La source d’un peu d’apaisement

Quelqu’un avait frappé à la porte, c’était un brancardier accompagné de deux aides soignantes qui venaient chercher le vieil homme du lit d’à côté. Une autre équipe suivait pour changer ma perfusion, et vérifier ma température, malheureusement toujours aussi élevée.

On ne m’administrait pas autres choses qu’une solution de chlorure de sodium pour me réhydrater, et du paracétamol pour faire baisser la fièvre, aussi l’attente des résultats de mes différents examens était longue.

Je bénéficiais enfin de la lumière du jour, et nous pouvions également prétendre avec ma famille, à un peu plus d’intimité, deux satisfactions qui compensaient mon impatience à être efficacement soigné.

Dans les couloirs j’entendais l’agitation du personnel, mon plateau repas allait bientôt être servi. Chantal et Eliane m’encourageaient à manger un peu, mais j’avais tellement le dégoût des aliments, que je ressentais cette heure du dîner, comme une véritable torture.  

J’étais heureux de pousser ma table, de manière à pouvoir enfin m’allonger, l’épreuve de la bouffe,  me laissant dans l’état d’épuisement d’un marathonien en fin de course.

L’après-midi m’avait paru trop court, je sentais que le moment de la séparation avait sonné. J’étais d’autant plus angoissé que des frissons commençaient à me traverser le corps, prémices d’une nouvelle manifestation bactérienne et donc d’une  phase de la maladie très difficile à vivre.

J’étais à présent tout seul dans ma chambre, j’avais beau essayé de me contrôler, les tremblements devenaient de plus en plus intenses. Je pris la décision de sonner, car j’étais sûr que le moment était venu de faire une nouvelle prise de sang. L’infirmière était partie demander l’autorisation au médecin, pour effectuer le prélèvement. Elle était revenue avec le matériel nécessaire pour s’exécuter. J’étais dans un stade de profonde solitude, mais je savais que le personnel médical avait d’autres chats à fouetter que d’être à mon chevet, je taisais donc mes préoccupations qui étaient pourtant bien légitimes.

Un interne avait remplacé l’infirmière, il m’expliquait que l’on ne disposait pas d’éléments aussi solides qu’on aurait pu l’imaginer pour me guérir, mais il pensait à une contamination par voie digestive, et il avait bon espoir de solutionner le problème rapidement. En attendant le médecin avait donné l’ordre de m’administrer un antibiotique à large spectre : l’Augmentin.

Le soleil s’était  de nouveau couché sur mon infortune, j’étais prisonnier de mon destin, et il fallait encore et toujours renoncer à toutes formes de révoltes, révoltes qui n’auraient d’ailleurs pas fait avancer les choses.

L’épisode de tremblements, et de sensation de froid intense qui accompagnait la crise, était terminé. Je guettais maintenant les premières perceptions de chaud, avec le retour inévitable de la fièvre et de l’abondante transpiration qui m’amènerait probablement à changer mon pyjama au cours de la nuit.

Je fermais les yeux et entamais une sorte de prière qui n’avait certes pas l’effet d’une baguette magique, mais qui était la source d’un peu d’apaisement.

J’avais très mal dormi, je pouvais apercevoir la pendule, une nouvelle journée allait commencer.

On s’agitait dans le couloir, la procession des blouses blanches était imminente. Les convulsions et les températures élevées mettaient mon cœur à dures épreuves. J’étais prévenu, dans la matinée je subirais un électrocardiogramme. L’examen avait révélé que le médicament que je prenais pour mes crises d’arythmie n’était pas assez efficace, l’hôpital allait changer mon traitement.

Je n’étais pas plus capable que la veille de me déplacer au lavabo, et j’avais refusé l’aide des aides soignantes Depuis six ans que je fréquentais les milieux médicaux, j’avais souffert maintes et maintes fois d’étaler mon intimité sur la place publique, aussi je choisissais autant de fois qu’il était possible, d’épargner ma pudeur.

J’avais avalé avec un peu moins de dégout, mon pain, mon beurre, et ma confiture J’avais trouvé le café trop amer, et j’avais bu à la place du lait chaud, que j’avais versé dans mon verre. .

Le récepteur allumé, je me sentais moins seul. Les rediffusions d’été ne me passionnaient guère, mais je me forçais à regarder les documentaires sur Arte et la Cinq, afin d’oublier pour un laps de temps ma condition.

Les mots fléchés étaient beaucoup plus bénéfiques pour moi, car ils me canalisaient l’esprit, et  j’étais moins passif que devant la télévision.

Le médecin en chef était venu m’informer de l’état de ma santé. Les biologistes attendaient toujours de pouvoir procéder à un diagnostic fiable, il fallait être patient. Il avait contacté Nantes, et mon rendez-vous au centre Gauducheau était maintenu pour le lendemain Vendredi 6. Une ambulance m’emmènerait en position couché jusqu’à destination finale. 



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