Cataclysme

Samedi 27 novembre 2010, il fait gris et froid. L’hiver s’est invité avant l’heure Je n’ai pas envie de sortir pour attraper un mauvais virus, et me retrouver par ma négligence dans ma très vilaine situation du mois d’aout dernier. De toute façon je suis barbouillé et ma nuit à été perturbée par ces nombreux reflux gastriques qui m’accompagnent plus ou moins intensément dans mon quotidien. Hier correspondait au sixième anniversaire d’un bien méchant souvenir, je n’ai rien oublié de cette visite chez mon médecin annonciatrice de l’arrivée de gros nuages noirs sur mon existence.

Vendredi 26 novembre 2004, une journée parmi tant d’autres, j’achevais une nouvelle semaine de travail, mais je ne devais pas rentrer immédiatement à la maison, car je devais me rendre chez mon généraliste pour recevoir ses commentaires à propos d’un bilan thyroïdien effectué sur moi, quelques jours plus tôt. J’étais fatigué c’est la raison pour laquelle j’avais avancé la date de mon prélèvement sanguin, et donc du rendez-vous chez mon praticien.   

L’hypothyroïdie de type Hashimoto dont j’étais atteint me conduisait régulièrement dans son cabinet, pour un renouvellement ou une modification de mon traitement, et il se trouvait que ce jour là  ma prise de sang étant bonne, mon ordonnance avait donc été rédigé d’une manière identique à celle que j’avais reçu trois mois auparavant.

Mon état de santé ne présentait pas d’inquiétude particulière, mais par routine je fus quand même ausculté. La palpation de mon ventre révélait une anomalie, que mon médecin situait au niveau de la rate, il souhaitait une échographie.

Sa conversation ne laissait rien paraître de ses préoccupations, à l’inverse j’avais décelé dans l’expression de son visage une sorte de légère crispation qui m’avait alerté plus qu’un long discours. Ordonnance en poche je rentrais chez moi soucieux mais espérant que rien de méchant ne soit en train de m’arriver. J’étais loin de me douter en montant dans ma voiture, du cataclysme que nous nous apprêtions à vivre, ma famille et moi.   

 

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

 

La direction des transports Graveleau avait décidé de supprimer la navette, en contrepartie elle accordait une prime de transport au personnel ne résidant pas sur son lieu de travail. Si cette mesure paraissait équitable pour la majorité des gens, pour moi en revanche elle ne représentait surtout pas une avancée sociale. Privé de véhicule, il me fallait trouver une solution pour me rendre à mon travail, et je ne pouvais pas acheter une seconde voiture, sans compromettre notre projet immobilier. Heureusement la solution vint d’un collègue qui habitait Cholet et qui préférant sa liberté, n’avait jamais voulu profiter d’un transport en commun gratuit Il était ravi de pouvoir enfin alléger sa facture d’essence et acceptait cette fois les contraintes du covoiturage. Claude habitait en plein centre ville, et je n’exigeais pas de lui qu’il me ramène jusqu’à mon domicile. Il me déposait systématiquement à hauteur du théâtre, et je devais marcher un bon quart d’heure avant de rentrer chez moi. Cet exercice physique me faisait du bien, car je ne pratiquais pas de sport et de par  la nature de mon métier, j’étais également continuellement assis derrière un bureau.

Les jours s’égrainaient au calendrier et le printemps avait vécu ses derniers moments. Ce lundi 27 juin  j’avais terminé ma journée de travail, et j’étais rentré comme à l’habitude à pied, après avoir été déposé par Claude en centre ville. Une lettre m’attendait sur le buffet de la cuisine. L’enveloppe portait l’entête du groupe immobilier, et je savais que ce courrier revêtait une importance capitale pour mon avenir. Il datait du samedi 25 juin et précisait qu’un certain nombre de terrains étaient maintenant à ma disposition sur la zone des Turbaudières. La direction me donnait un délai de 8 jours pour me présenter au bureau au-delà duquel mon inscription serait caduque. Chantal devait venir me voir dans la semaine, elle ne travaillait pas le samedi suivant car nous étions invités au mariage de Patrice et Odile, nous aurions le temps de nous présenter au rendez-vous, avant de fêter nos amis.

Je ne réalisais absolument pas que ma vie était en train d’accélérer, un terrain oui, mais pour une construction dans un an, ou peut-être plus, c’était du moins ce que je pensais. Nous n’avions pas non plus pris la peine de nous renseigner sur les réglementations en vigueur concernant l’attribution d’un prêt, donc tout allait bien dans le meilleur du monde. La semaine s’était déroulée sans plus de stress que d’habitude, et je m’étais réveillé le samedi 2 juillet au matin, en pensant davantage à la fête qui se préparait, plutôt qu’à notre passage  aux bureaux du Foyer Moderne, la démarche  n’étant d’ailleurs dans ma tête, qu’une simple formalité. 

La douche avait été glaciale, nous étions célibataire notre dossier était nul et non avenu sauf si nous régularisions la légitimé de notre couple par le mariage. Devant notre insistance et la promesse de faire le nécessaire pour faire avancer notre projet, nous avions eu la possibilité de choisir notre terrain : le lot no 23 d’une superficie de 556 m2.

La nouvelle de notre passage obligé  devant monsieur le maire avant les trois prochains mois, avait eu l’effet d’une bombe, au sein de la famille Caillaud.

En ce jour doublement événementiel du 2 juillet, le temps était radieux, pour fêter dignement le mariage de Patrice et Odile. Ciel bleu et soleil étaient également de la partie pour rajouter un zeste de solennité et de joie, à l’annonce officielle de l’un des  engagements le plus important de notre vie, la construction de notre foyer.

Denise trouvant l’occasion trop belle, avait voulu fixer sur la pellicule et pour la postérité, ce moment inattendu au calendrier. Nous nous étions prêtés de bonne grâce aux exigences de notre photographe à condition d’aller vite, car les cloches de l’église sonnaient l’arrivée prochaine du cortège nuptial, notre place était donc sur le trottoir pour applaudir le défilé.

La journée s’était déroulée dans les meilleures conditions possibles, et nous avions profité du grand nombre de personnes rencontrées pour propager l’information.

 



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