Le diable ce mal absolu

Le diable, ce mal absolu est entré en moi. Il fait de moi son esclave, et je suis solidement enchaîné. La souffrance physique n’a pas encore daigné se manifester, mais la souffrance moral fait son chemin, épuisant petit à petit cette énergie qui me faisait jusqu’à ce jour tenir la tête hors de l’eau. L’angoisse mon ennemie intime a signé un pacte d’alliance avec mon geôlier, elle trouve dans cette entente le terrain favorable pour développer son emprise.

Quelle faute dois-je expier pour subir un destin aussi cruel ?

La facture n’est pourtant pas assez lourde a payer, car il faut également y rajouter l’humiliation du malade dépouillé de ses vêtements devant le personnel médical, la main sur le sexe, les yeux regardant le sol, tel un déporté de la dernière guerre entièrement nu devant ses bourreaux qui ne réalise absolument pas comment il en est arrivé là.

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

 

J’avais bien été attendu à Angers, mais à cette époque le téléphone portable n’existant pas, le rendez-vous avait été manqué, l’incident était désormais clos.                                                                                                       

Le soleil était revenu dès le lendemain de mon arrivée et la météo annonçait une belle arrière saison. La nouvelle était plutôt bonne, car il me restait deux semaines de vacances et j’avais d’inscrit au programme une escapade de plusieurs jours dans les Gorges du Tarn, escapade que je devais faire en compagnie de Chantal. Nous allions rendre visite à sa sœur nouvellement mariée, et profiter de ce séjour pour visiter la région. Je disposais de plusieurs jours pour remettre le jardin en ordre, m’occuper de diverses démarches administratives et faire ma lessive pour recharger ensuite ma valise.  

Nous étions partis dans la journée du jeudi par un itinéraire qui nous dispensait d’utiliser une autoroute qu’il aurait d’ailleurs fallu récupérer à Niort. Notre trajet nous conduisait notamment à travers les villes de Poitiers, Limoges, Brive-la-Gaillarde, Cahors, Montauban et enfin Albi.

La circulation automobile n’était pas aussi dense que celle que nous connaissons de nos jours, mais les routes étaient déjà bien encombrées et notre voyage s’était prolongé au delà de l’heure que nous avions prévu d’arriver. Henri et Anne-Marie nous attendaient heureux de pouvoir nous recevoir dans leur tout nouveau foyer. La distance qui les séparait des familles, leur isolement au sein de la population d’un quartier qu’ils ne connaissaient pas encore faisait que notre présence leur donnait du baume au cœur, car s’acclimater dans cette nouvelle région était pour Anne-Marie, une épreuve difficile. Notre discussion s’était prolongée au delà du raisonnable car nos hôtes n’étaient pas en vacances. Henri s’était installé artisan plâtrier, après  avoir fait son apprentissage au sein des compagnons de devoir et Anne-Marie avait trouvé un petit boulot de caissière dans un supermarché. Le lendemain nous nous étions donc retrouvés seul à l’heure du petit-déjeuner. Nous avions organisé notre emploi du temps pour explorer les alentours suffisamment riches en paysages et en patrimoines architecturaux pour occuper largement et agréablement notre séjour. Nous étions d’abord retournés à Ambialet, commune que nous avions déjà visitée lors de notre voyage éclair du mois d’avril. Le paysage était particulièrement magnifique à cet endroit, et notre programme beaucoup moins chronométré, nous permettait cette fois de nous arrêter plus longuement. Notre route se poursuivait ensuite vers la commune de Villefranche d’Albigeois sur une petite route escarpée de laquelle on pouvait admirer trois cent mètres plus bas les méandres du Tarn. La région était moyennement montagneuse car nous abordions les contreforts du Massif central. Notre circuit nous conduisait en Aveyron dans le petit village de Réquista notre retour sur Albi étant programmé pour l’heure du dîner. Le soleil se couchait de plus en plus tôt car nous étions désormais en automne, pourtant il faisait encore chaud en cette fin septembre et le temps était à l’orage, nous supportions donc de veiller avec la fenêtre ouverte. Nous avions pris le temps de regarder des photos et quelques parties de yahtzee plus tard nous nous étions couchés car le lendemain une nouvelle excursion nous attendait.

 



La France s’appauvrit

Jeux

La France s’appauvrit : cherchez l’erreur

Les associations caritatives démunies devant le nombre croissant de demandeurs, alors que leurs ressources diminuent, lancent un cri d’alarme. La croix rouge vient d’allonger son week-end de quête nationale, à une semaine complète. Elle doit faire face à l’augmentation des aides aux foyers de plus en plus nombreux et de plus en plus nécessiteux. Les dons quant à eux se raréfient, il y a moins de billets dans les urnes et davantage de pièces jaunes, les français subissent la crise de plein fouet et deviennent égoïstes, ils préfèrent aider concrètement les membres de leur propre famille plutôt que de donner de l’argent sans en connaître l’utilisation.


Les français devrons travailler plus longtemps, les caisses sont vides et la population vieillie. Le retraite à 60 ans n’aura vécu que l’espace d’un moment. Français au turbin, travaillez plus pour gagner moins, 42 ou 43 années de cotisations pour une pension de misère. Si vous n’êtes pas trop fatigués et si vous restez en bonne santé, vous aurez passé les mailles du filet pour profiter enfin d’une longue vieillesse.


