Musique et thérapie

Cette soirée de mercredi ressemblait  comme une sœur à celle que nous avions vécue la veille. Mon voisin somnolait à défaut de trouver le sommeil. Il poussait de timides gémissements, confirmant que sa souffrance était omniprésente. La télévision ne l’intéressait pas davantage que le jour précédent, et j’avais maintenant la confirmation de ses absences de mémoire ayant été témoin à l’heure du diner de ses démêlés avec la femme de service, qui lui avait apporté son repas. Il était certain de ne pas avoir commandé une partie du menu, j’étais quant à moi certain de l’inverse. Je n’étais pas intervenu dans une conversation qui ne me regardait nullement.

Les multiples perfusions sous cutanée que j’avais subies depuis une dizaine de jours commençaient à faire du dégât. Les infirmières avaient piqué par alternance le bras droit et le bras gauche, mais à présent mes veines manifestaient leur révolte.

La chambre était plongée dans le noir, et je m’apprêtais à gérer ma nuit. Je n’étais pas à l’aise du bras gauche, de l’épaule jusqu’au poigné, une très légère douleur me titillait, et je percevais une sensation de lourdeur. Très vite je pus constater un gonflement important du membre, ce qui me fit appeler l’infirmière de garde. Bien que sceptique, elle ne voyait pas d’autres explications qu’une extravasion et changer la perfusion de côté devenait un impératif. Elle s’était rapidement exécuté et m’avait appliqué une compresse chaude imbibée d’alcool. L’incident était clos, je pouvais désormais m’endormir.

Il était minuit, et mon voisin donnait l’impression d’être encore plus désorienté que la veille, car il s’activait à faire sa toilette avant de partir à la clinique. J’étais décidé à ne pas intervenir, j’espérais simplement le voir se recoucher au plus vite. Il s’était effectivement recouché, mais avait recommencé de plus belle ses navettes entre son lit et les WC.    

Le coq n’avait pas encore chanté, et pourtant une certaine effervescence régnait dans la chambre. En pleine lumière, deux ambulanciers s’afféraient autour de mon voisin pour le déplacer sur un brancard. L’opération avait été relativement rapide, mais l’effet de surprise suffisamment efficace pour m’interdire toutes possibilités de retrouver le sommeil. 

A 6 heures de matin, il me restait pas mal de temps à tuer avant l’arrivée de l’équipe de jour. Cette nuit fortement agitée m’avait occupé l’esprit, mais maintenant que le silence régnait, de vilaines pensées colonisaient mon cerveau. J’étais saturé de tous ces examens médicaux, et voilà que cette journée débutait par une nouvelle échographie en l’occurrence celle du foie et de la vésicule biliaire.

Je n’avais pas avalé mon petit déjeuner avec le plaisir habituel, car j’appréhendais cette nouvelle exploration de mon corps. Je ne sais pas très bien pourquoi mais c’était dans la position allongée que j’arpentais les couloirs poussé vigoureusement par un brancardier visiblement de retour de vacances, en raison d’un visage particulièrement halé

Une secrétaire me susurra à l’oreille de patienter avant l’arrivée du docteur. J’avais un avantage par rapport à mon examen du lundi précédent, c’était qu’un drap me protégeait de la fraîcheur relative des lieux.

J’étais libéré de toutes formes d’angoisses, même si je ne savais pas réellement ce qu’on allait m’annoncer. Le praticien m’avait fait descendre de mon brancard et j’étais désormais son otage, allongé sur sa table d’examen. Il me posa quelques questions, puis m’appliqua sur le ventre ce fameux gel qui me fit encore une fois frissonner. Les minutes me paraissaient des heures, l’homme prenait régulièrement des notes mais ne faisait aucun commentaire. Comment fallait-il que j’interprète son attitude, une boule serrait ma gorge, je n’avais qu’une seule envie, celle de m’enfuir en courant.   

Je n’avais pas eu un seul mot de la part du médecin. Tellement fatigué de trop de mauvaises nouvelles,  j’avais soigneusement évité de l’interroger. Je voulais simplement regagner ma chambre, et faire en sorte d’oublier cette nouvelle épreuve pour mes nerfs, une manière à moi de me protéger.

La musique étant une bonne thérapie, je n’hésitai pas de me déstresser en plaçant mes écouteurs aux oreilles, le MP3 offert par ma famille était particulièrement la bienvenue dans ce moment difficile.  



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