Un enfant peu gâté

Lundi 7 juin 2010


La sentence est tombée : Ganglion au niveau de l’aorte, confirmation de malignité de la surrénale, tumeur au niveau de l’épaule gauche

Un méchant marionnettiste me dirige tel un pantin accroché à ses ficelles, il est le maître de mon destin, et il a décidé de faire de mon histoire une tragédie.

Une vilaine fée s’est penchée sur mon berceau et m’a jeté un sort pour que ma route soit à jamais jonchée d’épines.

Un juge haineux ma condamné à une lourde de peine, mais j’ignore les fautes pour lesquelles je suis sanctionné.

Le démon s’est relevé de ses cendres, le crabe à repris des forces, la guerre est à nouveau déclarée.

Mon Dieu pourquoi m’as tu abandonné?

J’ai peur, j’ai très peur du néant, de la séparation, je ne sais pas comment je vais pouvoir supporter encore et encore cette nouvelle tempête. Je ne sais plus prier, je me sens tellement seul dans mon incommensurable douleur. Je ne pleure pas, je ne sais plus pleurer.

Extrait du livre de mes mémoires (Itinéraire d’un enfant gâté – 14ème jour : Égypte septembre 1976)

Quelqu’un avait frappé à ma porte, c’était Marie-Françoise qui était venu prendre de mes nouvelles, je sortais de la douche et je n’étais pas encore complètement habillé, il était temps de descendre pour le petit-déjeuner. Dominique était en train de boire son thé, la nuit avait été effectivement blanche, et il attendait mon réveil pour monter se doucher à son tour. L’autobus nous attendait dans l’entrée de l’hôtel, les bagages encombraient quelques peu le trottoir. Je regardai pour la dernière fois la rue Gomhoreya avant de m’engouffrer dans le véhicule.

Nous roulions à présent dans la banlieue du Caire, et l’aéroport s’approchait de notre champ de vision. Je commençais à prendre l’habitude des formalités administratives, j’attendais donc stoïquement de passer à mon tour, en zone d’embarquement. Une navette nous transporta à hauteur d’un airbus de la compagnie Air-France, qui nous attendait sur un tarmac écrasant de chaleur. J’avais la chance de me trouver près d’un hublot, ce qui me permettait d’apprécier avec toujours autant de plaisir, le spectacle du décollage. L’aventure étant désormais terminée, j’avais hâte de rentrer chez moi et de retrouver mes proches. Comme une bougie qui venait de s’éteindre, l’euphorie n’était visiblement plus au rendez-vous, tous les membres de l’équipe cédaient à la mélancolie. Notre vol devait durer un peu plus de quatre heures, mon insomnie de la nuit commençant à me peser sur les paupières, je m’étais assoupi quelques minutes, bercé par le ronron rassurant des moteurs de l’avion. Des frissons sur ma peau m’avaient ramené à la réalité. La climatisation de l’habitacle contrastait fortement avec les températures caniculaires que nous avions connu pendant ce séjour, et j’avais effectivement un peu froid, un steward me prêta une couverture, puis je refermai les yeux, sans trouver néanmoins le sommeil. Un repas qui venait d’être servi, raviva les esprits, et la discussion s’engagea enfin, après un trop long moment de silence. Chacun son tour, nous racontâmes les différentes anecdotes qui avaient émaillé notre voyage et cet échange verbal ramena petit à petit la bonne humeur au sein de l’équipe. Il était convenu de ne pas se quitter sans se donner un dernier rendez-vous. Une soirée photos et diapos fut donc fixé pour le mois de novembre suivant, et nous serions reçu chez Claire à Levallois-Perret. Nous survolions à présent la chaîne des Alpes, le ciel étant complètement dégagé je pouvais contempler avec émerveillement la splendeur de dame nature. Il nous restait environ une heure de patience avant de fouler à nouveau la terre. En amorçant notre descente, nous avions traversé une couche de nuages, et l’agglomération parisienne nous était apparue minuscule, avant d’apercevoir plus distinctement bâtiments et infrastructures routières. L’appareil avait effectué un atterrissage dans les règles, avant de s’immobiliser. Nous avions ensuite pénétré dans la zone des arrivées et franchi la douane, mais personne ne m’avait demandé mon passeport, et je n’avais pas non plus été fouillé. Nous étions en début d’après-midi, et le hall de l’aéroport était plutôt calme, il nous restait maintenant à rejoindre la gare routière, pour prendre le bus qui nous ramènerait vers Paris. Contraste saisissant, le ciel était gris, une très légère bruine imprégnait nos vêtements. Le pilote avant de toucher le sol, nous avait annoncé la température extérieure, qui n’était que de quatorze degrés, j’avais été donc bien avisé de conserver un pull à portée de la main. Le soleil, la chaleur, et l’Égypte, toutes ces choses qui font de la vie un paradis, étaient maintenant dernière moi, il fallait songer à reprendre le cours normal de mon destin. Le terminus de notre transport se situait dans les sous-sols du Palais des Congrès, porte Maillot, nous prîmes donc congé à cet endroit. Le métro n’était pas très encombré à cette heure de la journée et j’avais rejoint Montparnasse assez rapidement. Le départ de mon train était prévu qu’en fin de journée, il me restait donc encore quelques heures à passer dans la capitale. J’avais fait quelques pas pour tuer le temps, avant de m’installer à la table d’un café. J’étais à présent confortablement assis dans un wagon et j’attendais patiemment l’heure de départ.