Le gouvernement légifère et n’a de cesse de demander à ses citoyens de faire des efforts, qu’il applique donc à lui même ce qu’il demande aux autres d’appliquer.

A partir de 60 ans et après 15 ans au Palais Bourbon, la pension d’un député est de 4649 euros par mois, 5811 après 20 ans, 6198 (retraite à taux plein) après 22,5 ans de cotisations.

Trois ministres perçoivent actuellement leur allocation vieillesse de parlementaire en même temps que leur traitement ministériel de quelque 14000 euros mensuels.

Chez les sénateurs, un seul mandat de six ans permet de toucher quelques 1932 euros par mois et 6664 euros après 23 ans de cotisations.


Le gouvernement Fillon a promis de réformer le système, on attend de voir. Les trois ministres auraient décidé de renoncer à leur retraite. Généreux de leur part n’est-ce pas?



Réflexion


Ma lente descente aux enfers a débuté le 22 février dernier, depuis presque 6 ans je t’avais oublié, mais tu étais bien là, tapi dans un coin en attendant ton heure.

La vie s’est de nouveau arrêtée, je regarde les autres s’agiter, bâtir des projets, s’inquiéter pour leur avenir, pour moi demain sera un autre jour.

Je me force de sourire et de ne rien laisser paraître, mes proches en font autant, mais ce n’est qu’une attitude de façade, l’ambiance est pesante, le ciel est orageux et menaçant, tout le monde redoute la la tempête qui s’annonce.

Cet après midi un ixième voyage me conduira à Saint-Herblain, je sens monter l’angoisse, cette fidèle compagne de bien des années de ma vie.



Un enfant peu gâté

Lundi 7 juin 2010


La sentence est tombée : Ganglion au niveau de l’aorte, confirmation de malignité de la surrénale, tumeur au niveau de l’épaule gauche

Un méchant marionnettiste me dirige tel un pantin accroché à ses ficelles, il est le maître de mon destin, et il a décidé de faire de mon histoire une tragédie.

Une vilaine fée s’est penchée sur mon berceau et m’a jeté un sort pour que ma route soit à jamais jonchée d’épines.

Un juge haineux ma condamné à une lourde de peine, mais j’ignore les fautes pour lesquelles je suis sanctionné.

Le démon s’est relevé de ses cendres, le crabe à repris des forces, la guerre est à nouveau déclarée.

Mon Dieu pourquoi m’as tu abandonné?

J’ai peur, j’ai très peur du néant, de la séparation, je ne sais pas comment je vais pouvoir supporter encore et encore cette nouvelle tempête. Je ne sais plus prier, je me sens tellement seul dans mon incommensurable douleur. Je ne pleure pas, je ne sais plus pleurer.

Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté – 14ème jour : Égypte septembre 1976)

Quelqu’un avait frappé à ma porte, c’était Marie-Françoise qui était venu prendre de mes nouvelles, je sortais de la douche et je n’étais pas encore complètement habillé, il était temps de descendre pour le petit-déjeuner. Dominique était en train de boire son thé, la nuit avait été effectivement blanche, et il attendait mon réveil pour monter se doucher à son tour. L’autobus nous attendait dans l’entrée de l’hôtel, les bagages encombraient quelques peu le trottoir. Je regardai pour la dernière fois la rue Gomhoreya avant de m’engouffrer dans le véhicule.

