Le grain de sable

Lundi 29 novembre 2010 la nuit a été catastrophique, le Sutent produit des effets indésirables qui portent bien leur nom. L’aérogastrie dont je suis affligé provoque des éructations excessives et parfois accompagnées de brûlures, de plus une inflammation du tube digestive me donne la sensation de ne plus pouvoir déglutir. Les deux réactions associées ne m’ont pas permis de dormir d’un sommeil réparateur, et je suis à présent complètement dans le cirage.

Le temps à l’extérieur est toujours aussi froid, mais aujourd’hui le soleil semble vouloir percer à travers les nuages. Il me faudra m’armer de courage pour sortir cet après midi, mais ce courage sera nécessaire si je ne veux pas sombrer dans la mélancolie.

En attendant je fais un peu de ménage dans mes papiers. Mon dossier entreprise est inutilement surchargé de documents en tous genres et je tombe intentionnellement sur mon diplôme de médaillé datant d’il y a six ans, sa lecture me rappelle quelques souvenirs.

En effet le 25 juin 2004 j’avais reçu à l’occasion d’une petite fête organisée par l’entreprise la médaille vermeille couronnant 30 années de présence au sein de l’établissement. En fait en août de cette même année, j’avais terminé ma 31ème année d’ancienneté et entamé la 32ème. Le parcours avait été quelquefois parsemé d’embûches, la dernière en date ayant été à l’origine d’une très grave dépression qui m’avait écarté plusieurs mois de la vie active.

J’avais énormément fait de travail sur moi-même pour vaincre ce mal être qui m’avait mis littéralement au tapis, j’avais appris à faire la part des choses, et à prendre de la distance avec ma profession de commissionnaire en douane, et avec mes soucis liés essentiellement aux rapports difficiles que j’entretenais avec l’administration. Donc cette embellie m’avait permis de reprendre confiance en moi, et j’avais à présent en charge la responsabilité d’une partie des importations asiatiques des entreprises du choletais, et je gérais aussi le dédouanement et le suivi administratif d’un gros client vendéen, ce qui m’amenait parfois à quelques déplacements à ses entrepôts situés à quelques encablures de le Roche sur Yon.

Retrouvé mon équilibre mental, avait été pour moi comme une renaissance. J’arrivais presque tous les matins au bureau, serein décontracté et sûr de moi, tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Pourtant cette journée du lundi 29 novembre 2004 ne faisait pas partie de celle où mon enthousiasme et ma bonne humeur transparaissaient sur mon visage, car le souvenir du faciès troublé de mon médecin généraliste, revenait en boucle dans mes pensées.  

J’ignorais encore la nature de ce grain de sable qui venait dérégler de nouveau les rouages de mon existence, et je haïssais intensément de devoir vivre ces longs moments d’incertitudes.

 

Extrait du livre des mémoires

 

Tous ces évènements enchaînés les uns aux autres m’avaient donné le tournis, le temps s’était brusquement accéléré et à mesure que nous nous approchions du jour j, notre emploi du temps devenait de plus en plus chargé. Par tradition nous allions porter nous-mêmes les faires-parts aux familles les plus proches, ce qui signifiait presque toujours l’obligation de rester déjeuner ou dîner. Les amis insistaient également pour que nous fassions honneur à leur repas, ainsi presque tous les jours de la semaine nous étions amenés à sortir de chez nous. 

A l’époque les couples ne vivant pas ensemble avant le mariage, la cagnotte telle que nous la connaissons aujourd’hui n’existait pas. Les us et coutumes voulaient qu’une liste soit établie par les futurs époux, et que les cadeaux soient présentés le jour de la cérémonie, le plus souvent chez les parents de la mariée.

En cette fin des années 70, la situation avait évolué un peu, car les jeunes couples confiaient désormais la gestion de cette liste à une maison spécialisée, et il n’était plus question d’aménager un musée improvisé chez les parents. 

Je n’avais pas l’argent nécessaire pour mener de front la construction d’une maison, et financer une journée de noce. Il me fallait faire preuve de beaucoup de diplomatie pour bousculer un ordre établi depuis des décennies. Bien involontairement je devenais un précurseur en la matière, m’offrir de l’argent plutôt qu’un présent,  mes oncles et mes tantes avaient bien compris mon dilemme, et mes craintes de les froisser, c’étaient immédiatement dissipées.

Chantal de son côté n’avait pas les mêmes difficultés, ses parents supportaient les frais de la journée. Nous pouvions donc nous rendre chez un spécialiste des arts ménagers, et choisir une kyrielle d’articles en tous genres, pour satisfaire les budgets des plus modestes jusqu’aux plus larges. Le vendeur ne se privait pas de nous encourager à garnir en quantité, notre table de présentation, son chiffre d’affaire en dépendait.

Odile notre mariée mémorable du 2 juillet, travaillant dans une bijouterie, s’était chargée de nos alliances, et nous avions eu le privilège de les choisir tranquillement chez elle, et devant un bon dîner.

Enfin nous étions retournés chez le restaurateur avec ma future belle-mère pour choisir le menu, et mon futur beau-père m’avait accompagné au moment d’acheter le vin. La boucle était bouclée.

 



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