Daniel mon ami

La vie d’un homme est trop courte, elle ne laisse même pas le temps de compter jusqu’à deux.

Son décès arrive donc un jour parce que l’une ou l’autre des principales parties du corps se sont corrompus.

Vous voici revenus mes vieux tourments, au creux de mon corps, comme un mauvaise blessure que chaque mouvement irrite, l’angoisse de la solitude éternelle, la crainte qu’il n’y ait pas de réponses en ces lieux mystérieux où toi le trépas tu nous emmènes.

Quand on pense à quel point la mort nous es familière, et combien est entière notre ignorance, et qu’il n’y jamais eu aucune fuite, on doit avouer que le secret est bien gardé !

Je suis de la race des hommes, je n’aime pas l’inconnu, à défaut de certitude j’aimerais tellement retrouver cette confiance qui s’est évaporée au fil du temps. Cette foi, remède à bien des maux de l’âme, qui me conduirait sûrement sur le chemin de la sérénité.

Daniel mon ami, tu as été de ceux qui m’ont aidé à porter ma croix durant cette période difficile de ma maladie, et puis tu es tombé malade à ton tour. Ton fardeau était bien trop lourd, il a donc fallu contraint et forcé que tu démissionnes.

En ce début de mois de mai ta bougie s’est éteinte et il nous est impossible de la rallumer.


A méditer

Ce n’est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s’affaiblit, c’est parce que nous mourons nous-mêmes.



Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté – Égypte 2ème jour : septembre 1976)


Même causes, mêmes effets, au matin de cette deuxième journée, notre chauffeur tentait patiemment de se frayer un chemin au milieu de la cohue et des embouteillages. Il faisait toujours aussi chaud et je ressentais déjà le besoin de me désaltérer. Nous nous dirigions dans la banlieue sud, à l’endroit même où se situait Memphis, la capitale de l’ancienne Égypte. Ce site archéologique était très riche en vestiges et les explications de notre guide étaient suffisamment convaincantes pour que nous prenions beaucoup de plaisir à visiter les lieux. Nous fîmes ensuite étape à Saqqarah.

Construite à quelques encablures de Memphis, cette nécropole rassemblait un grand nombre de mastabas qui étaient à l’Égyptien antique, ce que les caveaux de nos cimetières sont à nos familles occidentales. Ici un bon nombre de sépultures de pharaons et de notables avaient été mises à nu et l’on pouvait prendre en photos l’une des plus ancienne pyramide existante: la pyramide à degrés de Djéser.

Un soleil écrasant nous rendait la vie difficile, mais la matinée s’achevait et nous devions regagner notre car.

Heureusement, une ribambelle de gamins nous attendaient à la sortie pour nous proposer des bouteilles de jus de fruits et de coca cola qu’ils tenaient au frais dans des seaux d’eau glacée. Le service était largement payé, mais j’étais prêt à dépenser une fortune pour ne plus souffrir de la soif.

Nous longions la verte vallée du Nil, où des agriculteurs disposaient de terres enrichies par les alluvions apportées par le fleuve royal, au moment des crues. Les cultures étaient abondantes, aussi bien en céréales, qu’en plantes fourragères ou en légumes. Nous avions fait une halte pour satisfaire la curiosité des possesseurs de jumelles. On apercevait dans le lointain une partie des trois célèbres pyramides de Gizeh.

Des gamins en costumes traditionnels, des paysans tirant un dromadaire chargé de marchandises, nous abordaient avec un sourire et se prêtaient contre un bakchich, aux jeux de nos appareils photos. Notre restaurant jouissait d’une vue imbattable sur le plateau désertique de la nécropole. Je n’imaginais pas un seul instant, découvrir ce site mondialement connu aussi près de la ville. En fait nous étions situé exactement à la frontière entre civilisation et désert.

Au programme, il était prévu de parcourir la zone à dos de dromadaires. J’avais besoin de silence et de recueillement face à ces 4500 ans d’histoire, aussi j’optai pour la marche afin de m’approcher le plus possible du sphinx. Des milliards de gens s’étaient trouvés à cet endroit avant moi, des milliards d’autres me remplaceraient. Pourtant l’instant présent m’appartenait.. Cette pensée me donnait la chair de poule. Je songeai à cette multitude de rêves qui avaient peuplé mon enfance. Que de chemins parcourus avant que certains d’entre eux ne deviennent réalité. La promenade touristique s’achevait et l’arrivée de la caravane mit un terme à mes rêveries.

Nous devions ensuite explorer l’intérieur de la pyramide de Kheops. Elle était constituée d’un nombre important de galeries qui formaient un labyrinthe, censé dissuader les pilleurs. Depuis déjà bien longtemps l’accès à la chambre funéraire avait été découvert. Pour atteindre la dernière demeure de pharaon, il fallait se servir d’un escalier métallique aménagé à l’usage des visiteurs, dans un couloir étroit et sombre. La progression se faisait la tête penchée et le dos courbé, mais la récompense suprême attendait les passionnés au bout de leur effort. Il ne restait rien dans la chambre hormis la pierre tombale qui avait renfermé le sarcophage, Je considérais néanmoins comme un privilège de me retrouver en ce lieu si prestigieux.

La journée s’achevait, il nous restait vingt cinq kilomètres à parcourir avant de regagner le Caire. La clarté du soleil avait laissé sa place à celle des lumières de la ville qui se reflétaient dans les eaux tumultueuses du Nil que nous franchîmes sur un pont nouvellement construit.

En très peu de temps, nous étions passés d’une architecture antique, datant d’au moins deux mille cinq cent ans avant Jésus-Christ, à l’architecture ultramoderne du vingtième siècle, ce qui me fit penser que le génie de l’homme était de toutes les époques.

Notre guide offrit de nouveau ses services, pour agrémenter notre soirée, en nous suggérant la visite d’un quartier très populaire de la ville. Il y avait moins de volontaires que la veille, j’étais de ceux qui avaient profité la nuit précédente d’une dose correcte de sommeil, j’acceptai donc l’invitation. Un quart d’heure de marche, nous suffirent pour atteindre une rue très étroite qui nous conduisait dans un souk populaire. L’endroit était inondé de la lumière émanant des différents commerces qui s’étalaient côte à côte, tout le long des allées, et qui malgré l’heure avancée de la soirée, continuaient à proposer un impressionnant achalandage à une nuée de badauds quelquefois intéressés mais négociant avec acharnement le prix des articles vendus.

Nous nous étions installés à la terrasse d’un troquet pour boire le traditionnel thé à la menthe. Certains d’entre nous essayèrent d’imiter les Cairotes, en fumant le narguilé, d’autres se pliaient aux usages de bienvenue en acceptant les colliers de jasmin qui leur étaient offerts.

L’ambiance était conviviale et l’accueil des plus chaleureux. La présence de notre guide d’origine orientale parmi nous n’était pas étrangère au climat de confiance qui s’était établi entre nous et les autochtones. Nous ne pouvions que le remercier de nous avoir conduits dans ces quartiers habituellement désertés des touristes.



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