Nous roulions à présent dans la banlieue du Caire, et l’aéroport s’approchait de notre champ de vision. Je commençais à prendre l’habitude des formalités administratives, j’attendais donc stoïquement de passer à mon tour, en zone d’embarquement. Une navette nous transporta à hauteur d’un airbus de la compagnie Air-France, qui nous attendait sur un tarmac écrasant de chaleur. J’avais la chance de me trouver près d’un hublot, ce qui me permettait d’apprécier avec toujours autant de plaisir, le spectacle du décollage. L’aventure étant désormais terminée, j’avais hâte de rentrer chez moi et de retrouver mes proches. Comme une bougie qui venait de s’éteindre, l’euphorie n’était visiblement plus au rendez-vous, tous les membres de l’équipe cédaient à la mélancolie. Notre vol devait durer un peu plus de quatre heures, mon insomnie de la nuit commençant à me peser sur les paupières, je m’étais assoupi quelques minutes, bercé par le ronron rassurant des moteurs de l’avion. Des frissons sur ma peau m’avaient ramené à la réalité. La climatisation de l’habitacle contrastait fortement avec les températures caniculaires que nous avions connu pendant ce séjour, et j’avais effectivement un peu froid, un steward me prêta une couverture, puis je refermai les yeux, sans trouver néanmoins le sommeil. Un repas qui venait d’être servi, raviva les esprits, et la discussion s’engagea enfin, après un trop long moment de silence. Chacun son tour, nous racontâmes les différentes anecdotes qui avaient émaillé notre voyage et cet échange verbal ramena petit à petit la bonne humeur au sein de l’équipe. Il était convenu de ne pas se quitter sans se donner un dernier rendez-vous. Une soirée photos et diapos fut donc fixé pour le mois de novembre suivant, et nous serions reçu chez Claire à Levallois-Perret. Nous survolions à présent la chaîne des Alpes, le ciel étant complètement dégagé je pouvais contempler avec émerveillement la splendeur de dame nature. Il nous restait environ une heure de patience avant de fouler à nouveau la terre. En amorçant notre descente, nous avions traversé une couche de nuages, et l’agglomération parisienne nous était apparue minuscule, avant d’apercevoir plus distinctement bâtiments et infrastructures routières. L’appareil avait effectué un atterrissage dans les règles, avant de s’immobiliser. Nous avions ensuite pénétré dans la zone des arrivées et franchi la douane, mais personne ne m’avait demandé mon passeport, et je n’avais pas non plus été fouillé. Nous étions en début d’après-midi, et le hall de l’aéroport était plutôt calme, il nous restait maintenant à rejoindre la gare routière, pour prendre le bus qui nous ramènerait vers Paris. Contraste saisissant, le ciel était gris, une très légère bruine imprégnait nos vêtements. Le pilote avant de toucher le sol, nous avait annoncé la température extérieure, qui n’était que de quatorze degrés, j’avais été donc bien avisé de conserver un pull à portée de la main. Le soleil, la chaleur, et l’Égypte, toutes ces choses qui font de la vie un paradis, étaient maintenant dernière moi, il fallait songer à reprendre le cours normal de mon destin. Le terminus de notre transport se situait dans les sous-sols du Palais des Congrès, porte Maillot, nous prîmes donc congé à cet endroit. Le métro n’était pas très encombré à cette heure de la journée et j’avais rejoint Montparnasse assez rapidement. Le départ de mon train était prévu qu’en fin de journée, il me restait donc encore quelques heures à passer dans la capitale. J’avais fait quelques pas pour tuer le temps, avant de m’installer à la table d’un café. J’étais à présent confortablement assis dans un wagon et j’attendais patiemment l’heure de départ.

Un coup de sifflet retentit, et le train s’ébranla d’abord doucement, car nous traversions une zone urbaine tristement grise, de la proche banlieue, puis notre vitesse augmenta régulièrement, pour atteindre notre rythme de croisière. La campagne s’étendait à perte de vue, et je restais les yeux fixés sur cette image qui défilait à toute allure et qui avait le pouvoir de m’hypnotiser et de me faire oublier toute notion de temps. Nous étions à quelques jours de l’automne et les journées étant de plus en plus courtes, c’est à la nuit tombante que le convoi ferroviaire s’immobilisa en gare d’Angers. Chantal, Dominique et Jeanne devaient m’attendre, mais ne sachant pas mon heure d’arrivée, leur présence était fort aléatoire. Les voyageurs descendaient des voitures et sortaient du quai avec leurs familles qui étaient venues les accueillir, la foule était très compacte, progressivement les lieux se vidaient et je ne voyais personne de ma connaissance. Il ne me restait que quelques minutes pour récupérer ma correspondance, j’étais las des kilomètres parcourus, et n’avais pas très envie d’attendre plus longtemps, au risque de passer une partie de la nuit ici. Doutant de plus en plus de pouvoir les rencontrer, je pris donc la décision de quitter Saint-Laud. Le train transportait peu de passagers sur cette seconde partie du voyage. J’avais trouvé le trajet triste et ennuyeusement solitaire. Je retrouvais ma ville et son ambiance de fin semaine en parfaite opposition avec l’atmosphère euphorisante des rues orientales, pourtant j’étais ici chez moi et très heureux de ce retour. J’étais sûr d’une chose, c’était que personne ne serait là pour m’accueillir, et il ma fallait rentrer à pied. A l’inverse de l’année passée, j’avais prévu une clé, j’espérai pouvoir pénétrer dans la maison, sans faire trop de bruit. Grand-mère ne dormait pas, je l’avais brièvement rassuré, mon chien n’avait pas eu le courage de faire la fête, et la maison semblait sereine.

Je retrouvai donc rassuré ma chambre, comme on retrouve son nid. Il était clair que la pièce avait été aérée pendant mon absence, et qu’un grand ménage avait été fait. Une odeur de propreté mélangée à une odeur d’encaustique effleuraient agréablement mes narines. Mon lit me tendait les bras. Tout en reconnaissant la griffe de Chantal, j’avais fortement apprécié de me faufiler dans des draps fraîchement lavés, pour le confort qu’ils me procuraient. La nuit avait été extrêmement réparatrice.



Souvenirs pharaoniques et nostalgie

Extrait du livre de mes mémoires ( Itinéraire d’un enfant gâté – 13ème jour : Égypte septembre 1976)


Le soleil s’était levé sur un nouveau jour. Nos bagages qui encombraient le hall d’entrée, témoignaient de notre départ imminent. Nous prîmes congé du personnel de l’hôtel, avec lequel nous avions sympathisé. Notre bus nous attendait à l’heure précise, et nous prîmes place à l’intérieur, avant qu’il ne se dirigeât vers l’aéroport. Notre quittions les lieux tandis que la population continuait de s’agiter frénétiquement, autour des touristes nouvellement débarqués. Notre chauffeur avec son calme habituel, tentait inlassablement de se frayer un passage au milieu du cahot de la rue. L’enregistrement des valises, le passage en zone d’embarquement, toutes ces formalités s’effectuèrent assez rapidement.

