Expédition nantaise

J’avais été invité à m’assoir dans mon fauteuil. Deux femmes de service étaient en train de refaire mon lit, une troisième s’affairait au ménage rapide de ma chambre. Elles étaient plutôt joyeuses en raison des congés d’été qui se profilaient à l’horizon. Elles me communiquaient leur bonne humeur, mais j’attendais avec impatience qu’elles disparaissent de mon environnement, en raison de mes difficultés à supporter ma position assise. Mon siège inconfortable, malmenait  mon postérieur, et mon dos. De plus je luttais contre des vertiges résultant d’une santé chancelante, et cet état de fait était loin de s’améliorer.

Assis dans mon lit, j’avais réussi à me restaurer un peu mieux que la veille, et j’avais intérêt à me forcer car j’avais perdu 7 kilos, il n’était pas envisageable de maigrir davantage. J’étais donc sous surveillance, et apparemment toutes les personnes qui me côtoyaient avaient reçu la consigne de contrôler mon assiette.  

La porte s’était ouverte sur les visages de ma femme et de ma fille. Mon fils cadet avait promis de venir à mon chevet. Il venait de décroché un CDI et cette bonne nouvelle apportait pour mon moral, un grand coin de ciel bleu.

Chantal avait averti famille et amis de mon infortune, aussi je commençais à recevoir régulièrement des visites qui brisaient un peu la monotonie de mes journées. Le revers de la médaille était que trop de personnes autour de moi me crispaient, car j’avais sans doute les nerfs trop sensibles. Lorsque je retrouvais mon calme, je ressentais à quel point accueillir du monde était très éreintant pour moi.

Le mois d’août n’était pas aussi estival que l’on aurait pu l’imaginer, aussi en dehors de mes accès de fièvre, je ne souffrais pas du tout de la chaleur. Ce point était pour moi positif, car je subissais suffisamment d’agressions de toutes sortes, et je n’avais surtout pas besoin d’une météo hostile. 

Les journées étaient réglées comme du papier à musique. Je comprenais à présent pourquoi beaucoup de personnes âgées supportaient mal de vivre dans une maison de retraite. Entre le petit déjeuner et le souper, leur existence était sans surprise et donc particulièrement ennuyeuse.

Je haïssais le moment où  le soir venu, il me fallait affronter de nouveau ma solitude et mes incertitudes. Pourtant Chantal et Eliane venaient de prendre congés, et je n’avais pas d’autres alternatives que de me conformer à la logique de la situation.

J’essayais de me distraire en regardant la télévision, mais ma fatigue était-elle que je préférais fermer les yeux. Pourtant je voulais attendre que l’équipe de nuit soit passée avant de dormir, car leur intrusion dans ma chambre risquerait de m’empêchait de retrouver ensuite le sommeil.

L’infirmière m’avait souhaité une bonne nuit, maintenant un silence inquiétant régnait au autour de moi. Ma perfusion au bras droit me limitait dans mes mouvements, il fallait que je me couche sur le dos, et j’en n’avais pas l’habitude. Ne trouvant pas la position idéale pour me détendre j’avais beaucoup de difficultés à plonger dans les bras de Morphée.

La nuit ne m’avait cependant pas paru trop longue, mais je n’avais carrément pas faim, la fièvre se manifestait de nouveau et les frissons que me traversaient le corps m’effrayaient un peu. La journée allait être difficile car je partais en consultation à Nantes. Chantal était arrivée de bonne heure pour m’aider à faire ma toilette, nous étions maintenant dans l’ambulance et j’entendais, allongé sur mon brancard, le ronron du moteur. Ma poche d’Augmentin diffusait goutte à goutte dans mes veines, le précieux antibiotique, mais je sentais que mon front était encore bien brûlant.

Les assistants du docteur Rolland étaient étonnés de me voir si mal en point, Valérie qui m’avait suivit durant ma chimiothérapie de 2005 à 2007 était venu bavarder avec moi. Elle avait l’habitude de réconforter les malades, j’appréciai beaucoup son geste.

Je repartais sur Cholet sans ma prescription de Sutent, le cancérologue m’avait trouvé trop faible, et il souhaitait en plus me faire faire une échographie du cœur. Il nous avait fixé un rendez vous au 19 août. Décidément j’étais mal parti pour soigner convenablement ma récidive tumorale.   



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