Le grand garçon

Le retour vers mon lieu de villégiature s’était bien passé, j’avais retrouvé avec grand plaisir mon lit. J’étais allongé dans des draps propres, et je n’envisageais pas plus que les jours précédents de me lever pour le déjeuner.

A côté de moi une équipe de femmes de service préparaient l’arrivée de mon futur voisin. Bonne nouvelle, celui qui allait s’installer à côté de moi était jeune, moins bonne nouvelle, il venait se faire opérer de la cloison nasale, je craignais donc fortement ses ronflements nocturnes.

Le praticien chef du service médecine était venu me tenir informé de la communication téléphonique qu’il avait eue avec mon oncologue, le professeur Rolland. Mon échographie cardiaque ne serait pas pratiquée par mon cardiologue habituel, mais par un spécialiste du centre hospitalier. Il fallait vérifier entre autres choses, si l’origine de mon infection ne venait pas de là. L’examen aurait lieu le lundi, en attendant il allait appeler une infirmière pour qu’elle m’administre du Perfalgan la fièvre n’ayant pas baissé depuis le matin.

Les douze coups de midi avaient sonnés, j’attendais patiemment mon plateau repas, je me promettais de faire un effort pour manger.

Mon voisin était installé dans son lit, et il me regardait grignoter mes aliments, son intervention chirurgicale était prévue pour le début d’après-midi. J’étais en train de somnoler quand le brancardier était rentré pour l’emmener vers son lieu de torture : le bloc opératoire.  

Je savais que Chantal  reviendrait beaucoup plus tard. Nous avions été absents une partie de la matinée, et elle avait pris du retard dans son travail, je tentais donc de profiter de ma solitude pour fermer les yeux, en espérant pouvoir m’assoupir un petit moment. L’exercice était décidément difficile à accomplir, car à peine avais-je sombré dans un semblant de rêve, qu’une femme de service me ramena très vite à la réalité. Elle était entrée pour récupérer mon plateau repas, de plus elle m’informait que des visiteurs attendaient dans le couloir, l’ordre de pouvoir pénétrer dans la pièce.

Le Perfalgan n’avait pas fait effet longtemps car je me sentais de nouveau fébrile, Florent et Marie-Ange l’avaient bien compris car ils n’étaient pas restés trop longtemps à mes côtés.

Chantal et Eliane m’avaient rapporté des nouvelles de l’extérieur, mais nous restions le plus souvent silencieux, leur présence m’apaisait et j’arrivais sinon à dormir, du moins à me reposer. La télévision en fond sonore, brisait la monotonie du lieu.

Le grand chambardement du mobilier, mon lit y compris, avait recommencé. Mon colocataire était de retour et, la chambre étant beaucoup trop petite, il fallait faire de la place. Le brancardier faisait preuve de beaucoup d’attention et de minutie pour replacer le lit encombrant du malade, à l’endroit même où il était venu le chercher, c’est-à-dire du côté de la fenêtre. De toute évidence il en avait l’habitude car le travail avait été accompli en un temps record.

Une fois de plus ma famille et moi avions perdu notre intimité, mais je conservais la clarté du jour, le rideau séparant les deux patients n’ayant pas été tiré.

Le jeune homme s’était remis très vite de son anesthésie, parce qu’il ne dormait pas, il fermait simplement les yeux, et n’étais pas dérangé par la télévision, il me l’avait certifié. Plus tard dans la soirée, sa mère et une bande de copains étaient venues le voir, et il semblait en forme pour participer à la conversation.

Une journée supplémentaire s’achevait et j’étais condamné à passer le week-end dans ma petite cage dorée. Chantal et Eliane, avaient assisté aux rituels du repas, et à présent elles prenaient congé de moi. La sensation d’abandon me tenaillait de nouveau les tripes, il fallait que je me résonne, j’étais un grand garçon.



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