Nous montâmes dans un appareil de ligne intérieure de la compagnie Egypt-Air, le vol devait durer un heure. J’empruntais l’avion sans appréhension particulière et pourtant le voyage prit une tournure à laquelle je ne m’attendais pas. Nous allions traverser une zone de turbulences, les passagers avaient attaché leur ceinture, j’étais surpris de constater que nous prenions de l’altitude, le changement du régime des moteurs était net, et j’avais maintenant l’impression que nous faisions demi-tour, impression confirmée par le fait que j’étais à présent complètement ébloui par le soleil qui perçait à travers mon hublot. La manœuvre dura une éternité, puis le soleil disparu de nouveau de mon champ de vision, et l’appareil eut l’air de se stabiliser. Mon inquiétude commença à se dissiper quand une hôtesse nous autorisa à détacher notre ceinture. Plusieurs membres du groupe s’entichèrent de connaître la vérité sur l’incident que nous venions de vivre. Karim nous expliqua que le pilote avait simplement modifié puis rétabli sa trajectoire pour passer au dessus d’une perturbation atmosphérique, mais que ceci n’avait rien d’anormal et que nous poursuivons à présent notre vol sans problème. Ce petit imprévu de parcours qui ne méritait pas qu’on lui attache de l’importance, ne fût pourtant pas un épisode anecdotique de mon odyssée en terre orientale, car mon subconscient avait enregistré la scène. J’ignorais donc que dans l’avenir une sensation de malaise viendrait troubler ma quiétude à chaque occasion qu’il me serait donné de prendre l’avion.

Nous nous posâmes sur le tarmac de l’aéroport en douceur, Le Caire nous accueillait pour la seconde fois. Les formalités administratives accomplies, nous chargeâmes nos valises dans un autocar qui nous conduisit vers l’hôtel qui nous avait déjà logé.

Notre fenêtre ne donnait plus sur la grande rue animée de notre premier séjour, mais sur une petite rue qui lui était perpendiculaire. J’étais certain que ma nuit serait plus calme, car je n’apercevais en bas que quelques chats errants qui tentaient leur chance dans les cartons, poubelles et divers détritus qui obstruaient les trottoirs.

Le son et lumière des pyramides de Gizeh était inscrit au programme de la journée, pour le reste, nous avions quartier libre. Karim proposa donc à l’ensemble du groupe, moyennant une petite participation financière, de profiter de l’autocar pour rejoindre après le déjeuner, les souks du quartier de Khan El Khalili. Apprécié pour ces commerces de bijoux de fantaisies, de pierres précieuses et d’objets en cuivre, le lieu ne différait pas des nombreux bazars que nous avions déjà visité. Cairotes et touristes s’affairaient bruyamment autour des différents étals, tandis que les marchands ambulants tentaient de se frayer un passage. J’avais trouvé une boutique où les bijoux en argent étaient d’un prix raisonnable. J’optai pour l’achat de deux croix ansées qui représentaient la vie et l’éternité, et que l’on pouvait porter en pendentif. J’avais repéré un casse tête chinois en forme de bague. Le vendeur m’avait donné également en cadeau un scarabée sacré qui tenait dans un portefeuille et qui était censé porter chance. Il me restait à trouver un présent à offrir, à mon aïeule. Une sorte de petit tapis de table, avec des motifs cousus main évoquant une scène de la vie antique, avait retenu mon attention, j’avais dépensé avec cet article mes dernières devises. J’étais seul au milieu de la foule, et je goutais pleinement de ces ultimes moments avant notre retour définitif vers la civilisation occidentale. Je profitais encore et encore de ces extraordinaires odeurs d’épices qui flottaient dans l’air, et je ne me lassais toujours pas d’observer les porteurs de pain, les marchands d’orangeade, ou les pousseurs de charrettes. Ces scènes de rue étaient une suite de tableaux vivants, gai et colorés qu’il me fallait malheureusement quitter, car il était déjà l’heure de rejoindre l’artère principale, à l’endroit même ou notre chauffeur devait nous attendre.

Karim m’avait enseigné un dicton égyptien qui disait ceci. : qui a bu de l’eau du Nil devra un jour revenir. Je ne savais pas si mon destin me ramènerai sur la terre des pharaons, mais mes chances étaient grandes, car j’avais étanché ma soif au moins une fois au robinet de ma salle de bain, et j’avais bu aussi pas mal de thé à la menthe et de karkadé, préparés avec de l’eau de ce fleuve on ne peut plus mythique.

Non seulement mon voyage avait été merveilleux, mais j’avais évolué au sein d’une équipe jeune. Nous étions en effet tous de la même génération, et c’était sans doute la raison de notre entente cordiale. Emporté par sa passion, notre guide nous avait accompagné bien au delà du travail que l’agence lui demandait d’accomplir, il était devenu un ami, mais nous sentions que l’aventure touchait à sa fin. Nous décidâmes de nous rendre dans un bar pour prolonger encore un instant la pleine réussite du séjour. L’heure des adieux avait été émouvant, et quelques larmes avaient perlé. A présent le soleil s’était couché, et nous avions regagné notre hôtel pour le diner.

