La der des ders

Le téléphone n’avait pas beaucoup sonné depuis que je séjournais dans cet hôpital, mon cousin Alain ne pouvant se déplacer, m’avait appelé à deux reprises, mon fils Julien c’était manifesté également plusieurs fois, mais Chantal avait été ma principale interlocutrice jusqu’à ce jour. J’étais donc franchement surpris d’entendre le drelin-drelin de l’appareil à cette heure relativement tardive de la soirée. Mon étonnement avait été encore plus grand lorsqu’au bout du fil j’avais entendu la voix d’Odile suivie par celles d’Etienne de Nadine de Patrice, de Gaby, d’Elisabeth, de Catherine, et enfin de Jean, tous m’adressaient un message de compassion, me réaffirmant ainsi leur soutien sans faille depuis six ans que je me battais, contre le cancer. Cette maladie infectieuse, qui faisait l’objet de mon hospitalisation, représentait un obstacle supplémentaire à franchir dans les degrés de la souffrance et je commençais sérieusement à saturé de tant d’acharnement du destin. L’initiative de mes amis qui avaient quitté un instant leurs occupations festives, pour me parler, faisait partie de ces petites choses, qui me donnaient la force de garder malgré tout, la tête hors de l’eau. J’avais donc raccroché le combiné téléphonique avec dans le cœur un petit coin de ciel bleu, avant de replonger dans une nouvelle nuit de solitude.

Dans le silence et l’obscurité des lieux, je regrettais finalement la présence de Bonaventure et de ses va-et-vient aux toilettes. Seuls les puissants gémissements d’un malade faisaient échos dans ma chambre, et il était bien difficile de trouver un brin de sérénité dans cette atmosphère d’épouvante. Morphée me délivra finalement de mes démons.

L’agitation qui régnait dans le couloir, les rais de lumière qui filtraient entres les lattes des stores, tout semblait indiquer que la vie reprenait ses droits.

L’équipe de jour entourait mon lit pour les contrôles habituels. L’infirmière m’avait averti qu’elle repasserait dans la matinée pour une ultime surveillance de mon cœur. Elle cessait aussi les piqures de Calciparine, charge à moi de m’activer davantage.

De ma fenêtre il était facile de constater que nous étions un dimanche matin. Le parking du supermarché d’en face était vide, et la circulation automobile sur le boulevard, quasi nulle. Je pressentais qu’une journée longue et monotone m’attendait.

Repos dominical oblige, le personnel était peu nombreux pour s’activer autour des malades. En revanche le cuistot avait mis les petits plats dans les grands, honorant ainsi la coutume du repas dominical. L’amélioration de l’ordinaire donnait un petit air de fête dans l’esprit du patient que j’étais, et l’idée de voir enfin apparaître le bout du tunnel, me réarmait de patience.  

Mon plateau repas débarrassé, mon électrocardiogramme effectué, j’étais sûr de ne plus voir de blouses blanches avant les constantes du soir.  

A défaut d’une présence humaine, la télévision m’apportait un semblant de vie, et en fermant les yeux j’avais même réussi à somnoler quelques instants.    

Chantal et Eliane amenaient avec elles une bonne nouvelle, la famille Gautier junior venait passer une partie de l’après-midi, en notre compagnie. Je pouvais compter sur Mateo et Ethan pour causer de l’animation et me procurer du bonheur.

Jean et Doris, mon beau-frère et sa femme étaient également venus me distraire, 24 heures avant cette libération longuement espérée.

La der des ders, c’était la pensée qui m’était venue à l’esprit lorsque la porte s’était refermée sur ma solitude.



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