Votre carte vitale monsieur

D’un côté,  j’avais envie de prendre mes jambes à mon coup afin de m’enfuir le plus loin possible de cet enfer, et de l’autre côté j’étais soulagé d’arriver au terme de cette période d’incertitude. Je me rassurais en pensant que finalement ce scanner n’allait rien me révéler de bien nouveau, il fallait simplement se résigner à suivre la procédure que m’avait indiquée mon médecin traitant, et espérer une opération au plus vite.

Nous avions rendez-vous relativement de bonne heure, j’étais à jeun, mais il me fallait avaler une quantité non négligeable d’un liquide blanc et épais, pour que l’examen soit réalisable. Nous étions plusieurs à nous exécuter dans la salle d’attente et personne ne buvait le contenu de son flacon avec grand plaisir.

Mon nom avait été prononcé, je franchisais la porte de la pièce où était situé l’appareil, j’étais largement impressionné par la taille de la machine, mais j’étais de nouveau dénué de toute émotion, et obéissais machinalement aux ordres sans la moindre réticence.

Un produit de contraste m’avait été injecté dans le bras, de nouvelle indications m’avaient été données, et l’examen s’était terminé sans le moindre incident.

J’avais ensuite rejoint Chantal, et nous étions maintenant à l’affût des résultats, mon sort était désormais scellé. Nous entamions ce jour là, le début d’une longue série d’attentes toutes aussi insupportables les unes que les autres pour le malade et sa famille. A l’heure où j’écris ce texte je n’en connais pas encore la fin.

La porte de la salle d’attente était grande ouverte, docteur H était apparu au comptoir derrière sa secrétaire, il avait articulé mon nom suffisamment fort pour que je sorte le rejoindre.

Lui me tendant mon dossier : «  Je vous confirme ce que nous avions repéré l’autre jour, votre rein gauche est bien colonisé par une masse tumorale. J’ai remarqué aussi dans une moindre mesure, la présence sur votre rein droit d’une autre tumeur »  

Moi : «  Vous êtes en train de me dire que je suis foutu en sorte ? »

Le patricien qui se rendait compte un peu trop tard qu’il venait de faire une énorme bourde avait blanchi et prononçait à présent des mots que je n’entendais plus.

J’étais complètement tétanisé par la brutalité de l’information, aussi j’avais juste eu le temps de m’appuyer sur le mur pour ne pas tomber. Remis de cet étourdissement j’entendais de nouveau.

Lui : « Voyez avec ma secrétaire »

Sans le moindre brin d’humanité, il s’était ensuite enfui tout tremblotant, laissant à cette pauvre secrétaire le soin de réparer les dommages qu’il venait de m’occasionner.

Chantal était effondrée en larme, le pire pour nous  c’était que les gens qui patientaient dans la pièce d’à côté avaient assisté au déroulement entier de la scène, et que le respect de la confidentialité n’avait pas été préservé.

La secrétaire rouge écarlate et terriblement gênée : « Votre carte Vitale monsieur »

Moi : « Ce n’est pas ma carte Vitale que vous me demandez, c’est ma carte de mort »

Chantal et moi étions complètement figés,  pareils à des petits enfants perdus au milieu de la foule. Il fallait nous guider, la secrétaire avait compris que c’était à elle d’assumer, les conséquences de la maladresse de son patron.

Elle nous conduisait à présent dans un dédale de couloirs, jusqu’au cabinet des urologues. Elle susurra quelques mots à l’oreille de sa collègue, puis pris congé de nous. J’étais plus bas que terre, j’avais cessé psychologiquement de vivre. J’attendais assis au milieu de nulle part, Chantal était partie téléphoner aux enfants, nous étions totalement détruit.



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