Ce fut donc un autre guide qui nous accompagna auprès des pyramides pour assister au spectacle. Ici point de circuit découverte comme à Karnak, le spectateur était directement assis. Beaucoup de gens avaient envahi les gradins et pourtant la foule respectait religieusement le profond silence qui régnait sur le site, l’atmosphère était étrange. Une voix-off, puis un déchaînement de lumière, vinrent troubler ce moment de quasi méditation. J’avais trouvé la prestation très belle, mais pas à la hauteur de mes espérances, sans doute parce que son concepteur avait privilégié le côté show, et tape à l’œil, au détriment d’une représentation plus intimiste, respectueuse du lieu et de son histoire.

Il avait été décidé de fêter dignement la fin du voyage, la nuit devait être blanche. Dans l’impossibilité de suivre l’équipe, mes ressources financières étant épuisées, j’avais prétexté un mal de tête pour éluder toutes questions embarrassantes. J’avais rejoint ma chambre, contrarié et déçu de me retrouver à l’écart des autres. Je n’avais absolument pas fermé l’œil de la nuit, stressé par le départ qui s’annonçait, et sans doute parce que je n’avais pas digéré le fait de me retrouver bêtement tout seul.



Paysages contrastés du Nil

Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté -12ème jour : Égypte septembre 1976)


Les jours s’égrainaient au calendrier et cette nouvelle journée était consacrée à une excursion que nous devions effectuer sur les sites de Denderah et Abydos. Nous quittions donc provisoirement Louxor et ses hordes de touristes pour nous diriger à environ soixante dix kilomètres au nord de la ville.

Nous longions le Nil et ses contrastes saisissant de paysage. Un long couloir de végétation et de terre grisâtre formée par le limon surlignait le tracé du fleuve et de chaque côté, deux déserts arides et rocailleux aux couleurs rougeâtres composaient le reste du décor jusqu’à perte de vue. De temps en temps nous apercevions un groupe d’habitations nichées à mi-hauteur d’un coteau et ombragées par quelques palmiers dattiers. J’observai la démarche lente et précise d’une femme entièrement vêtue de noir, qui descendait avec sa cruche sur la tête, pour puiser de l’eau sur la rive, tandis qu’une bande de gamins agitaient leurs mains pour nous saluer. Un ânier guidait un bourricot chargé d’encombrants ballots de paille vers une destination qui me resterait à jamais inconnue. Il n’y avait ni rues ni trottoirs dans ces petits villages, simplement de la terre battue, et des nuages de poussières formés par le vent. Il n’était pas difficile d’imaginer les conditions de précarité dans lesquelles ces populations rurales vivaient. La route filait à présent vers des contrées sauvages et dépeuplées, hormis de temps en temps la présence d’un berger et de ses chèvres qui broutaient en bordure du chemin. Nous nous étions arrêtés pour prendre des clichés d’un petit marché aux dromadaires qui rassemblait les paysans des environs, puis nous avions rapidement atteint notre première étape. Qéna était une ville moyenne et typiquement orientale. Le trafic important de la gare accueillait les voyageurs qui arrivaient du Caire, d’Assouan ou des bords de la mer Rouge. Réputée pour ces fabricants de poterie en argile, elle attirait pour cette raison les touristes. Nous avions trouvés là de quoi nous reposer et nous réhydrater. Nous avions effectué un tour rapide de la cité en autobus puis nous avions filé vers le site de Denderah.

La visite avait été relativement rapide car le programme de la journée était chargé. Dédié à la déesse Hathor, le temple avait bien résisté à l’épreuve du temps. Il était conçu comme tous les autres temples, le sol représentant la terre, le plafond représentant le ciel, et les colonnes la végétation. Le complexe monumental comprenait un grande porte, deux petits temples à l’intérieur du grand, et bien d’autres curiosités encore qui ne sont pas toutes gravées dans ma mémoire. Nous devions retourné ensuite pour le déjeuner à Qéna, puis sans plus tarder nous poussions notre périple jusque sur le site d’Abydos.

Lieu présumé du tombeau d’Osiris , le site avait fait l’objet de nombreux pèlerinages. Les prêtres prétendaient posséder une relique importante d’Osiris, des temples furent érigés à cet endroit par plusieurs pharaons. Les pylônes et les portiques étant partiellement détruits, la première salles hypostyle se présentait comme l’entrée du temple. Puis nous traversions une seconde salle hypostyle pour arriver enfin à sept sanctuaires. J’avais comme à l’habitude laissé là les explications du guide, tout en poursuivant ma route, ma solitude me permettant davantage de m’imprégner des lieux. La journée était bien avancée quand nous sortîmes du complexe archéologique. Notre retour à Louxor s’était passé dans les mêmes conditions qu’à l’allée, avec la fatigue en plus, et la chaleur en moins.

La petite première partie du trajet nous avait permis de nous arrêter quelques instants pour admirer la coucher du soleil, puis nous avions roulé principalement de nuit. J’avais espéré avec une petite pointe d’inquiétude que le moteur ne tombe pas en panne, et je n’avais été rassuré qu’en apercevant les premiers néons de la ville. Nous avions regagné nos chambres avant de descendre nous restaurer. A table nous avions évoqué avec une petite pointe de nostalgie notre séjour à Louxor et l’équipe avait donc décidé d’une petite balade nocturne, comme pour dire un dernier adieu à la cité.



