Conditions de malade

Mon colocataire vivait difficilement son enferment. A quatre vingt douze ans, il ne comprenait pas la raison pour laquelle son médecin l’avait placé là. Il n’était pas aidé par sa famille non plus, car il avait eu la visite très rapide de son fils, qui semblait avoir des choses beaucoup plus urgentes à faire, que de s’occuper de son père.

Je savais à présent que le vieil homme serait transféré dans un autre service, et j’avais espoir de pouvoir passer la prochaine nuit, sans voisin.

N’ayant pas la force de mettre un pied à terre, je ne pouvais pas me rendre au lavabo, aussi je restais allongé à ne rien faire, sinon qu’à attendre la prochaine visite d’une infirmière.

Mon rein avait été malmené durant tous ces jours, une des préoccupations du moment était donc de boire un maximum d’eau, comme on me l’avait demandé, mes urines étant régulièrement prélevées pour en mesurer la quantité.

Concernant ma chimio, j’étais dans une phase de repos, et je devais entamer un nouveau cycle la semaine suivante. Dans l’état actuel des choses, j’ignorais où j’allais pouvoir puiser suffisamment d’énergie, pour supporter ce nouveau traitement de choc

La question me turlupinait dans la tête, car j’étais conscient qu’il ne fallait pas prendre trop de retard sur le calendrier, au risque de donner au cancer du grain à moudre.

Mon environnement n’était pas des plus agréables, le rideau qui me séparait de mon voisin de chambre, m’empêchait de voir par les fenêtres. Il faisait sombre dans mon coin et je n’avais pas d’autres horizons que de fixer le plafond. Il était bien difficile de briser l’ennui.

Le temps me paraissait donc interminable, et pourtant à force de patience, l’heure du déjeuner était arrivée. Je ne pouvais pas avaler grand-chose, mais j’avais au moins la satisfaction de voir des gens, s’agiter autour de moi.

En début d’après-midi, une nouvelle poussée de fièvre avait assailli tout mon corps, je gérais tant bien que mal ce nouveau mauvais moment à passer.

Ma famille n’allait pas tarder à venir, cette perspective m’aidait à ne pas perdre complètement pied. La porte s’était effectivement ouverte et des visages bien connus étaient apparus pour ma plus grande joie.

Par une toilette revigorante, Chantal avait commencé par me débarrasser de toutes ces impuretés engendrées par une transpiration excessive de presque vingt quatre heures. Puis elle  s’était occupée de m’abonner au téléphone, ainsi qu’à la télévision. Avec ces deux éléments j’étais assuré de ne plus être totalement coupé du monde. Ma fille m’avait apporté des mots fléchés, cette démarche me permettrait également de tuer les heures.

Elles m’avaient raconté leur soirée d’hier, et rapporté quelques nouvelles des parents et amis.

Leur présence me faisait oublier ma condition de malade, et apaisait en moi beaucoup d’anxiété.

 

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

 

La société qui m’embauchait se développait à vitesse grand V. La tour, nouvellement construite à l’époque de mon intégration, était désormais entièrement occupée. Le service commercial qui avait besoin de s’étendre, avait pris possession de notre bureau du rez-de-chaussée, et le premier étage étant entièrement réservé à  la direction, nous avions donc déménagé au second. L’endroit regroupait la facturation, la gestion, les litiges, le recouvrement, et enfin la compatibilité, tous dans un seul espace, sans séparations, à la manière des grandes sociétés américaines. L’inconvénient majeur de cet aménagement, c’était évidement le cliquetis des machines à écrire, et les sonneries continuelles des téléphones qu’il fallait supporter tant bien que mal. La loi Evin n’étant pas encore passé par là, il fallait aussi compter sur les cigarettes, et les innombrables volutes de fumée qu’elles occasionnaient. A cette époque, j’avais pris la décision d’arrêter le tabac, et j’étais en passe de gagner mon pari. Je me rendais compte à présent combien le tabagisme passif pouvait être difficilement acceptable par ceux qui en  étaient les victimes. Mitterrand n’était pas non plus au pouvoir, et chacun s’activait au travail 8 heures par jour, sans espoir de prendre sa retraite avant d’atteindre l’âge de 65 ans. L’envolée du prix des matières premières était en partie responsable de cette période très inflationniste que nous traversions, et les salaires augmentaient tous les trimestres en moyenne de 3,5%.pour palier à une hausse globale du coût de la vie d’environ 14% l’an. Nous étions pris dans cercle vicieux qu’aucun gouvernement n’avait l’audace de stopper par des mesures beaucoup trop impopulaires

 

 

 

 

 

 



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