Un coup de sifflet retentit, et le train s’ébranla d’abord doucement, car nous traversions une zone urbaine tristement grise, de la proche banlieue, puis notre vitesse augmenta régulièrement, pour atteindre notre rythme de croisière. La campagne s’étendait à perte de vue, et je restais les yeux fixés sur cette image qui défilait à toute allure et qui avait le pouvoir de m’hypnotiser et de me faire oublier toute notion de temps. Nous étions à quelques jours de l’automne et les journées étant de plus en plus courtes, c’est à la nuit tombante que le convoi ferroviaire s’immobilisa en gare d’Angers. Chantal, Dominique et Jeanne devaient m’attendre, mais ne sachant pas mon heure d’arrivée, leur présence était fort aléatoire. Les voyageurs descendaient des voitures et sortaient du quai avec leurs familles qui étaient venues les accueillir, la foule était très compacte, progressivement les lieux se vidaient et je ne voyais personne de ma connaissance. Il ne me restait que quelques minutes pour récupérer ma correspondance, j’étais las des kilomètres parcourus, et n’avais pas très envie d’attendre plus longtemps, au risque de passer une partie de la nuit ici. Doutant de plus en plus de pouvoir les rencontrer, je pris donc la décision de quitter Saint-Laud. Le train transportait peu de passagers sur cette seconde partie du voyage. J’avais trouvé le trajet triste et ennuyeusement solitaire. Je retrouvais ma ville et son ambiance de fin semaine en parfaite opposition avec l’atmosphère euphorisante des rues orientales, pourtant j’étais ici chez moi et très heureux de ce retour. J’étais sûr d’une chose, c’était que personne ne serait là pour m’accueillir, et il ma fallait rentrer à pied. A l’inverse de l’année passée, j’avais prévu une clé, j’espérai pouvoir pénétrer dans la maison, sans faire trop de bruit. Grand-mère ne dormait pas, je l’avais brièvement rassuré, mon chien n’avait pas eu le courage de faire la fête, et la maison semblait sereine.

Je retrouvai donc rassuré ma chambre, comme on retrouve son nid. Il était clair que la pièce avait été aérée pendant mon absence, et qu’un grand ménage avait été fait. Une odeur de propreté mélangée à une odeur d’encaustique effleuraient agréablement mes narines. Mon lit me tendait les bras. Tout en reconnaissant la griffe de Chantal, j’avais fortement apprécié de me faufiler dans des draps fraîchement lavés, pour le confort qu’ils me procuraient. La nuit avait été extrêmement réparatrice.



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