Quel souk !

Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté 11ème jour : Égypte septembre 1976)


En ce mercredi quinze septembre, j’entamais ma onzième journée en terre égyptienne, elle n’était pas la plus difficile. Nous avions en effet quartier libre et j’étais donc en train d’écrire quelques cartes postales à mes parents et amis. Le hall d’accueil était vaste et un coin salon me permettait justement de m’isoler pour pouvoir me concentrer. Mon colocataire n’était pas descendu prendre le petit-déjeuner, nous avions tellement mal dormi qu’il avait préféré prolonger sa nuit. Sans vraiment nous concerter, nous nous étions retrouvés une bonne partie du groupe au bord de la piscine. Le poids des traditions influaient beaucoup sur la manière de penser et de percevoir les choses dans le monde musulman. Les occidentaux étaient plutôt considérés comme des impies. Sans doute parce qu’il était à l’abri des regards inquisiteurs de ces compatriotes, Karim donnait l’impression de se détendre au milieu de nous, car il avait revêtu le maillot de bain et n’avait pas hésité à se baigner. Il entamait d’ailleurs une amourette, probablement sans lendemain, avec l’une de nos coéquipière. Allongé sur mon transat, à l’abri des rayons du soleil, je sirotais un verre de jus de fruit glacé, le temps semblait s’être arrêté. Le déjeuner puis la sieste avaient prolongé agréablement se moment de farniente.

L’hôtel était déserté, j’étais descendu aux alentours de quinze heures et je m’apprêtais à sortir dans la rue, quand mes amies Claire et Marie-Françoise apparurent dans l’encadrure de l’entrée. Elles étaient des adeptes de la balade en calèche mais s’étaient ravisées. Elles hésitaient en effet à partir sans être accompagnées. Ma présence étant une aubaine, elles me proposèrent donc de les escorter. J’acceptai leur invitation. Pour tous les égyptiens qui m’adressaient la parole, j’étais le monsieur moustache, le cocher ne dérogea pas à la règle lorsqu’il m’interpela pour nous proposer ses services. Notre attelage nous conduisait dans des rues que nous avions déjà plus ou moins fréquentés, soit à pied, soit en autobus, mais avec en plus le charme des transports d’autrefois. Le trafic était dense, et bruyant, mais depuis que nous avions atterri au Caire, nous avions pris l’habitude de l’ambiance très particulière de ce pays du soleil. Nous longeâmes la corniche jusqu’au port d’attache de la plupart des bât eaux de croisière mouillant le long de la rive à hauteur du temple de Louxor, temple que nous pouvions admirer de nouveau, sans doute pour la dernière fois. Notre caléchier empruntait à présent des rues plus étroites dans un quartier populaire et beaucoup moins touristique. Une jolie petite mosquée avait attiré notre regard, mais il n’était pas possible de la visiter. Nous avions demandé à notre cocher de nous descendre à proximité des souks, car nous ne voulions pas quitter la ville sans les avoir parcourus.

Une multitude de ruelles étroites et bondées nous tendaient les bras et attendaient notre passage pour faire avec nous, des affaires. Des boutiques, des couleurs, des odeurs, des épices, des cafés, des cotonnades, des souvenirs, des marchands ambulants, des cuivres, des bijoux, de fausses antiquités, tous les ingrédients étaient réunis pour donner aux touristes la vision traditionnelle d’un marché à l’oriental. Le tableau ne manquait pas de charme.

Baguenauder dans cette caserne d’Ali-Baba , c’était un peu remonter le temps, le temps où les voitures ne polluaient pas les villes, et ne menaçaient pas à chaque instant la vie des passants, le temps où les gens s’arrêtaient pour saluer un ami en s’inquiétant de sa santé ou de la marche de ses affaires, époque lointaine où la convivialité était un art de vivre.

Les effluves de l’encens et des épices titillaient mon imagination, je me voyais tout à coup transporté dans l’univers des mille et une nuits. Conjugué avec la couleur du ciel et l’euphorie générale qui régnait sur place, le tempérament ouvert et chaleureux des commerçants même s’il n’était peut-être pas complètement dénué d’intérêt, faisait chaud au cœur, et mettait naturellement à l’aise l’étranger que j’étais.

A chaque coin de rue, les devantures des échoppes offraient à mes yeux écarquillés tout ce que la terre fertile et les eaux du Nil procuraient abondamment à tout un peuple. Les gens étaient pauvres, mais j’avais au moins la certitude qu’ils ne mouraient pas de faim. Nous nous arrêtâmes un instant pour nous reposer et étancher notre soif dans un petit café qui servait karkadé et thé à la menthe. Un vieil homme édenté fumait la chicha en formant des volutes de fumée qui venaient nous effleurer les narines, avant de s’envoler définitivement dans les cieux. Les heures passaient vite dans ce dédale de venelles, nous perdions un temps infini à marchander un article qui ne valait pas la moitié du prix indiqué, il n’en restait pas moins vrai que mes deux amies partaient souvent avec le fameux article sous le bras et qu’elles étaient persuadées de tenir là, la bonne affaire.

