Vilains projets

Jeudi 28 octobre, la journée n’est pas facile, j’ai cessé mon troisième cycle de chimiothérapie, il y a deux jours, mais les effets secondaires sont encore bien présents. L’heure n’est pas aux pensées philosophiques, car les épreuves physiques ont pris le pas sur le reste. 

Je suis excessivement fatigué, et je souffre de nausées qui m’empoisonnent la vie, mais j’ai décidé de me faire violence pour reprendre mes écritures, que j’avais laissées tomber en juin dernier.

La mauvaise nouvelle que m’avait rapportée mon cancérologue, n’était que les prémices de ce que j’allais réellement endurer les semaines suivantes. J’étais loin de me douter que ma seconde chimiothérapie serait un parcours du combattant, car les traitements que j’avais suivis entre 2005 et 2007 n’avaient pas été aussi violents que j’aurais pu me l’imaginer, aussi je partais relativement confiant pour cette seconde étape.

La biopsie de ma  tumeur de l’épaule gauche avait donc confirmé la récidive de mon cancer, l’information n’était pas une surprise, je redoutais seulement les résultats de ma scintigraphie des os, et de ce côté-là, j’avais eu une réponse apaisante. Maintenant il fallait recommencer à se battre pour les trois métastases qui rongeaient petit à petit  ce qui restait de ma vie.

Après un bref séjour au bord de la mer au début du mois de juillet,  j’avais compris que la partie était loin d’être gagnée. Très vite la gélule quotidienne avait littéralement épuisé mes forces, et les mycoses avaient colonisé ma bouche, m’interdisant petit à petit de manger. Mon cœur n’était pas non plus mon allié, car il me clouait sur place, à chaque fois qu’il se décidait à battre n’importe comment. A la fin de ce même mois, j’avais cependant résisté aux assauts de toutes sortes, et en terminant ce premier cycle de soins, j’espérais pouvoir enfin sortir la tête de l’eau. C’était sans compter sur mon destin qui avait de vilains projets à mon encontre.

 

Extrait du livre de mes mémoires  

 La cité médiévale de Cordes apparaissait au loin à droite de notre route, construite sur un piton rocheux nous pouvions aisément admirer sa prestance, il était prévu de visiter la ville mais quelques jours plus tard. Notre première halte se situa donc à Laguépie. Le charme particulier de cette petite commune venait du fait qu’elle était une presqu’ile entourée par les eaux de l’Aveyron et du Viaur. L’endroit était faiblement montagneux, mais suffisamment accidenté pour offrir aux touristes de passage des merveilleux paysages. Le temps était beaucoup plus nuageux et la relative fraîcheur nous permettait de mieux supporter le trajet en voiture. Villefranche-de-Rouergue fut notre deuxième étape, nous avions profité d’un petit coin sympathique pour enfiler nos sandwichs et nous désaltérer. Carmaux était une citée autrefois minière et verrière qui avait vécu l’agonie puis la disparition de ses deux principales industries. La ville me paressait encore largement traumatisée par la misère et le chômage qui avaient logiquement découlé de la fermeture des puits, et les habitants me semblaient nostalgiques d’un passé glorieux à jamais enterré. Toutes les villes et villages que nous traversions s’étaient vidées de leurs touristes, il y avait belle lurette que la rentrée scolaire avait sonné le glas des congés d’été. Nous étions donc plutôt tranquilles lors de nos visites et le beau temps de ce mois de septembre ne faisait qu’agrémenter notre séjour. 

Notre retour à Saint-Juéry fut ce jour là suivi d’une soirée encore plus joyeuse que les précédentes, car Henri et Anne-Marie se trouvaient en week-end, et donc beaucoup plus détendues pour apprécier notre présence. Nos parties de dé s’étaient prolongées tard dans la nuit, alors que nous avions convenu de faire ensemble, la virée du lendemain

Le réveil avait sonné tôt ce jour là, car notre itinéraire était long et un peu chargé. Une halte à Albi pour faire le plein d’essence puis Henri qui nous conduisait avec son propre véhicule, emprunta la route en direction de Millau. Notre programme prévoyait plusieurs visites dont celle du point sublime situé à environ 870 mètres d’altitude sur les Causses de Sauveterre. A cet endroit un panorama s’offrait à nous sur le Tarn enchâssé dans ses gorges profondes, le spectacle était à couper le souffle. La région était pleine de petits hameaux construits à flan de coteaux, et je me demandais si ces maisons d’une autre époque étaient encore habitées. L’ambiance à bord de notre véhicule était bon enfant, nous avions un carnet et nous n’hésitions pas à pousser la chansonnette. Notre itinéraire nous avait permis de traverser la grande bourgade de Saint-Affrique et nous étions à présent bien confortablement installés dans un restaurant en plein centre de la ville de Millau. A l’époque le viaduc n’existait pas et les autorités n’envisageaient même pas sa construction. En ce dimanche de fin septembre, l’activité commerciale tournait au ralenti et les rues n’étaient pas très animés, cependant nous n’avions pas besoin de la foule des mois d’été pour apprécier l’architecture des lieux. Nous étions toujours dans le département de l’Aveyron et au sud de Massif Central, nous bénéficions donc de paysages escarpés et fortement variés à mesure de notre progression. Dernière étape avant notre retour, la cathédrale de Rodez ainsi que les vielles demeures du centre ville nous accueillirent marquant un point final aux nombreuses visites qui avaient ponctué différents moments de notre long périple. 

 



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