Traitement de consolidation

En fauteuil roulant, j’attendais dans le couloir que l’on veuille bien s’occuper de moi. Je n’étais pas à l’aise avec mon bras, et l’accoudoir très inconfortable m’empêchait de le tenir correctement en repos. J’avais de plus en plus de doute sur la responsabilité de ma perfusion dans l’apparition de cet œdème, à l’inverse je faisais de plus en plus de corrélation entre cet œdème et ma tumeur à l’épaule. Il fallait essayer de penser à autres choses, car le pessimisme ne m’aiderait en rien à conserver un esprit combatif.

Une jeune femme frêle était venue me chercher, elle se plaignait de pousser un fauteuil trop lourd pour elle, craignant un mal dos à venir. Elle m’expliquait que lorsqu’il s’agissait de manœuvrer, la plupart du temps le fauteuil restait bloqué, et elle n’avait pas la force de redresser les roues. Ensuite elle grommela entre ses dents des paroles inaudibles, puis insista pour que je marche. Je m’exécutai, mais en ayant bien du mal à poser un pied devant l’autre. Elle avait compris qu’il valait mieux prendre un risque pour son dos, plutôt que d’être déclarée responsable de la chute de l’un de ses malades. Les examens radiologiques ne furent que l’affaire d’un quart d’heure, et maintenant je poirotais dans une salle d’attente sombre et peu accueillante, qu’un brancardier soit disponible, pour me raccompagner dans ma chambre. 

A midi sonnant, Bonaventure était revenu de sa dialyse, mais s’apprêtait à partir  pour son intervention chirurgicale à la clinique. Il n’avait pas l’autorisation de manger, et ne semblait pas particulièrement inquiet de ce qui l’attendait. L’homme était peu loquace, lorsqu’il ouvrait la bouche, c’était plutôt pour se parler à lui-même. J’avais compris que la sérénité qu’il affichait,  venait du  fait qu’il ne comprenait rien du sort qui lui était réservé.

La promesse de retirer ma perfusion n’était pas tenue, j’étais de plus en plus agacé d’être contraint à supporter cette aiguille dans mon poigné. De plus je surveillais gonflements et rougeurs de la peau, je redoutais en effet de devoir être repiqué, car il devenait de plus en plus difficile de trouver une veine qui soit suffisamment saine pour tolérer l’injection.

La petite heure qui me séparait de l’arrivée de ma famille était habituellement un peu longue. Cet après-midi de vendredi était une exception, la chambre était encombrée d’une part par des ambulanciers qui installaient mon voisin sur un brancard, et d’autre part par une femme de service qui s’affairait à vider le cabinet de toilette et le placard de Bonaventure qui me quittait pour son opération. J’ignorais à ce moment là que je ne serais pas amené à le revoir.   

Chantal et Eliane étaient présentes pour assister à la désinfection du lit. Je ne sais pas bien pourquoi, mais une aide soignante était venue remplacer le matelas existant, par un matelas gonflable automatique. Il n’était pas prévu de remettre des draps car Bonaventure avait des chances de ne pas réintégrer la chambre, au moins durant le week-end.

Les constantes de 16 heures, confirmaient la disparation définitive de la fièvre, j’en avais profité pour rafraîchir la mémoire de l’infirmière à propos du retrait possible de ma perfusion. Elle m’avait répondu qu’elle n’avait pas reçu d’ordres.

Deux amis, étaient au pied de mon lit. Elisabeth qui était remontée de la région parisienne, et Patrice qui mariait son fils le lendemain. Ils compatissaient à ma peine, et  étaient désolés pour nous, car toute la bande des St Légeois était invitée au mariage, et à cause de mon état, nous avions dû Chantal et moi décliner l’invitation.

Nombreux visiteurs avaient franchi la porte de la chambre durant la semaine, mais avec l’arrivée du week-end, l’effervescence allait forcément retomber, il fallait donc se préparer à retrouver des grands moments de solitude.

Les émissions de début de soirée étaient déjà commencées, quand le médecin responsable de mon traitement thérapeutique approcha de mon lit, pour m’informer des derniers résultats me concernant. Les dents et les sinus n’étaient pas responsables de ma présence en ces lieux. Le corps médical abandonnait l’idée de trouver l’origine de mon infection, l’essentiel étant que l’Augmentin avait été le plus fort, et que ma dernière prise de sang ne présentait plus de trace de virus. Mon interlocuteur allait donner l’ordre de retirer ma perfusion, et prévoyait pour moi, la prolongation des antibiotiques, mais administrés cette fois par voie orale. Une sortie était envisageable le lundi, le délai qu’il jugeait nécessaire pour surveiller l’efficacité de ce nouveau traitement de consolidation. 

 

 

 

 

 



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