Je résistais davantage à la frénésie d’achats, mon budget ayant plutôt servi à financer les excursions et autres visites facultatives. En revanche je savais qu’il me restait encore deux ou trois petits souvenirs à acquérir, j’attendais notre retour au Caire pour m’exécuter.

La force animale remplaçait avantageusement la force mécanique, mais ce n’était pas totalement sans inconvénients. Il fallait en effet, faire attention à ne pas marcher dans la crotte fumante,et mal odorante des ces chers équidés. Nous étions restés en extase devant un fabricant de narguilés qui répétant avec calme et sérénité des gestes séculaires, transformait merveilleusement bien la matière. Si j’avais voulu ramené en France ce genre d’objet, j’avais devant moi la certitude de son origine artisanale, et c’est sans aucun doute dans ce petit atelier que j’aurais trouvé mon bonheur. Nous nous étions arrêtés devant l’étal d’un petit confiseur, qui n’avait pas laissé échapper nos yeux gourmands, et qui n’avait pas eu besoin de beaucoup d’arguments, pour nous vendre quelques uns de ses loukoums. Nos petites douceurs avalées, il nous avait fallu interpeller l’un de ces nombreux petits marchands ambulants qui nous avait servi un grand verre de jus de fruit pour étancher notre soif.

A présent nous étions sur le chemin du retour, nous étions fourbus mais content de notre après-midi. Les filles étaient légèrement encombrées par leurs paquets, je m’étais proposé de les aider, car nous avions une bonne trotte à faire pour rentrer à notre hôtel. Nous avions respiré pas mal de poussière et nous avions donc regagné nos chambres pour nous rafraichir avant le diner.

Mon colocataire n’était pas encore arrivé, ma toilette m’avait détendu et je m’étais allongé pour reposer mes jambes d’avoir trop marché. Ce fût le clapotis de l’eau sortant du pommeau de douche qui me ramena à la réalité. Je n’avais pas entendu Dominique rentrer, et il était grand temps de gagner le restaurant. Le diner avait été bien calme, nous étions restés ensuite discuter de nos occupations respectives de l’après-midi, avant de regagner nos chambres.

Le crépuscule remplaçait le jour, la tiédeur d’un ciel étoilé succédait à la chaleur écrasante du soleil. La rue envahie par un flot ininterrompu de voitures et de passants depuis le matin, commençait tout doucement à retrouver son calme. Je refermai doucement ma fenêtre pour ne pas importuner mon colocataire. Le sommeil me donnait rendez-vous et j’avais bien l’intention de répondre à cet entretien.



Réalité inexplorée

Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.

Guy de Maupassant


L’espoir forme l’antidote du soucis, et la sagesse populaire à raison de penser que les voyages calment les peines.

Burgelin


Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté 10ème journée : Égypte septembre 1976)

Mon colocataire s’était réveillé avant moi et avait découvert à son tour le désagrément d’une chambre partagée. Le sacrifice était mince au regard des économies que nous avions pu faire. La rue s’animait de plus en plus, la journée était déjà bien commencée pour les autochtones.

Karim s’était installé à côté de nous pour le petit-déjeuner, ils nous demandaient de nous inscrire, si nous étions intéressés, pour assister au spectacle de son et lumière de Kanak, qui avait lieu le soir même.

Notre dixième journée débutait par une excursion donc sur ce célèbre site de Karnak, au nord de la ville de Louxor. Le complexe s’étendait sur une énorme surface et regroupait plusieurs temples. Une grande allée bordée de sphinx dirigeait les visiteurs vers l’entrée.

Dès que nous pénétrâmes dans l’enceinte, je fus complètement ébloui par la majesté des lieux. A la manière des touristes regardant les buildings dans une grande ville, j’attrapais mal au cou à force d’admirer le gigantisme de l’architecture. J’avais choisi de ne pas suivre l’équipe et de me contenter de mon guide touristique pour m’imprégner de ces milliers d’années d’histoires.

La zone avait été agrandie par des dynasties successives de pharaons, à la manière des poupées russes. Au centre se trouvait l’édification d’origine, et au fur et à mesure de ma progression vers les différentes enceintes, je rencontrais plusieurs agrandissements perpétrés au cours des siècles. Les architectures se succédaient donc de la plus ancienne, à la plus récente. Les explications que me fournissaient mon dépliant me satisfaisaient parfaitement.

Une immense salle hypostyle composée d’une centaine de colonnes ayant gardées leurs inscriptions attira particulièrement mon attention. Il fallait formé une ronde d’au moins cinq adultes pour faire le tour de chacun de ces piliers. Je me demandais bien par quelle prouesse technique ces civilisations aujourd’hui disparues, avaient-elles pu ériger des éléments pareils. Nous n’avions pas à cet époque de numériques, il ne fallait donc pas gaspiller les pellicules de vingt quatre ou trente six poses dont nous disposions. Trente quatre ans sont passés depuis cette aventure, quand je regarde mon album souvenirs, et que je songe au reportage que j’aurais pu réaliser avec les appareils actuels, mes photos jaunies et de bien piètres qualités, me paraissent un témoignage bien décevant de cette expérience inoubliable de ma vie.

