Sant-Brieg

Sant-Brieg (2ème jour)


La nuit a été courte, la chambre est confortable, mais je ne suis pas dans mon lit et le dos me fait un peu mal. Il faut se dépêcher car le rassemblement sur la parking est fixé à sept heures quarante cinq.

Tout le monde est fidèle au poste. La bonne humeur n’est pas tarie et le temps ne semble pas aussi maussade que la météo nous l’avait annoncé.

Première étape le petit village de Plerneuf pour acheter le pain et les croissants. La route nous est déjà familière, aucun habitant dans les rues, quelques kilomètres supplémentaires, et nous sommes de nouveau chez nos amis.

Il fait moins froid que la veille, et le petit déjeuner copieux se passe une fois de plus dans la bonne humeur.

La visite de la ville de Saint-Brieuc est au programme. Jean roule un peu vite, il est difficile de le suivre, nous ne connaissons pas aussi bien la région que lui, et nous craignons de perdre son véhicule de vue.

Le centre ville est provisoirement inaccessible, nous garons nos voitures à quelques encablures du vieux quartier pavé.

Nous marchons dans des rues où les plus vieilles maisons à pan de bois datent du quinzième siècle, nous atteignons la place du Martay. A cet endroit, la cathédrale Saint-Étienne domine les anciennes halles. Nous parvenons rapidement sur le parvis de l’église et pénétrons à l’intérieur de l’édifice qui est malheureusement très sombre. Je sens la fraîcheur des lieux, mais mon odorat identifie très vite les agréables émanations des bougies qui se consument dans les différentes chapelles. Une chorale entame un chant religieux, ultime répétition avant la messe dominicale. L’orgue qui les accompagne est magnifique et impressionnant, il faut lever les yeux pour l’apercevoir, j’adore les sons majestueux de cet instrument a vent, qui me donnent à tous les coups la chair de poule.

Nous sortons quelques minutes plus tard, pour nous diriger vers un secteur qui ne présente que peu d’intérêt. Nous y retrouvons des enseignes commerciales qui nous sont familières. L’endroit ne diffère en rien de ce que nous connaissons dans le centre de notre propre agglomération.

Les Briochins ne sont pas encore sortis de chez eux, les rues sont désertes. Les nouvelles halles nous attendent, Jean y fait une petite course de dernière minute. Nous regagnons la cathédrale puis en la contournant, nous passons devant la mairie, avant d’aborder la place du Général de Gaulle. Des gamins jouent sur une aire de jeux, un faible d’esprit nous croise sans nous apercevoir, il semble en vouloir à quelqu’un, car il se parle en vociférant des propos venimeux.

Nous apercevons de l’autre côté de la place les façades imposantes du conseil régional et de la préfecture. Nous foulons de nouveau le pavé des très vieux quartiers. Je filme quelques façades et rattrape en pressant le pas l’équipe. Nous ne sommes pas bien loin des voitures, très vite nous grimpons à l’intérieur pour nous rendre au port, beaucoup trop éloigné pour que nous songions à nous y rendre à pied.

Les véhicules empruntent un itinéraire qui ne fait que descendre sur une distance de quelques kilomètres.

Mon impression à notre arrivée est saisissante. Je suis complètement subjugué par cette immense pont qui enjambe l’estuaire du Gouet. Porté par de gigantesques piliers, le tablier de ce pont supporte la deux fois deux voies qui conduit de Nantes à Brest. Ma caméra n’arrête pas de filmer, car cette prouesse technique de l’homme m’éblouit terriblement.

Notre balade se prolonge sur plusieurs centaines de mètre. Le lit de la rivière est largement encombré par des bateaux de plaisance, qui sont amarrés des deux côtés. Notre promenade ne nous porte pas jusqu’à la mer, nous empruntons donc un petit pont qui est tournant, pour permettre le passage de la navigation. Nous bifurquons sur la droite et continuons à longer la rive jusqu’à un site de carénage et de réparation navale. Nous sommes dimanche et l’activité y est quasi inexistante. Je suis d’ailleurs étonné de ne pas voir non plus de touriste en ce long week-end de l’Ascension.

Florence me raconte comment la mutation de Jean à Bourges avait été difficile. Ceci est un lointain souvenir, car ils sont à présent complètement intégrés. Elle est contente de notre petite réunion et de cette initiative qui nous permet de nous revoir désormais au moins une fois par an.

Le temps est de plus en plus gris, mais il n’est pas utile d’accélérer le pas car la pluie semble vouloir nous épargner. Nous traversons un autre pont pour aboutir à notre point de départ.

Le chemin du retour est ponctué par un incident qui ne pouvait être qu’inévitable. Jean n’est plus dans notre ligne de mire, et nous nous sommes trompés d’itinéraire. Gaby possède un GPS et Étienne un portable, avec ces deux technologies modernes, nos véhicules finissent par repérer le bon chemin.

Jean a allumé la barbecue. Patrice à débouché une bonne bouteille de muscadet. Assis sur la margelle du puits nous attendons l’heure de l’apéritif.

Florence nous a cocotté un menu typiquement breton. Andouille et pâté, galettes aux saucisses et enfin crêpes au caramel.

Chantal est nauséeuse, sans doute un manque de sommeil conjugué avec un sérieux mal du transport.

Nous sommes tous un peu fatigués, mais rien ne peut entamer notre bonne humeur. La pendule nous rappelle que le séjour se termine et qu’avec regret, il est temps de prendre congé.

La nationale est encombré, je ne conduis pas mais je suis stressé par le trafic routier. Je préfère fermer les yeux. Une halte à Nantes pour déposer Étienne et Nadine puis nous repartons pour une dernière étape, celle qui nous conduira à destination.

