Inéluctabilité

J’avais avalé la dernière gélule de mon traitement le 27 juillet au matin J’étais totalement vidé de toutes énergies, mes promenades quotidiennes devenaient quasi impossibles. Il faisait beau et chaud, aussi avais-je décidé de profiter quand même du soleil en me reposant confortablement allongé dans une chaise longue de jardin. Je subissais tant bien que mal des effets secondaires toujours aussi présents, mais je savais qu’il n’y aurait point de salut sans ce passage périlleux de ma thérapie. Depuis presque 6 ans que je combattais la maladie, j’avais appris à contrôler mes humeurs et donc à me résigner, aussi en dehors des inconvénients liés à cet état physique peu enviable, je n’étais pas inquiet de mon état de santé, et je considérais les frissons qui me parcouraient le corps depuis quelques jours, comme des manifestations normales du médicament. Mes premiers doutes arrivèrent le vendredi 30 avec l’apparition d’une forte fièvre. J’essayais encore et toujours de me convaincre que mon état dépendait de ma chimiothérapie, car je ne souhaitais pas consulter, comme ma famille me le préconisait, un autre médecin que mon généraliste temporairement absent. Les frissons des premiers jours s’étaient transformés en convulsions, les crises apparaissaient de plus en plus régulièrement. D’abord une sensation de froid de plus en plus marquée, puis les forts tremblements, et enfin un pique de fièvre à 40°. La sérénité que j’affichais au début des symptômes avait disparu, j’étais désormais largement soucieux de ce qui était en train de m’arriver. J’avais considérablement diminué ma nourriture depuis que je suivais mon nouveau protocole, mais avec cette affection qui me tombait dessus, je n’arrivais plus à avaler le moindre aliment. Mon cœur trouvait là un terrain favorable pour s’emballer plus fréquemment qu’à l’habitude. Ce cocktail détonant eut raison de ma personne, et je passai pratiquement tout le week-end alité.

Mon erreur avait été grande d’attendre le lundi pour consulter mon médecin qui était enfin revenu de vacances, car j’étais littéralement au bout du rouleau. J’appréhendais fortement de devoir me lever, car j’étais incapable de faire un pas sans vaciller. L’expédition au cabinet médical n’avait pas été une mince affaire, la sueur me perlait sur tout le corps et à mon retour, il avait fallu changer de vêtements, comme j’étais obligé de le faire régulièrement, depuis l’apparition des fièvres. Le praticien pensait à une infection pulmonaire, aussi m’avait-il prescrit une prise de sang à effectuer le jour même, et une radiographie des poumons qui ne pouvait être faite que le lendemain. L’infirmière avec l’aide de Chantal avait bataillé ferme, pour pouvoir me piquer le bras, car à l’instant même où elle avait franchi la porte de notre maison, mes convulsions avaient repris.

La nuit avait été agitée, et mon état avait encore empiré, mon fils aîné avait eu un entretien avec le médecin, je savais désormais que mon hospitalisation était inéluctable.

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

Le sommeil de la nuit avait été largement réparateur et nous étions fin prêt pour nous rendre à Cordes qu’Henri et Anne-Marie nous avaient vivement conseillé de visiter. Nous avions donc laissé nos coéquipiers repartir vers la vie active, et nous étions garés à présent sur un parking à l’entrée de ce village qui ne pouvait se visiter qu’à pied. Site médiéval par excellence, cette petite citée n’était pas sans rappeler le Mont-Saint Michel. Construite sur un piton rocheux, les maisons de caractères bordaient des rues étroites et pavées qui ne faisaient que grimper. Une importante activité artisanale occupait largement les touristes qui en cette fin septembre, jouissant encore de quelques jours de vacances, semblaient s’être regroupés en ce lieux. Une nouvelle halte à Saint-Antonin Noble Val nous avait permis de nous dégourdir les jambes et de nous restaurer avant de reprendre notre route. Surplombant la rive gauche de l’Aveyron, le petit village de Penne marqua mon esprit de son emprunte à cause des magnifiques ruines de son château niché sur une pointe rocheuse dominant largement les habitations. La photo souvenir de ces ruines n’est pas de très bonne qualité, mais elle reste pour moi un témoignage précieux de notre passage dans cette charmante localité. Une averse orageuse avait marqué la fin de notre circuit alors que nous étions en train de traverser les vignes de la région de Gaillac, nul doute que cet épisode pluvieux n’allait pas affecter le reste de notre séjour.

La pluie était finalement tombée une partie de la nuit, mais au petit matin le soleil nous avait donné rendez-vous pour notre dernière journée d’excursion.

Graulhet était une citée que je n’avais jamais visité mais que je connaissais bien de par ma profession. Le Tarn était un centre important pour le tannage du cuir et les échanges commerciaux avec les nombreuses entreprises de chaussures des Pays de la Loire faisaient que notre direction développait un trafic routier important entre les deux régions. Lautrec fut notre première halte de la journée. Cette citée médiévale était riche en monuments de toutes sortes et son patrimoine architecturale valait la peine d’être visité. Nous passâmes à cet endroit une partie de notre journée. Nous étions ensuite très vite rentrés sur Saint-Juéry car il nous restait une chose importante à faire, c’était de grimper au sommet du clocher de la cathédrale d’Albi en compagnie d’Henri qui s’était libéré un peu plus tôt de son travail pour l’occasion. Admirer la ville du haut de son monument le plus prestigieux, donnait une dimension supérieure à notre séjour. La soirée s’était déroulée plus calmement que les précédentes car nous étions à la veille de notre départ et l’ambiance était un peu plus emprunte de mélancolie. Toutes choses se terminent un jour et il était temps pour nous de regagner notre domicile pour se préparer psychologiquement à reprendre le travail



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