La cour de récréation

Petite minute de réflexion


Les privilèges ont la vie dure.


Nos hommes politiques nous font penser parfois à des gamins dans une cour de récréation. Le sujet pourrait prêter à sourire si je n’avais pas ce fâcheux sentiment de les sentir incapable de nous sortir de cette spirale infernale qui fait que les pauvres sont de plus en plus pauvres, et que les riches sont de plus en plus riches. Des centaines d’années de lutte ouvrière pour conquérir des droits à une plus grande justice, et à une meilleure vie semblent partir tous les jours un peu plus en morceaux. Le budget de l’état est dans le rouge, il est nécessaire de faire des économies, tapons sur les acquis sociaux d’un grand nombre de citoyens, tout en préservant les nantis de tout sacrifice, et nous retrouverons l’équilibre de nos finances.


Guéguerre de chiffres

 

Affrontement verbal à propos du chiffrage des manifestants descendus dans les rues pour défendre la retraite à 60 ans, pour les uns un échec, pour les autres un succès. L’ouvrier dans tout cela, reste la victime pris en otage entre deux politiques qui s’affrontent l’une pour conserver le pouvoir, l’autre pour le récupérer. L’une qui n’hésite pas culpabiliser les gens de vivre trop longtemps, et l’autre qui propose des mesures démagogiques comme l’avait fait François Mitterrand en son temps.





Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté 9ème jour : Égypte septembre 1976)


Ce qu’il y avait d’agréable en Égypte, c’était que la météo était sans surprise. Au matin de ce neuvième jour, j’ouvrais donc ma fenêtre et ne voyais que le ciel d’un bleu d’azur. Les courbatures de notre parcours un peu sportif de la veille, étaient oubliées et j’étais fin prêt pour entamer une nouvelle journée.

Nous étions arrivés de nuit, et je découvrais donc le quartier dans lequel nous étions logés. La rue ne semblait pas être un grand axe routier, car les piétons occupaient autant les trottoirs que la chaussée. Des charrettes à ânes, mais aussi des charrettes à bras, remplies de fruits et légumes, ou de sacs de je ne sais quelle denrée, tentaient de faire bon ménage avec la circulation automobile, mais également avec les nombreux marcheurs qui leur obstruaient souvent le passage. A part un ou deux coups de klaxon, personne n’avait l’air de s’énerver, la cohabitation s’effectuait dans un bon état d’esprit.

J’étais fortement impressionné par la dextérité d’un porteur qui se faufilait en vélo, parmi la foule. Il tenait d’une main son guidon, et de l’autre un plateau en équilibre sur sa tête, remplis de galettes de pains empilées.

Cette fourmilière humaine attisait chez moi une sorte de curiosité, et je ne me lassais pas du spectacle qu’elle m’offrait, je quittai donc mon balcon avec réticence.

La salle du petit-déjeuner était éclairée par une large baie vitrée qui donnait sur la piscine de l’hôtel.

Le petit déjeuner avalé, il était temps de monter dans un bus qui devait nous conduire sur l’autre rive du Nil

Kom el Hettan était notre première halte. Les colosses de Memmon semblaient attendre notre venue. Ils représentaient le pharaon assis sur son trône, des statues de pierre monumentales qui avaient subi les injures du temps mais qui en imposaient par leur stature. Le site était complètement en ruine, mais prometteur en matière de fouilles archéologiques.
Nous laissâmes les vestiges du temple d’Amenhotep pour nous diriger vers la vallée des rois.

Formée par une faille dans la chaine de montagne, cette vallée était complètement désertique. Un paysage lunaire se présentait sous mes yeux, je n’apercevais pas la moindre trace d’une végétation, et pourtant le panorama était grandiose et terriblement intimidant.

Il existait un bon nombre de sépultures sur le site, mais nous étions autorisés à visiter uniquement celles que le conservateur avait décidé d’ouvrir au public, et nous devions impérativement accompagner un guide.

A l’inverse des mastabas de Saqqarah, qui étaient des édifices funéraires bâtis en surface, ici les pharaons avaient fait creuser dans la roche, pour bâtir des hypogées. Il fallait descendre une multitude de marches dans des galeries étroites pour être enfin récompensé de ces efforts.

Les murs étaient couverts de fresques merveilleusement bien conservées. J’avais eu la chance de pouvoir accéder entre autres choses, dans la chambre funéraire de Toutankhamon.

La chaleur cumulée à l’épreuve physique avaient affecté une de nos coéquipière, elle s’était sentie mal et avait dû être évacuée vers la surface.

Il faut dire que sous terre, si la température était légèrement plus fraîche, la sensation de manquer d’air était importante, et pouvait être très paniquante pour les claustrophobes.

Nous devions impérativement nous réhydrater et prendre un peu de repos, la matinée avait été longue et nous avions encore un après-midi très chargé.

Notre chauffeur nous attendait et avec lui une ribambelle de gamins qui savaient à quel point le touriste n’est pas prévoyant, la soif des uns, faisait donc le bonheur des autres.

Notre retour à la civilisation moderne avait été rapide mais largement apprécié.

En franchissant de nouveau le Nil pour rejoindre la Nécropole de Thèbes je remarquai les reflets du soleil sur l’eau du fleuve, ils me faisaient penser à des milliers de pépites d’or, j’en fis la remarque à Dominique mon colocataire qui était assis à côté du moi.

La petite cité de Médinet Habou accueillait ses premiers touristes de l’après-midi, un temple dédié à Ramsès III , un autre voué au culte d’Amon, en faisaient sa célébrité.

Nous avions largement arpenté les lieux, les amateurs de photos s’en étaient donnés à cœur joie. Je n’osais pas me l’avouer mais je commençais à ressentir une overdose des visites de monuments pour cette journée. Il faut dire que ce programme de voyage riche en visites, était fortement adressé à des initiés. Mes lacunes concernant l’histoire de l’Égypte antique étaient grandes, je n’en connaissais que les bases. Il fallait donc que je me recadre sur l’essentiel, et que je laisse les érudits à leur passion du détail en ne tentant pas de comprendre à tout prix, les explications qui nous étaient données. J’appliquai donc ma décision à la lettre et abandonnai le groupe pour m’accorder un grand moment de récréation.

Deux gardiens des lieux, turban sur les cheveux et djellaba de rigueur étaient assis à l’ombre au pied d’un mur. S’étonnant de me voir isolé des autres, l’un deux m’avait demandé dans un mauvais français si j’étais malade. Je leur avais fait comprendre par un geste que j’étais fatigué. Ils s’étaient gentiment moqués de moi.

« Kapput monsieur moustache » m’avaient-ils dit en riant de bon cœur.

L’ultime étape de la journée s’effectuait sur le complexe funéraire du site de Deir el-Bahari, le temple d’Hatchepsout était au programme des réjouissances. Bien qu’en cours de restauration l’édifice était passionnant à explorer et je n’avais pas perdu une miette des explications qui nous avaient été fournies. Un photographe nous attendait à notre sortie des lieux, je possède toujours dans un album cette photo en noir et blanc qu’il avait prise de moi entouré de Claire et Marie-Françoise.

Nous arrivions au terme de notre périple et le soleil commençait à décliner; nous percevions une très relative fraicheur. Je prévoyais une soirée non agité, car mon organisme avait besoin à nouveau d’une bonne nuit de repos.



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