D’augmentin en augmentin

L’hôpital avait retrouvé son agitation coutumière des débuts de semaines. Mes stores étaient relevés, le plateau de mon petit déjeuner attendait d’être desservi, et une nouvelle dose d’antibiotique coulait doucement dans mes veines. J’avais réussi à me laver, et à me changer. Ce lundi matin était un grand jour, je partais en expédition au service cardiologie, pour une exploration minutieuse de mon cœur. Il n’y a rien de pire que l’attente, j’étais donc un peu plus crispé qu’à l’habitude, et à chaque bruit de couloir, je tressaillais en pensant que le moment crucial de rejoindre la salle d’examen, était enfin venu.

J’étais assis dans un fauteuil roulant, énergiquement poussé par un brancardier qui me conduisait dans un dédale de couloirs jusqu’à l’ascenseur. Vêtu simplement de mon pyjama d’été, le vent provoqué par le déplacement rapide de mon fauteuil me faisait frissonner légèrement. Je déplorais de ne pas avoir une couverture sur moi, mais il était trop tard pour se lamenter, j’espérais simplement que ma négligence serait sans conséquence pour ma santé. J’attendais maintenant d’être pris en charge, soigneusement placé devant l’entrée du cabinet médical, anonyme parmi les anonymes, et j’observais les blouses blanches qui s’agitaient autour de moi, avec l’impression désagréable de ne pas exister à leurs yeux.    

Allongé sur la table d’examen, le torse nu, j’avais à présent carrément froid. Le gel que le praticien m’étalait sur la poitrine n’arrangeait pas les choses. J’entendais le bruit bizarre des battements de mon cœur, que l’appareil transmettait à mes oreilles. Le cardiologue passait sur moi une petite caméra et prenait des notes au fur et à mesure que les images apparaissaient sur son écran.

Je n’avais rien d’alarmant au niveau du cœur, le médecin espérait une amélioration rapide de ma forme et prévoyait des examens plus approfondis au cas où mon état n’évoluerait pas dans le bon sens. Je n’étais qu’à demi rassuré, car la réponse à mon affection était à chercher ailleurs. Au bout du compte je revenais au point de départ, l’énigme de ma présence entre ces murs, restait entière.     

Ce chamboulement avait été fatal au bon fonctionnement de ma perfusion qui était de nouveau bouchée par le reflux de mon sang. Il fallait changer le tuyau endommagé et repiquer mon bras à un autre endroit.

Toutes ces péripéties m’avaient amené rapidement à l’heure de midi. J’étais prévenu de la visite imminente du médecin responsable de ma prise en charge thérapeutique. Elle m’avait confirmé le diagnostic rassurant du cardiologue. Une nouvelle prise de sang était planifiée pour le soir, elle avait également prévu de faire effectuer sur moi, une échographie du foie et de la vésicule biliaire. J’avais soigneusement enregistré dans ma tête mon nouveau programme, tout en ayant compris que mon billet de sortie était loin d’être signé.

A raison de trois perfusions d’Augmentin par 24 heures, les piques de fièvres se manifestaient d’une manière un peu moins virulente, et je n’avais pas ressenti de nouvelles crises de tremblements depuis celle du mercredi 4 août au soir. Je n’osais espérer de ces signes encourageants, qu’ils soient la promesse d’une prochaine guérison.

Mon repas était achevé, je jouissais d’un repos bien mérité quand on frappa à ma porte. L’infirmière venait procéder à mon prélèvement de sang, elle m’informait aussi de mon déménagement prochain au service médecine, une place allait enfin s’y libérer.

J’avais attendu mon transfert dans une autre chambre tout l’après-midi, mais il n’avait pas eu lieu. Les visites s’étaient enchaînées, à un rythme soutenu, mon fils Romain était entre autres passé s’enquérir des nouvelles de son père, mais pour l’heure Chantal et Eliane prenaient congé de moi car la soirée s’avançait et qu’il était temps de partir diner. 

Il fallait se préparer psychologiquement à affronter la nuit. Je commençais à acquérir de l’expérience, je maîtrisais donc le problème un peu mieux, aussi l’endormissement devenait plus facile. Malgré sa grande discrétion, le personnel médical me réveillait systématiquement en pénétrant dans ma chambre,  mais il était à présent dans mes cordes de pouvoir me rendormir facilement. Lentement mais sûrement je récupérais le sommeil qui me faisait défaut.



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