il était donc inutile de vouloir un fois encore masquer la vérité en remplaçant un mot par un autre pour ne pas porter atteinte à une profession qui bénéficie largement du délai de péremption.

Que dire du préjudice moral infligé à une femme qui a largement souffert et qui méritait que l’on fasse preuve d’un peu plus de respect envers elle.



Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté – Égypte septembre 1976)


A quelques encablures du musée des antiquités, l’après déjeuner fut consacré à la découverte de la vieille ville. Nous laissions provisoirement les pharaons, pour nous intéresser à la période conquérante des arabes. Datant du début de notre ère, la luxuriance des réalisations, en matière d’art et d’urbanisme, témoignaient de l’incontestable domination islamique et de son implantation irréversible dans ce pays. L’encrage politique et culturel des musulmans étaient présent à tous les coins de rues. Nous avions de noté à notre programme, la visite de deux édifices religieux. Avec discernement et dans le plus grand respect des rites, nous nous déchaussâmes afin de pénétrer à l’intérieur de la mosquée d’Ibn Touloun, qui me permit d’apprécier un style et de m’initier à une architecture qui m’était jusqu’alors, quasiment inconnue. Solidement implantée au cœur de la citadelle et érigée à partir de mille huit cent trente, Mehemet Ali fut la seconde mosquée que nous eûmes l’occasion d’explorer.

Sous une telle latitude, le crépuscule plongeait très tôt, la ville dans l’obscurité, marquant la fermeture des sites touristiques et contraignant les voyageurs à regagner leurs hôtels à un moment où en cette saison estivale l’astre solaire était encore au zénith en occident.

En cette période de ramadan, les musulmans respectaient scrupuleusement les astreintes liées à leurs croyances religieuses. Le jeûne prenait fin avec le soleil couchant, marquant ainsi le début des réjouissances. Nous traversions des quartiers populaires, noyés par une foule de gens qui se pressait vers les échoppes artisanales, ouvertes sur la rue. Tous ces petits commerces étaient largement éclairées et joyeusement animées par la diffusion de musiques orientales, diffusées en continu par différentes chaînes de radios. L’ensemble composait une indescriptible cacophonie qui déconcertait quelques peu l’occidental que j’étais.

Nous arrivions au terme de notre première journée de voyage et nous avions quartier libre jusqu’au lendemain matin. Emporté par la passion de son pays, notre guide qui ne se décidait pas à nous quitter, proposa de nous accompagner après dîner dans un cabaret généralement peu ou pas fréquenté pas les touristes. La plupart des participants au séjour acceptèrent la proposition. Je fus de ceux qui préférèrent décliner l’invitation, j’espérais ainsi pouvoir me reposer et récupérer un gros retard de sommeil.

C’était la première fois que je me trouvais complètement seul depuis que nous foulions la terre d’Égypte. J’étais cependant déterminé à me balader dans la rue qui jouxtait notre lieu de résidence.

Étranger parmi les étrangers, j’en ressentais comme à mon arrivée,un léger inconfort. Je décidai de regagner mon hôtel au plus vite, pressé de dissiper cette désagréable sensation.

Le couloir qui conduisait à mon lit était sombre, et dans cette demie obscurité, je faillis bousculer un employé de l’hôtel. Assis sur le sol, dos au mur, et les bras croisés sur ses genoux, il semblait dormir. Mon arrivée impromptue avait dû le réveiller car il s’apprêta à se mettre debout

Je lui fit signe de ne pas bouger, et je rentrai dans ma chambre à peine rassuré par cette rencontre insolite. Je fermai ma porte sans la verrouiller, en espérant que mon coéquipier ne tarderait pas trop à rentrer de cette fameuse soirée cabaret.

Malgré l’appréhension et bien que le vacarme extérieur fut identique à celui de la veille, mon épuisement était tel, que je dus plonger presque instantanément dans les bras de Morphée.




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