La vilaine aventure de Bonaventure

Mon colocataire était lui aussi bien fatigué. Il n’avait quasiment rien mangé se son repas. Maintenant que le silence était revenu, et que nous étions seuls, il goûtait d’un repos bien mérité. Il semblait souffrir car de petits gémissements s’échappaient d’entre ses lèvres. J’ignorais l’origine de ses crises, mais lorsqu’elles se déclenchaient, son corps tout entier se crispait, et son visage grimaçait de douleur. Il n’avait ni la force, ni l’envie de regarder la télévision, je pus choisir mon programme télé, en essayant de ne pas le déranger.

Comme je le craignais, ma nuit avait largement été troublé par le comportement quelque peu étrange de mon voisin. Je ne pouvais pas compter le nombre de fois qu’il s’était levé pour se rendre aux toilettes, sans doute fortement gêné par une prostate récalcitrante. Ne retrouvant pas ses marques dans cet environnement médical, il me donnait l’impression d’être désorienté, et j’hésitais parfois à appeler une aide soignante. Me sentir responsable des faits et gestes d’une tierce personne, avait l’avantage de me faire oublier ma propre condition, mais l’inconvénient de me priver d’un précieux sommeil.

L’équipe de jour s’agitait dans le couloir, et de mon lit j’apercevais un rai de lumière passant sous la porte de ma chambre, une nouvelle journée allait bientôt commencer.

Deux aides soignantes s’afféraient autour de moi, à vérifier les constantes, pouls, tension artérielle, et température. Pour la première fois depuis mon arrivée, je venais de recevoir une information intéressante : ma fièvre avait disparu.

Mon compagnon de galère s’appelait Bonaventure, un nom bien mal approprié pour l’aventure qu’il était justement en train de vivre. Un brancardier venait le chercher pour le conduire en dialyse. Je devinais tout à coup que son état de santé était encore moins brillant que ce que j’avais pu m’imaginer. 

Un nouvel électrocardiogramme étant programmé pour moi, l’infirmière était rentrée dans la chambre après le départ mouvementé de Bonaventure. Elle m’avait confirmé le résultat normal de l’examen, et m’avait également informé du rendez-vous prévu le lendemain matin pour mon échographie du foie et de la vésicule biliaire.

Je pouvais vaquer à présent à mes occupations favorites, car les blouses blanches ne réapparaîtraient pas de sitôt. 

Le déjeuner avalé, je m’accordai un petit moment de sieste pour réparer un peu de fatigue de la nuit. Comme à l’habitude je n’avais pas pu dormir, sans doute à cause du bruit provenant du couloir, et parce qu’une femme de service était rentrée,  pour récupérer mon plateau.

Bonaventure avait retrouvé son lit, sa bavarde épouse était à son chevet. Faute d’urologues à l’hôpital, il avait obtenu son billet pour un petit voyage à la polyclinique, un grattage de la vessie était prévu à son programme pour le lendemain.

Chantal et Eliane avaient suivi leur idée de m’offrir un lecteur MP3 et étaient passées dans une grande surface pour en faire l’achat. J’apprenais les rudiments de fonctionnement de l’appareil qui allait sans aucun doute agrémenter les moments les plus monotones de mes journées.  

Jour après jour, parents et amis se succédaient au pied de mon lit, certains venaient même pour la deuxième fois. Annick qui se déplaçait de Clisson pour me rendre visite, m’avait demandé des nouvelles de ma tumeur logée à hauteur de l’épaule gauche. Après ma première chimiothérapie il m’avait semblé que cette excroissance avait considérablement diminué, je constatais présentement que cette vilaine grosseur reprenait de la vigueur. Mes craintes de constater une recrudescence de la maladie s’avéraient exacts.

Notre chambre était de nouveau bien encombrée par nos visiteurs respectifs, Bonaventure naviguait dans un autre monde, sa femme alimentait largement la conversation à la place de son mari. L’infirmière qui venait de me susurrer dans l’oreille, n’attendait que mon accord, pour mettre tout le monde à la porte. J’avais répondu par un sourire, je ne voulais pas d’un incident diplomatique.

Nous avions fini par retrouver notre tranquillité des fins de soirées.  Chantal et Eliane avaient attendu comme à l’habitude que j’achève mon repas, pour prendre congé de moi.     



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