Une partie pas totalement gagnée

J’avais perdu l’espoir d’être enfin libéré de mes entraves, c’était sans compter sur l’infirmière de nuit. L’équipe de garde était venue me baisser mes stores et le silence de ma chambre n’était troublé que par le son provenant de mon récepteur télé. L’excellente émission ‘’Chez Maupassant’’ (séries de petits films relatant la vie paysanne et bourgeoise du 19ème siècle) captait toute mon attention, en me faisant oublier mon lit d’hôpital. Au moment où je m’y attendais le moins, la porte s’ouvrit brusquement sur le visage de l’infirmière qui ne mit que quelques secondes à me débarrasser d’un matériel devenu très encombrant. Elle me précisa également avant de me souhaiter une bonne nuit, que pour remplacer la perfusion, un sachet à diluer dans l’eau, serait joint à mon petit déjeuner, le lendemain matin. Un ouragan était passé emportant avec lui le poids de onze jours de servitude, je me sentais à présent débarrassé de mes chaînes, ma convalescence pouvait réellement commencer.

Bien que contraint et forcé, je n’avais jamais pu m’habituer à dormir sur le dos. Cet état de fait, avait largement contribué à la dégradation de ma qualité de sommeil. Retrouver l’indépendance de mes mouvements ressouderait sans conteste une grande partie de mes problèmes d’insomnie.

En ce matin du samedi 14 aout je constatais les bienfaits de mon autonomie retrouvée, mon mal de dos, mon mal de fesse, mes jambes ankylosées, toutes ces petites douleurs s’étaient envolées en même temps que l’obligation de garder cette position dorsale, dont je voulais à tout prix ne plus me souvenir.

L’instant angoissant de la prise de température était passé, je pouvais apprécier à la hauteur de mes espoirs retrouvés, le petit déjeuner qui m’était servi.

La partie n’était pourtant pas totalement gagnée, car si j’arrivais péniblement à faire ma toilette, en revanche je me sentais incapable de faire quelques pas dans le couloir, sans accompagnateur, je restais donc prisonnier de ma chambre, en attendant l’autorisation médicale, de quitter les lieux.  

Comme le week-end passé, je savais que le personnel ne se bousculerait pas à mon chevet, il fallait ôter mes yeux de la pendule, et m’épargner l’ennui, les grilles de mots fléchés et mon MP3 étaient à ma disposition,  pour y pourvoir.

L’encombrant pied à perfusion en moins, et ma hantise d’une remontée de sang dans les tuyaux n’ayant plus lieu d’être, j’appréciais de pouvoir me tenir debout devant une fenêtre à regarder la vie s’écouler à l’extérieur. La journée s’annonçait belle, et j’avais une pensée pour Patrice et Odile qui devaient être dans l’effervescence du mariage de leur fils Sylvain. Il allait bientôt être l’heure du déjeuner, et il était temps pour moi de retrouver mon fauteuil, d’autant plus que mes jambes vacillaient un peu.

Comme tous les jours depuis mon arrivée en ces lieux, Chantal et Eliane me ramenaient une bouffée d’oxygène. Ma maladie leur imposait cet enfermement à une époque de l’année où il faisait bon vivre au soleil, j’en étais sincèrement désolé mais je n’arrivais pas à les convaincre de diminuer les visites.

Etienne et Nadine revenaient pour la seconde fois à mon chevet, endimanchés des pieds à la tête, en l’honneur des mariés. Comme nous étions invités à 16h 30 pour le dessert, nous avions prévu de déjeuner tous ensemble au restaurant, avant de nous y rendre. Sans notre présence, Nadine nous annonça qu’ ils avaient préféré abandonner l’idée.  

 

 

 

 

  



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