Un garçon peu téméraire

Extrait du livre de mes mémoires

Si le coup de la vie pesait beaucoup sur les ménages, emprunter à la banque pouvait être une bonne affaire au regard des revenus qui augmentaient régulièrement, alors que le montant des remboursements resteraient quasiment fixe pendant toute leur durée.

J’avais géré mes finances de manière à disposer d’une somme convenable, sur un plan d’épargne logement qui proposait des prêts à taux relativement modestes.

Il nous restait qu’une seule chose à faire, franchir le pas, mais comme je n’étais pas un garçon très téméraire, la peur de ne pas être à la hauteur de mes ambitions, retardait fortement une prise de décision finale.

           

Grand-mère allait psychologiquement beaucoup mieux, la présence de plus en plus régulière de Chantal y était pour quelques choses. Elle pouvait désormais officiellement compter sur sa future petite fille pour l’aider à accomplir des tâches qui devenaient trop difficiles pour elle

Seul ombre au tableau son gros orteil la faisait toujours horriblement souffrir. Ses séjours à l’hôpital et ses différentes opérations avaient été des échecs successifs, et l’arthrose évoluait au point que sur les conseils de la famille Caillaud, j’avais pris la solution de consulter un spécialiste à Nantes.

Son addiction à l’alcool n’était pas aussi une chose tout à fait réglée, mais avec l’aide de Chantal, je me sentais beaucoup plus fort pour combattre le mal.

 

Mon chien était un animal sociable et bigrement gentil, il n’avait de cesse de nous prouver son affection. Il n’avait pas mis bien longtemps à adopter sa nouvelle maîtresse, ce qui lui donnait  maintenant une raison supplémentaire de faire la fête, lorsqu’elle franchissait l’entrée.

La maison profitait également de l’embellie de notre situation, car nous nous étions Chantal et moi décidées à faire enfin un grand ménage. Ce travail était devenu nécessaire car à la suite d’importants travaux publics, réalisés dans le quartier, les rats et les souris délogés des égouts,  avaient envahis les logements.

Chez moi ces vilaines bêtes se nichaient dans les cartons qui n’avaient pas encore été vidés depuis notre déménagement, et elles s’y étaient multipliées. J’avais acheté une dizaine de tapettes, et Georges, mon futur beau-père, m’avait conseillé également de les nourrir avec du plâtre et de l’eau. J’avais hâte de me débarrasser définitivement de ce fléau. Cette période d’infestation n’avait pas été des plus agréables, nos canaris en avaient fait d’ailleurs la triste expérience, car ils avaient été à moitié dévorés par ces envahisseurs qui avaient réussi à pénétrer dans la cage, appâtés par les graines des oiseaux.

Après cette désagréable expérience, Georges m’ayant considérablement aidé à restaurer notre petite véranda, nous étions des plus motivés pour continuer à assainir le reste des lieux, et nous profitâmes de cet élan de courage pour repeindre murs et fenêtres de la façade.

 

            Mars s’affichait au calendrier et les giboulées prenaient au dépourvu les promeneurs sans parapluie. En ce deuxième samedi du mois, j’étais donc en train de m’abriter sous un porche d’entrée, en attendant le retour du soleil, et je regardais en face de moi la façade du Foyer Moderne. C’était ici que je devais trouver tous les détails concernant le projet de création de la zone d’aménagement concerté des Turbaudières, et c’était la raison pour laquelle je me trouvais dans ce quartier, j’étais parti de chez moi dans l’intention de prendre un maximum de renseignements.

L’angoisse s’était brutalement emparée de moi, et à présent j’étais tétanisé, incapable de traverser la rue, pour enfin franchir l’entrée de cet immeuble, qui n’avait pourtant rien d’une forteresse.

D’une cabine téléphonique j’avais fait appel aux conseils bienveillants de ma cousine de l’avenue Bonaparte qui me proposa finalement de m’accompagner la semaine suivante.   

J’avais réussi pendant ces huit jours, à glaner quelques informations sur ce quartier moderne qui allait bientôt sortir de terre, et je savais à présent que ses habitants disposeraient d’une école maternelle et primaire, d’un collège, d’une piscine et d’une zone commerciale. Environ sept cent pavillons et quelques immeubles occuperaient la zone.

Les giboulées étaient encore au rendez-vous ce samedi dix neuf, Chantal étant au travail, se fut donc accompagné uniquement de ma cousine, que je pénétrai dans l’antre du loup, et que j’en sortis avec une large idée de ce que serait très vite ma nouvelle vie.

Mon nom figurait à présent sur la liste des acquéreurs potentiels d’un terrain, il fallait attendre la fin des travaux de viabilisation, et donc la lettre officielle de convocation du Foyer Moderne, pour que nous choisissions notre parcelle sur le plan cadastral, en cours de finalisation.

J’étais convaincu que ce courrier n’arriverait pas de si tôt, aussi sans plus attendre j’avais averti Chantal de ma démarche, et nous avions repris nos activités quotidiennes, sans réaliser le moindre instant que nous avions des dispositions de toute urgence à prendre, pour que la signature définitive du contrat de vente soit possible.

 



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