Élisabeth, Patrice et Odile nous ont quittés, il nous reste à remercier Gaby et Nelly pour le voyage et prendre congé à notre tour.

Notre périple s’achève, restera les photos et les souvenirs et de nouveaux projets. Deux mille onze sera une autre année.



Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté 6ème jour : Égypte 1976)


La journée s’annonçait intéressante, car il était prévu une longue balade sur le Nil, à bord de felouques que notre tour-opérateur mettait à notre disposition, en même temps que le personnel nécessaire pour les gouverner. Hormis le clapotis des vaguelettes sur la coque du bateau et le claquement de la voile triangulaire, chahutée par le vent, il régnait à bord de mon embarcation un calme olympien.

Nous voguions dans la direction de l’île du temple de Philae, noyée par les eaux du fleuve, une bonne partie de l’année, à cause de la folie constructrice des hommes, son transfert pierre par pierre sur une île voisine était en cours de réalisation. Il n’était pas prévu que nous visitions le chantier.

Nos embarcations filaient au gré de la brise, nous étions à une proximité raisonnable du rivage, ce qui me permettait d’observer les populations rurales locales qui vivaient par petits groupes d’individus au bord du fleuve.

La rudesse de leur environnement conjuguée à l’extrême archaïsme de leur mode de vie, me donnait la sensation d’assister à la représentation de scènes bibliques particulièrement lorsque je voyais les femmes descendre au bord de l’eau pour laver quelques pièces de vaisselle ou qu’un groupe de gamins se baignaient à proximité d’un troupeaux de dromadaires se désaltérant sous le regard attentif de leur propriétaire.

Comme partout sur ma route, je ne constatais qu’une seule et unique chose, des exclamations et des gestes de saluts marquaient notre passage. Leur extrême pauvreté ne freinait en rien leur enthousiasme et leur joie de vivre.

Il se dégageait à bord de notre felouque une impression de profonde sérénité. J’étais certain que mon désir de prolonger indéfiniment ces moments magiques, était partagé par l’ensemble du groupe.

Notre flottille rebroussait à présent chemin, car nous devions toucher terre, à l’opposé de notre point de départ. Une excursion facultative au célèbre promontoire du mausolée de l’Agha Kahn était proposée. Ceux qui n’était pas de l’aventure repartait sur la bateau.

Il n’y avait pas de meilleurs endroits pour admirer des îles qui face à nous, émergeaient du Nil, contraignant le fleuve à les contourner en se divisant en plusieurs branches, avant de poursuivre sa course vers l’océan.

Malgré un nombre important de visiteurs, il régnait à proximité du monument un profond silence marquant ainsi le respect que suscitait la présence du tombeau du chef spirituel des Ismaéliens. Outre la relative mais très appréciée fraîcheur du site, j’avais également savourer les explications précises de notre guide qui nous invitait à présent à rejoindre nos bateliers.

Une autre embarcation nous attendait en contrebas. Une brève traversée nous conduisit de la rive occidentale vers la deuxième étape de notre journée. Nos felouques solidement amarrées le long d’un ponton aménagé à cet effet, nous débarquâmes sur l’île Eléphantine, qui de haut de notre promontoire, était une heure plus tôt dans la ligne de mire de nos jumelles.

Un pique-nique organisé par notre voyagiste, nous attendait avec les moins courageux du groupe. A l’ombre d’une palmeraie, j’avais tout le loisir de remarquer le contraste avec les paysages précédents. Je ne pouvais m’empêcher de comparer les lieux à un oasis au milieu du désert. Ombragées par des rangées de palmiers dattiers, des allées nous conduisaient dans différentes directions, au milieu d’une végétation variée, soigneusement préservée pour garantir le développement touristique du site.

Un groupe folklorique, nous attendait à un détour de notre chemin, et se prêtait au jeu des appareils photos, tout en interprétant un air de musique traditionnelle. L’ensemble était parfaitement agencé et manquait sérieusement à mon goût de spontanéité.

Comme il avait coutume de la faire depuis le premier jour, Karim consacrait de bonne grâce, une partie de son temps à initier notre groupe à l’ethnologie. Nous eûmes donc le privilège de visiter une bananeraie, puis il nous invita à rencontrer la population nubienne, qui habitaient l’île. Le contact fut facilité par la présence de Karim qui traduisait les explications données par cette majorité de paysans et d’artisans, heureux de nous parler de leur origine et de leur culture. Orchestrée par les gestes lents mais excessivement précis de son guide, notre embarcation filait paisiblement sur le chemin du retour, lorsque nous entendîmes dans le lointain, comme un coup de canon.

Ce signal appelait les musulmans à cesser pour cette journée leur période de jeûne. Privé d’eau et de nourriture, depuis le matin, notre batelier qui avait su préserver ses forces, n’hésitait pas désormais, à nous dévoiler sa véritable personnalité. D’un seul trait il avait effacé l’obligation de retenue qu’il s’était imposée depuis le début de notre aventure, sans doute dans le respect de ses croyances.

A présent délivré de toutes ses contraintes, il semblait très agité et prenait la parole régulièrement en exigeant de Karim, qu’il nous traduise ses propos. Son visage s’illuminait d’un large sourire lorsqu’il constatait que ses discours retenaient l’attention des voyageurs. Je me félicitais d’avoir choisi cette époque du ramadan pour visiter le pays, car ce comportement individuel n’était que le pale reflet de l’euphorie générale que je constatais tous les soirs à l’heure du coucher du soleil au sein des populations locales et qui produisait cette ambiance si particulière et tellement agréable à vivre que je constatais depuis mon arrivée au Moyen Orient.



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