Winnie l’ourson

Depuis que j’étais tombé malade, la sieste de l’après-midi m’était devenue nécessaire. J’avais pris la mauvaise habitude de m’endormir devant mon poste de télévision, la télécommande entre les mains. Ma fille et ma femme qui m’en avaient fait la remarque, m’avaient gentiment offert à Noël, une petite peluche de Winnie l’ourson, qu’elles m’avaient demandé de me servir, en remplacement de cette télécommande qui risquait de se briser, en cas de choc.    

Mon petit fils avait été estomaqué de constater qu’un papy pouvait recevoir en cadeau un jouet d’enfant, et à partir de cet instant, la peluche en question était devenue pour lui quelque chose de mystérieux, et faisait l’objet de toute son attention.

Aussi en ce mardi 3 aout, lorsqu’il pénétra dans ma chambre, d’instinct il comprit que son grand-père avait besoin de réconfort, et partit récupérer dans mon fauteuil, le fameux Winnie qui devait sûrement avoir des pouvoirs surnaturels, pour appartenir à une grande personne.

Ce geste aussi simple soit-il m’avait profondément touché. Matéo n’ayant pas les mots pour s’exprimer, me prouvait ainsi son attachement. Lorsqu’il déposa délicatement la peluche entre mes mains, les larmes se mirent à perler sur mon visage profondément crispé, traduisant ainsi mon état d’extrême épuisement.

Je pleurais sur mon propre sort, et sur ce sentiment d’injustice qui m’entaillait le cœur depuis bien des années, mon fils aîné tentait de me consoler, mais les sanglots avaient l’effet de décongestionner et calmer une souffrance longuement retenue.

Encore une fois il avait fallu combattre mon appréhension pour me rendre au cabinet du radiologue, et ensuite chez mon médecin traitant. Il n’y avait pas d’infection pulmonaire, il fallait rechercher l’origine du mal plus loin. J’avais mon billet en poche pour prétendre à un séjour gratuit à l’hôpital.

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

Après une très très longue période de soleil et de chaleur, qui s’était prolongée par mon voyage en Egypte et ensuite par notre séjour avec Chantal dans le sud de la France, les nuages et la fraîcheur de ce mois d’octobre ne faisait qu’attiser ma nostalgie du ciel bleu. J’avais vécu le paradis sur terre et mon esprit avait beaucoup de mal à se défaire de ce qui appartenait désormais au passé. L’activité économique ayant repris de plus belle, mes collègues étaient plongés à fond dans le travail, les vacances se trouvant bien loin derrière eux. J’étais physiquement à mon poste, mais je me surprenais parfois à rêver tandis que la pluie ruisselant sur les vitres du bureau me rappelait à la réalité. Ma réintégration fut donc lente et pénible, et il fallut attendre le début de l’hiver pour que cette réintégration soit totalement effective. 

 

            L’armistice du 11 novembre tombait un jeudi, je bénéficiais également du vendredi, journée exceptionnelle de repos qui m’avait été accordée, pour récupérer des heures supplémentaires. Ce long week-end tombait à point, car notre réunion chez Marie-Claire à Levallois-Perret, qui avait été  fixée dans l’avion lors de notre retour d’Egypte était maintenue, et fixée au samedi 13 novembre. J’avais donc répondu favorablement à l’invitation. Montparnasse accueillait son flot de voyageurs, et j’étais planté dans un coin de la gare, anonyme parmi des anonymes, en train de consulter mon plan pour identifier mon itinéraire. Il était aux alentours de midi, et je m’étais arrêté dans un snack pour me restaurer avant de reprendre mon trajet. Porte de Champerret étant ma destination finale, j’empruntai l’escalier de sortie du métro, pour me retrouver dans un quartier moderne mais terriblement oppressant. Cette proche banlieue semblait surpeuplée, et les constructions modernes n’avaient laissé aucune place à la végétation. Marie-Claire habitait au neuvième étage de l’une de ces immenses tours qui jouxtaient le périphérique. Je n’avais pas eu trop de mal à trouver son adresse. Il était un peu tôt, et j’étais le premier de ses invités. Les autres participants à la soirée étant natifs de Paris, ou de la banlieue, aucun d’entre eux n’était tributaire des horaires d’un train de grande ligne. Nos retrouvailles avaient été des plus conventionnelles, le charme des vacances n’opérant plus sur notre état d’esprit. Pourtant nous avions passé un bon moment à visionner nos diapos et à nous remémorer quelques bons moments de notre voyage. Je n’avais pas eu besoin de trouver un hôtel pour passer la nuit, car Marie-Claire disposait d’une chambre d’amis. Je n’avais pas très bien dormi, car il faisait un peu chaud dans la pièce. En dépit des neuf étages qui me séparaient du périphérique une espèce de bourdonnement incessant venant de la circulation automobile finissait de me tenir éveillé. Marie-Françoise qui nous avait quittées la veille, pour rentrer chez ses parents, était revenue chez sa sœur dès le petit matin. Nous avions pris notre petit-déjeuner ensemble. Elles avaient convenu de me faire visiter le marché aux puces de Saint-Ouen. Marie-Claire disposant d’une voiture, il ne nous avait pas fallu bien longtemps pour rallier la Porte de Clignancourt. Malgré les difficultés de stationnement nous avions quand même trouvé une place au risque d’être fortement verbalisées, ce qui ne semblait pas inquiéter mes coéquipières. Immense rassemblement des commerçants de la mode et de l’artisanat, l’endroit était également célèbre pour sa brocante et ses antiquités. Petite ville dans la ville, ce grand déploiement de marchandises de toutes sortes attirait dans un dédale de petites rues, une population très hétéroclite d’acheteurs et de curieux. Tout droit sorti de ma province, je n’avais pas l’habitude de côtoyer autant de natures si différentes et l’observation de ces gens attisait autant ma curiosité que ce déballage d’objets de toutes natures qui s’offrait à nos yeux. Nous avions déjeuné dans un petit bistrot typique, implanté dans le quartier des brocanteurs, tandis qu’une femme accompagnée de son accordéoniste nous chantait le répertoire d’Edith Piaf, contribuant au charme et à la réputation de ce célèbre marché de Saint-Ouen. La journée s’avançait et il était temps pour nous de reprendre le chemin du retour car un train m’attendait en début de soirée pour regagner ma province. J’avais pris congé de mes deux amies avant de descendre les marches d’accès au métro. La ligne que j’empruntais était bondée de voyageurs qui descendaient également à Montparnasse. Mon week-end s’achevait et le trajet jusqu’à Angers ne m’avait pas paru trop long, à l’inverse des derniers kilomètres qui me séparaient de mon domicile. Hormis deux cartes postales qu’elles m’avaient envoyé, l’une en hiver de Norvège et l’autre l’été suivant du Japon, je ne revis jamais les deux frangines.

 

 



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