Charges bactériennes

Ma famille qui n’avait de cesse de me donner du courage depuis ce vilain mois de décembre 2004, n’était pas là pour me rassurer, car ma quasi solitude, conjuguée avec l’obscurité et le silence de ma chambre, avaient quelque chose d’angoissant. J’étais en plus tellement fatigué, que je ne trouvais pas le sommeil, je n’avais qu’une hâte, voir enfin le jour se lever.

Le plus terrible, c’était que j’ignorais totalement l’origine de mon mal, et cette fièvre tenace, que je sentais remonter depuis que j’étais installé dans mon lit, me donnait aucune raison de me calmer.

Ce que je craignais d’un colocataire, c’était qu’il ronfle, ou qu’il soit du fait de son grand âge, un peu désorienté. Comme je n’étais pas dans mes jours de chance, j’avais hérité d’un voisin répondant à ces deux critères. Il avait fallu sonner l’infirmière de garde, après qu’il eut passé par-dessus ses barrières, et que sa détermination à vouloir gagner coûte que coûte les toilettes eut mis une joyeuse pagaille dans notre chambre. 

J’étais à peine remis de ces péripéties, qu’une autre infirmière était venue vérifier ma perfusion, prendre ma température, et m’apporter une serviette pour éponger la sueur qui trempait mon pyjama et mes draps. 

J’avais dû m’assoupir, car en ouvrant les yeux je pouvais voir accroché sur le mur d’en face, la pendule éclairée par un rai de lumière, provenant du store extérieur de l’une des deux fenêtres. Dans le couloir j’entendais les allées et venues du personnel médical, j’imaginais que l’heure de la visite matinale était proche.

J’étais à présent entouré de deux femmes, l’aide soignante qui venait prendre ma tension et vérifier ma température, et l’infirmière de jour qui changeait ma perfusion, et qui avait également pour mission d’effectuer sur moi, un nouveau prélèvement sanguin. J’avais réussi à boire durant la nuit, l’intégralité de ma carafe d’eau, mais je refusai catégoriquement de prendre un petit déjeuner.

On m’avait averti de la visite imminente du médecin de garde. Il était arrivé effectivement très vite, et m’expliquait que mes prélèvements sanguins  étaient mis en culture, afin d’y rechercher les germes responsables de mon état. L’apparition de frissons étant synonyme de charges bactériennes, il désirait que je prévienne à ma prochaine crise, afin que l’on effectue sur moi une nouvelle prise de sang.  Il faudrait ensuite attendre de solides résultats pour commencer les antibiotiques.

Je comprenais maintenant que mon séjour à l’hôpital durerait un certain temps, et que je n’avais rien d’autre à faire que d’accepter cette nouvelle épreuve.

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

 

En ce début janvier, le réveil du volcan Nyiragongo situé au Zaïre faisait la une de l’actualité, car cette soudaine irruption venait de provoquer la mort de 2000 personnes en l’espace de trente minutes. Des catastrophes humanitaires concernant des régions lointaines du globe et dont les victimes étaient majoritairement issues des pays les plus pauvres, n’émouvaient plus vraiment nos populations d’occidentaux nantis, aussi en France comme ailleurs, la nouvelle avait été accueillie avec indifférence.  

Le développement des médias en était la cause, car il avait permis l’importation quotidienne dans les foyers d’informations et d’images dont l’abondance avait malheureusement contribué à banaliser les évènements quelques soient leurs gravités.

Je n’étais pas meilleur que les autres, car ce volcan qui crachait sa lave dans une contrée reculée d’Afrique ne mettait pas ma vie en péril, et en ce mois glacial de l’hiver, mes préoccupations étaient d’une autre nature.

 

            Chantal et moi avions reçu un courrier qui nous donnait un avis favorable sur nos perspectives de travaux d’extension de la maison. Le formidable enthousiasme qui avait été le notre lors de notre demande à la mairie, avait du plomb dans l’aile. Nous avions eu largement le temps de peser les avantages et les inconvénients que nous apporterait la réalisation d’un tel projet, avant de prendre nos dispositions, et à présent la balance penchait plutôt du côté d’un abandon pur et simple de nos objectifs. 

Notre logement était placé dans un très vieux quartier de la ville, entouré d’habitants également vieillissants, et nous n’étions pas très enthousiastes de voir grandir nos enfants dans cet environnement peu favorable à leur épanouissement.

En outre l’impasse dans laquelle notre demeure était implantée, amplifiait également cette sensation d’étouffement et d’isolement que nous ne voulions ni pour notre progéniture, ni pour nous même.

Il existait également sur ma propriété, un droit de passage accordé par mes ancêtres. Ce droit de passage était considéré par le voisinage comme acquis. Bien que non notifiée sur un acte notarié, je pouvais difficilement remettre en cause ce que je considérais comme une servitude, car le risque de froisser ce même voisinage était grand, et je refusais de vivre dans un milieu hostile.

Enfin surélever et agrandir la maison me semblaient être des rafistolages, et il n’était pas sûr que cette solution soit réellement adaptée pour une cohabitation entre un couple et une personne âgée.

Notre famille de l’avenue Bonaparte nous avait parlé de la création prochaine d’un lotissement sur les terrains jouxtant l’arrière de leur propriété, la solution de loger notre futur foyer dans une construction neuve murissait petit à petit dans nos esprits.

 

 



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