La foi, un soutien spirituel fortement précieux

J’ignore combien de temps nous avions attendu d’être reçus, j’avais perdu toutes notions des choses, mais maintenant le docteur C s’entretenait avec nous, le personnage contrastait avec la brutalité et la froideur du radiologue que nous avions précédemment rencontré. Il avait examiné avec soins les clichés de mon scanner, et lisait attentivement le courrier qui accompagnait le dossier.

Ses explications étaient claires et précises, il ne me prenait pas pour un petit garçon car il savait que j’avais compris la gravité de ma situation, en revanche il s’appliquait à me faire comprendre qu’il y avait matière à se battre. L’urgent était d’opérer le rein gauche, la tumeur étant très étendue, il ne fallait pas risquer l’hémorragie. La petite saleté localisée sur le rein droit, suivant ses propres termes,  était de la gnognotte, une deuxième opération était inévitable mais elle pouvait attendre le mois de janvier.

Il me proposait de rentrer déjeuner et me reposer, puis revenir dans l’après-midi pour contacter un anesthésiste. Il faisait le nécessaire pour obtenir le rendez-vous, et prévoyait mon hospitalisation pour le lendemain. Il me promettait de me faire passer les fêtes de fin d’année, en famille.

Cette perspective rallumait la flamme qui s’était éteinte en moi, certes cette flamme était bien fluette, mais elle avait le mérite d’exister et de me donner une petite lueur d’espoir. Ma renaissance étant amorcée, la responsabilité m’incombait désormais de me montrer courageux au combat.

Toute la famille était présente autour de la table, Julien et Sophie étaient remontés d’Angers, Eliane et Romain étaient rentrés de leurs activités respectives. Les nouvelles étaient évidement mauvaises, il fallait donc pleurer, évacuer ce trop plein de stress que cette situation dramatique avait pu engendrer. L’urologue avait dit qu’il y avait matière à se battre, maintenant que nous avions atteint les flammes de l’enfer, nous n’avions pas d’autres choix que de remonter la pente. Conformément à ce que nous avions décidé, Chantal avait pris le téléphone pour avertir parents et amis de la situation, plus que jamais nous aurions besoin de leur soutien.

J’avais retrouvé mon fauteuil avec délice, je n’étais pas suffisamment détendu pour m’endormir mais j’avais quand même réussi à calmer ma tête qui semblait vouloir éclater.  

Une partie de l’après midi avait été consacrée aux démarches administratives, ma consultation auprès de l’anesthésiste n’avait été qu’une simple formalité, j’étais soulagé au soir de cette longue journée de cauchemar, de retrouver la quiétude de notre maison.

Patrice était venu me rendre visite, il avait reçu les informations me concernant,  par sa femme Odile, qui nous avait appelés pour annuler son invitation à diner du samedi à venir, à cause de l’état de santé de sa mère. Patrice était nerveux, il avait sans doute fait énormément d’efforts pour se trouver en face de moi. Pour lutter contre son agitation, il parlait sans cesse en évitant de me regarder dans les yeux. Pour lui, le pas le plus difficile avait été franchi, je savais que désormais je pouvais compter sur lui.

Mon lit était mon refuge, dans l’obscurité et le silence de la nuit, la douce chaleur de mes couvertures me procurait un peu de bien-être, et la relaxation nécessaire à des muscles bien malmenés par un puissant stress engendré par cette journée émotionnellement très éprouvante.   

Mercredi 8 décembre, mon entrée à la clinique était fixée à 17 heures, j’avais donc un certain laps de temps pour me préparer psychologiquement à affronter une épreuve, dont l’aboutissement était incertain. La confiance en la médecine avait ces limites, et j’espérais au fond de moi que le docteur C ne m’avait rien caché de la vérité. Finalement cette nouvelle période d’attente n’avait rien de bénéfique, car au fil des heures je sentais l’anxiété gagner de nouveau du terrain.

Comme à l’habitude, Chantal était ma tête pensante, car il faut bien le dire mon esprit était terriblement troublé, et j’avais beaucoup de mal à organiser matériellement et administrativement parlant, mon départ. 

Le plus terrible c’était d’être là assis à ne rien faire, sinon qu’à regarder la pendule avancer, je sentais le désespoir m’envahir. Depuis trop longtemps je ne savais plus prier, et je regrettais amèrement d’avoir perdu la foi, mais la croyance ne s’acquiert pas comme on achète une botte de radis, il fallait donc que je me passe de ce soutien spirituel pourtant fortement précieux.



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