Malchance ou injustice

Mes séries d’examens étaient suspendues jusqu’à lundi. Il fallait être patient, compter sur une équipe médicale restreinte, et ne pas être trop exigeant durant ces deux jours. Mon interlocutrice m’ayant donné ma feuille de route, elle pouvait à présent prendre congé de moi, tout en me souhaitant une bonne journée.

Le silence qui régnait dans ma chambre contrastait fortement avec l’agitation qui pouvait se produire dans les couloirs. Beaucoup de pensionnaires étaient partis, il fallait mettre de l’ordre avant l’arrivée de prochains malades.

Suivre les recommandations de l’infirmière n’était pas un impératif et heureusement car j’avais déjà besoin de sonner. Ma perfusion était bouchée en raison d’une infiltration de mon sang dans les tuyaux d’écoulements des produits. L’incident était intervenu à la suite de mon expédition au lavabo, et en raison des différents mouvements de mon bras lors de ma toilette. Il fallait repiquer dans des veines déjà bien malmenées, et changer une partie du matériel d’injection. Le nécessaire avait été fait dans la bonne humeur et je n’avais essuyé aucun reproche.

Je prenais un malin plaisir à choisir mes menus de la semaine, car j’en étais sûr, l’appétit était revenu. La femme de service m’avait confirmé que du fait d’un manque de personnel, mon lit ne serait pas refait. Tomber malade en période estivale n’était pas une bonne idée, passer son week-end à l’hôpital dans cette même période était une moins bonne idée encore.

Je m’emmerdais fermement en espérant l’heure du déjeuner, ma vie se résumait à dormir, manger, satisfaire mes besoins naturels, et attendre, toujours attendre. Je sentais l’adrénaline monter en moi et commençais à en vouloir à ces milliers de gens qui étaient en vacances parce qu’ils n’étaient pas malades, eux. L’injustice, ce sentiment qui me tenaillait à chaque fois que le découragement prenait chez moi le pas sur le reste, cette injustice que je ressentais au plus profond de mes veines, me rendait haineux, envieux, je n’aimais pas traverser ces périodes de crises. Il fallait impérativement que je me détourne l’esprit vers autres choses, la télévision était là pour m’y aider.

J’étais parcouru de frissons, je craignais l’arrivée des tremblements et d’une nouvelle charge virale, il n’en fut rien. Le repas s’était bien déroulé, après les efforts du matin, le réconfort. Je goûtais donc à présent d’un repos bien mérité.

Je n’avais pas réussi à fermer l’œil, et je ne savais vraiment pas pourquoi, d’autant plus que mon déficit en heures de sommeil était important. J’étais en train de remplir ma troisième grille de mots fléchés, quand Chantal et Eliane apparurent dans l’encadrure de la porte,  une bouffée d’oxygène qui me venait de l’extérieur et qui allait à coup sûr, apaiser mes tensions.

Hormis ma toilette qu’il n’était pas nécessaire de refaire, nos occupations ressemblaient à celles des jours précédents. J’apprenais d’abord les petits potins de quartier, Eliane m’aidait ensuite à terminer mes grilles de mots, Chantal lisait un livre. Puis je profitais d’un moment de silence pour fermer les yeux. La télévision le plus souvent en sourdine ne brisait pas ce moment de quiétude.

Le déroulement routinier de notre après-midi était ponctué par des visites un peu plus nombreuses en ce samedi 7 août, la plus agréable étant celle des mes deux petits enfants et de leurs parents de retour de vacances.  



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