J’étais assis non loin du lac sacré, où les prêtre venaient se purifier, j’aperçus au loin l’effectif réduit de mon équipe. Certains de ces membres avaient fait la même chose que moi et nous étions donc pas mal dispersés lorsque il fallut rejoindre notre chauffeur.
Dès notre retour à l’hôtel, et comme il restait un peu de temps avant le déjeuner, je décidai de sortir dans la ville pour y effectuer quelques achats.

Les boutiquiers, cochers, chauffeurs de taxis et autres bateliers ne vivant que du tourisme, j’avais très vite appris à tolérer les sollicitations en tous genres. Je savais pertinemment que l’argent des voyageurs, était leur gagne-pain quotidien.

Lors de mon passage à Assouan, j’avais déjà commander une djellaba auprès d’un petit artisan tailleur d’habits, et j’étais content d’avoir pu lui donner du travail. Un vendeur à la sauvette me proposait de lui en acheter une autre. Je n’avais pas beaucoup dépensé en babioles jusqu’à ce jour, et j’étais disposé à lui faire plaisir. Plus loin un petit magasin de souvenirs proposait de fausses antiquités, je pénétrai à l’intérieur de la boutique et achetai un buste de Ramsès qui m’avait attiré l’attention à cause de sa très jolie couleur. Je voulais pousser ma promenade encore plus loin vers les souks, mais ma montre me dissuada de le faire.

Notre groupe avait pris ce jour là un repas en commun. Depuis que nous avions quitté le Caire, nous étions plutôt dispersés en petites tablées et j’avais trouvé l’initiative de nous réunir de nouveau très sympathique.

Pour notre deuxième grande sortie de la journée, notre chauffeur nous conduisait au temple de Louxor, situé au cœur de la ville à proximité du Nil.

Il ressemblait beaucoup à celui de Karnak par l’élégance de ses statues et de ses colonnes. Avant d’arriver devant l’entrée, nous passâmes par une allée bordée de deux rangées de Sphinx comparable à celle que nous avions empruntée à Karnak. Le guide nous expliqua que ces deux allées constituaient en fait les extrémités restantes d’un dromos de deux kilomètres qui reliait autrefois Karnak et Louxor. Cette voie, rectiligne et dallée, servait de chemin processionnel, lors du déroulement de la grande fête d’Opet.

Le pylône, les deux colosses représentant Ramsès II et l’un des deux obélisques (l’obélisque manquant se trouvant à présent place de la concorde à Paris), nous accueillaient souverainement. Nous ne pouvions que nous incliner devant une telle splendeur. L’intérieur du complexe archéologique était tout aussi fascinant. Il était bizarre d’y rencontrer une mosquée, au détour d’un chemin. Je ne me souviens ni comment, ni par qui, ni pourquoi cet édifice islamique avait été construit à cet endroit. Le tourisme étant la principale ressource économique de l’Égypte, nul doute que les gouvernements contemporains mettront tout en œuvre pour que leur patrimoine soit pour toujours préservé de ces constructions anachroniques. Des générations entières continueront de s’émerveiller devant l’ingéniosité d’une civilisation à jamais disparue.

Il était encore tôt quand nous quittâmes le temple. Nous étions quelques uns qui ne voulions pas rentrer à l’hôtel. Nous prîmes donc la décision de profiter de la corniche Nous n’étions pas à des années lumières de notre logement, et nous pouvions sans problème rentrer à pied. Quel bonheur je ressentais de pouvoir prendre mon temps. Flâner sur la rive et regarder les bateaux sur le Nil était un moment précieux que nul n’aurait pu me voler. Nous nous assîmes à une terrasse pour boire un thé à menthe et tout en le savourant nous assistâmes au coucher de soleil sur la fleuve. L’activité humaine n’avait pas diminué d’intensité, si les felouquiers débarquaient leurs derniers passagers de la journée, taxis, calèches et marchands en tous genres redoublaient d’ardeur pour aborder leurs clients potentiels. Notre promenade c’était déroulée dans la bonne humeur et le temps de remonter à nos chambres pour se rafraichir, l’heure du diner sonna.

Le son et lumière suscitait l’intérêt, car l’ensemble du groupe avait opté pour assister au spectacle. Beaucoup de bus étaient rangés sur les parkings réservés à cet effet, manifestement nous n’étions pas les seuls sur les lieux. La représentation se déroulait en plusieurs étapes. Nous avions été accueillis dans le dromos, puis nous avions franchi le pylône avant de nous arrêter dans la cour. Dans la salle hypostyle les colonnes me paraissaient encore plus démesurées au milieu de cette demi-obscurité. L’atmosphère était étrange, un léger frisson me traversa le corps. Il nous fallait rejoindre une seconde cour pour gagner les gradins érigés devant le lac sacré, à l’endroit même où le matin je m’étais assis pour prendre un peu de repos. Des commentaires en voix off, n’avaient de cesse de nous relater les différents aspects du site. La fin du spectacle avait été salué par un tonnerre d’applaudissements et j’étais de ceux qui l’avaient trouvé trop court. Nous étions rentrés dans notre hôtel totalement comblés.

Cette nuit là nous mirent longtemps mon colocataire et moi avant de nous endormir, Karnak nous avait totalement envouté.



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