Paysages contrastés du Nil

Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté -12ème jour : Égypte septembre 1976)


Les jours s’égrainaient au calendrier et cette nouvelle journée était consacrée à une excursion que nous devions effectuer sur les sites de Denderah et Abydos. Nous quittions donc provisoirement Louxor et ses hordes de touristes pour nous diriger à environ soixante dix kilomètres au nord de la ville.

Nous longions le Nil et ses contrastes saisissant de paysage. Un long couloir de végétation et de terre grisâtre formée par le limon surlignait le tracé du fleuve et de chaque côté, deux déserts arides et rocailleux aux couleurs rougeâtres composaient le reste du décor jusqu’à perte de vue. De temps en temps nous apercevions un groupe d’habitations nichées à mi-hauteur d’un coteau et ombragées par quelques palmiers dattiers. J’observai la démarche lente et précise d’une femme entièrement vêtue de noir, qui descendait avec sa cruche sur la tête, pour puiser de l’eau sur la rive, tandis qu’une bande de gamins agitaient leurs mains pour nous saluer. Un ânier guidait un bourricot chargé d’encombrants ballots de paille vers une destination qui me resterait à jamais inconnue. Il n’y avait ni rues ni trottoirs dans ces petits villages, simplement de la terre battue, et des nuages de poussières formés par le vent. Il n’était pas difficile d’imaginer les conditions de précarité dans lesquelles ces populations rurales vivaient. La route filait à présent vers des contrées sauvages et dépeuplées, hormis de temps en temps la présence d’un berger et de ses chèvres qui broutaient en bordure du chemin. Nous nous étions arrêtés pour prendre des clichés d’un petit marché aux dromadaires qui rassemblait les paysans des environs, puis nous avions rapidement atteint notre première étape. Qéna était une ville moyenne et typiquement orientale. Le trafic important de la gare accueillait les voyageurs qui arrivaient du Caire, d’Assouan ou des bords de la mer Rouge. Réputée pour ces fabricants de poterie en argile, elle attirait pour cette raison les touristes. Nous avions trouvés là de quoi nous reposer et nous réhydrater. Nous avions effectué un tour rapide de la cité en autobus puis nous avions filé vers le site de Denderah.

La visite avait été relativement rapide car le programme de la journée était chargé. Dédié à la déesse Hathor, le temple avait bien résisté à l’épreuve du temps. Il était conçu comme tous les autres temples, le sol représentant la terre, le plafond représentant le ciel, et les colonnes la végétation. Le complexe monumental comprenait un grande porte, deux petits temples à l’intérieur du grand, et bien d’autres curiosités encore qui ne sont pas toutes gravées dans ma mémoire. Nous devions retourné ensuite pour le déjeuner à Qéna, puis sans plus tarder nous poussions notre périple jusque sur le site d’Abydos.

Lieu présumé du tombeau d’Osiris , le site avait fait l’objet de nombreux pèlerinages. Les prêtres prétendaient posséder une relique importante d’Osiris, des temples furent érigés à cet endroit par plusieurs pharaons. Les pylônes et les portiques étant partiellement détruits, la première salles hypostyle se présentait comme l’entrée du temple. Puis nous traversions une seconde salle hypostyle pour arriver enfin à sept sanctuaires. J’avais comme à l’habitude laissé là les explications du guide, tout en poursuivant ma route, ma solitude me permettant davantage de m’imprégner des lieux. La journée était bien avancée quand nous sortîmes du complexe archéologique. Notre retour à Louxor s’était passé dans les mêmes conditions qu’à l’allée, avec la fatigue en plus, et la chaleur en moins.

La petite première partie du trajet nous avait permis de nous arrêter quelques instants pour admirer la coucher du soleil, puis nous avions roulé principalement de nuit. J’avais espéré avec une petite pointe d’inquiétude que le moteur ne tombe pas en panne, et je n’avais été rassuré qu’en apercevant les premiers néons de la ville. Nous avions regagné nos chambres avant de descendre nous restaurer. A table nous avions évoqué avec une petite pointe de nostalgie notre séjour à Louxor et l’équipe avait donc décidé d’une petite balade nocturne, comme pour dire un dernier adieu à la cité.



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