Des combats à mener

J’avais beaucoup saigné du nez au moment du dîner, pourtant je ne voulais pas rater l’interprétation de Carmen, et nous étions donc partis à l’heure convenue.

Un bon concert, mais offert presque à regret, c’était l’impression que nous avions ressenti à notre sortie du théâtre. De ce fait, il n’était pas beaucoup plus de 22 heures quand j’avais éteint la lumière de la chambre, il y avait bien longtemps que nous nous n’étions pas couché si tôt. Le froid qui m’avait envahi le corps au début de l’après-midi disparaissait lentement grâce à l’effet bienfaiteur de mes couvertures, mais je ne trouvais pas pour autant le sommeil, il fallait être patient, en six ans, j’ai appris à l’être.

Mercredi 1 décembre 2010, je me réveille excessivement fatigué, sans doute à cause de ma chimiothérapie, il ne faut pas chercher d’autres explications. Je manque de courage pour entamer cette nouvelle journée, et pourtant je n’ai pas le choix, il faut se lever et se préparer à supporter une prochaine offensive de mon corps, en révolte perpétuelle contre le puissant médicament que je lui impose depuis le mois de juin dernier. Je n’ai pas très envie de prendre un petit déjeuner, je livre donc à cet instant mon premier combat de la journée, en me forçant à avaler quelques choses. Je n’éprouve aucun plaisir à mastiquer ou à boire des aliments complètement dénaturés de goût. J’ai bu jusqu’à la dernière goutte, un café fortement amer bien que sucré, et maintenant j’ai la nausée, il faut attendre que le malaise s’estompe. Ma toilette va être un calvaire, car il faut se déshabiller et j’ai déjà terriblement froid, en attendant je préfère prendre le plaisir et le temps de lire le journal.

La météo annonce un radoucissement des températures pour le week-end, heureusement car je suis comme un escargot complètement recroquevillé dans ma coquille. Ma tension est toujours aussi élevée, il faudra que j’en fasse la remarque à mon médecin lors de ma prochaine visite. En ce moment mon cœur s’est assagi, et j’apprécie énormément ce répit, car ses accès de folie me laissent à chaque fois sur le carreau. Mon bras me titille toujours un peu, la douleur est supportable, et j’essaie de ne me pas me focaliser sur le problème.

Maintenant que j’ai fait le bilan de mon état de santé, il faut me résigner à rejoindre la salle de bain. Mes ablutions sont des plus rapides, je n’ai qu’une hâte, m’habiller pour tenter de récupérer un peu de chaleur.

Une expédition jusqu’à la boulangerie d’Intermarché est inscrite au programme habituel, j’enfile mon bonnet, mes gants, je mets une écharpe et mon blousons. Le vent me pique les yeux et me fait pleurer. La marche me fait du bien et je me sens moins fatigué qu’au levé du lit. Après celle du petit déjeuner, je viens de gagner la seconde grande bataille de la journée ne céder ni  devant la fatigue, ni devant le découragement.

Je ne me suis effectivement pas pressé à faire le peu de travail que j’avais à faire, car je croise Chantal qui rentre à pied de ses deux heures de ménages, il doit donc être un peu plus de onze heures.

A mon retour, c’est presque le moment de déjeuner. Je n’ai pas faim, mais je sens moins de répulsions à absorber mon repas que celui du matin.

Comme à l’habitude je n’ai pas entendu le début des informations, ma sieste quotidienne m’aide à résister aux différents assauts de la maladie.

Aujourd’hui il est hors de question de sortir battre la campagne, de plus Georges et Jeannette viennent nous rendre visite. Il neige un peu, notre oncle et notre tante décident de ne pas prolonger la discussion, ils sont là depuis assez longtemps et comme on ne peut présager de l’avenir, ils préfèrent circuler sur des routes qui ne soient pas menaçantes. 

Leur présence m’a fait oublier l’engourdissement de mon corps, je pense que seul le confort de mon lit, viendra à bout de cette sensation désagréable de froidure au bout de mes doigts.

Mes fosses nasales sont bouchées, je n’ose pas évacuer le mucus de peur de saigner de nouveau, je me souviens qu’en sortant de l’hôpital, une infirmière m’avait laissé du sérum physiologique, j’en use et j’en abuse, car outre la sécheresse et la douleur de mon nez, je sature de devoir très mal respirer, de plus j’ai mal à la tête.

Le diner n’est pas un moment de réjouissance, pourtant je fais honore à la cuisine, j’ai diminué sérieusement ma ration d’aliments et je recommence à maigrir, il faut donc éviter de perdre encore davantage de poids.

Finalement ce mercredi n’est pas à classer dans les listes des journées noires, je n’ai réellement mené que deux combats, et je les ai gagnés tous les deux.



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