L’instinct de survie

L’instinct de survie fait souvent perdre le sens du raisonnement et peut rendre l’homme terriblement dangereux pour l’homme.

Le corps, quelque soit le domaine, nous renvoie à notre condition, il a pour conséquence, souvent, l’agressivité, simple réponse à une menace réelle, ou future, ou imaginée.

 

Pourquoi l’homme, animal doté de raison conserve-t-il son instinct d’agressivité?

Parce que sa raison n’est pas suffisante pour dominer ses instincts.

Enfermez un groupe d’énarques, d’académiciens, de prix nobels, bref, une trentaine de personnes, parmi lesquelles un soi-disant « inculte », dans la même pièce, et donnez leur une fois par semaine de quoi nourrir dix d’entre eux, avec le strict minimum d’eau.
On verra tout de suite de quoi l’être humain est aussi fait.
Il n’est pas impossible que se soit le moins érudit qui se comporte de la manière la plus humaine.
Nous sommes conditionnés par notre corps, notre partie animale, et tout ce qui se rapporte à lui.
Dès que ce corps est en grande carence, il nous ramène inexorablement, fatalement, puissamment, à nos instincts les plus primaires, à la partie de nous dont nous ne pouvons nous défaire, puisqu’elle est le véhicule de notre existence, et donc, si nous la sentons en danger, pour la plupart d’entre nous, alors plus rien d’autre n’a d’importance, plus rien d’autre n’existe, sinon une réponse immédiate, brutale, sans aucune concession, à sa survie, fut-ce au dépens de celle de l’autre.

Parce que sa raison n’est pas suffisante pour dominer sa peur.

Au plus profond de lui-même, l’homme connaît la peur: la peur de l’autre homme, surtout de l’homme autre, cet inconnu, cet étranger, cet indésirable, cet intrus qu’il considère porteur de menaces et de dangers. La peur de l’homme s’enracine toujours dans la crainte de mourir. Dès lors, nous considérons l’autre comme un ennemi auquel nous prêtons l’intention de nous faire du mal et, peut-être, de nous faire mourir. Nous appréhendons la rencontre avec l’autre homme en le considérant comme notre meurtrier potentiel, quand bien même il ne manifeste aucune hostilité à notre égard.

La peur crée le danger plus souvent que le danger ne crée la peur.

Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté – Égypte septembre 1976)

Je n’avais pas la notion du temps, peut-être étais-je couché depuis une ou deux heures. Je ne dormais pas aussi profondément que j’aurais pu l’espérer. J’avais soif et ma bouteille d’eau était vide, il fallait pourtant que je me réhydrate, car j’avais beaucoup transpiré. L’agence de voyage m’avait conseillé de ne pas boire au robinet, mais la tentation était trop forte,et tant pis pour mes intestins, d’ailleurs j’avais dans ma valise des gélules pour parer à toute éventualité. La lumière extérieure, perçait à travers les rideaux et j’eus envie d’ouvrir ma fenêtre pour observer l’agitation de la rue. Penché à ma balustrade je fumai une cigarette pour m’apaiser un peu, je me sentais légèrement nerveux. Du haut de mon deuxième étage je contemplais cette fourmilière humaine qui s’agitait dans tous les sens, je n’avais encore jamais rien vu de semblable.
Mon colocataire n’était pas encore rentré, et je regrettais à présent de ne pas l’avoir accompagné. Mes paupières étaient lourdes, il fallait que j’essaie de me reposer. J’avais dû m’assoupir mais je gardais les yeux semi-ouverts. Le plafond éclairé par les lumières de la ville servait de toile de fond à des ombres filiformes qui me donnaient l’impression de danser faiblement.
Un léger bruit me fit tressaillir, mon coéquipier était entré en essayant de se faire le plus discrètement possible.
Etait-ce mon état d’anxiété qui m’avait fait réagir ainsi ?
L’espace d’un éclair, je vis une troupe effrayante de momies, commandées par la silhouette agressive d’un individu armé d’un couteau, celui-là même qui m’avait fait sursauté peu de temps avant, alors qu’il était assis à proximité de ma chambre. Je me sentis brutalement en danger et sautai du lit en poussant un cri strident, en même temps que je décochai un coup de pied magistral dans ma table de chevet, qui s’en alla valser un peu plus loin.
Surpris par cette réaction d’une extrême violence, mon colocataire restait figé le long du mur. Le temps de recouvrer mes esprits, nous pûmes nous rassurer mutuellement.
J’avais été victime d’une hallucination et nous expliquions mon geste, par le fait que se sentant menacé, mon esprit avait obéi à un réflexe d’autodéfense. Je n’avais même pas mal aux orteils et pourtant la brutalité de mon geste aurait pu faire penser le contraire.
Nous passâmes une partie de la nuit à discuter de choses et d’autres, avant de trouver enfin un peu le sommeil. L’appel à la prière du petit matin, ne troubla pas notre repos.

 




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