Une lutte sans répit

Apprendre que l’on souffre d’un cancer du rein est généralement synonyme de choc. Cette expérience est difficile. Ressentir de l’incrédulité, de la solitude, de la confusion, de la peur, de la frustration, de la colère, et de la douleur, est normal, face à toute maladie potentiellement mortelle. Je me sentais le droit d’éprouver ces sentiments, de pleurer, d’être bouleversé.

Après mon diagnostic, il était temps de prendre le chemin de la guérison. Ne pas laisser mes émotions et mon cancer affecter davantage mon foyer, ou les personnes qui m’étaient chères.

J’en étais convaincu, mes proches étaient aussi très affligés, ils s’inquiétaient pour moi et pour eux-mêmes. Le cancer avait frappé en touchant toute la famille, et pourtant cette famille n’avait pas d’autres missions que de jouer un rôle très important tout au long de mon combat contre la maladie.

 

Le diable cherche à détruire votre force spirituel, le cancer lui est comme un lion il s’attaque à votre chair, pour n’en laisser que des débris.

L’antre du lion n’était donc pas l’antre du diable, la maladie pouvait bien anéantir mon corps, elle ne pourrait en aucun cas anéantir mon âme.

Durs ou douces, à aucun moment de ma vie je n’avais touché aux drogues, on m’avait dit que les utilisateurs de tels produits naviguaient sur un petit nuage après en avoir consommés. 

J’ignorais l’origine des traitements que l’on m’administrait, après cette néphrectomie totale de mon rein, mais le mot souffrance était totalement absent de mon dictionnaire, en fait je planais au dessus de mes conditions de malade, perdant toute logique et tout sens de la réalité.

Cloîtré derrière mon rideau, je ne vivais qu’avec la lumière artificielle de ma rampe d’éclairage. Etait-on la nuit, était-on le matin ou l’après-midi, je ne savais pas pourquoi j’étais là, ni depuis combien de jour. J’avais l’impression d’être en bonne santé, et j’ignorais pourquoi les femmes en blanc s’acharnaient si souvent autour de moi. L’idée ne me passait même pas par l’esprit de leur poser la question.

Comme je n’avais rien d’autre à faire que de dormir, ou de regarder le plafond et les murs, mon regard se focalisait sur la caméra qui était braquée sur moi. L’idée burlesque de faire coucou de ma main m’était passée par la tête, mais d’instinct je m’abstins de passer à l’acte, car l’ambiance ne semblait pas être à la fête.

Progressivement cependant je sortais de mon délire, pièce par pièce le puzzle des moments difficiles que je venais passer, se remettaient en place.

« Monsieur Gautier, votre volonté vous aide à remonter très vite de l’intervention. Peu importe la nature de la tumeur que l’on vient de vous retirer, l’essentiel c’est qu’il ne reste plus rien. Si vous continuez à récupérer aussi bien, vous pourrez regagner votre chambre rapidement. »

Le docteur C avait prononcé les mots justes, ceux qu’un malade attend de son entourage pour reprendre l’espoir en la

« Monsieur Gautier, je suis l’angiologue, je viens vous faire un doppler »

« Monsieur Gautier je suis l’infirmière mandatée par le service d’urologie, pour vous faire un prélèvement sanguin. Je vais piquer dans votre gros orteil, car les veines de vos bras sont déjà amplement sollicitées »

Ma grimace au moment ou l’aiguille s’était enfoncée dans la chair, avait était davantage un réflexe d’appréhension qu’une réaction à la douleur.

«  Monsieur Gautier, je suis le kiné»

Je ne voyais pas l’utilité de me mettre complètement nu pour me masser. Il fallait avant tout éviter les escarres, et les manipulations corporelles avaient sur moi un effet bénéfique. Je n’avais pas réalisé à tel point la position couchée, immobile m’avait physiquement meurtri. Les fesses, les épaules,  le dos, le bas du dos, toutes les parties de mon corps, étaient complètement endolories, et les mouvements précis du kinésithérapeute ravivaient la circulation du sang, tout en décontractant progressivement mes muscles.   

Infirmières, médecins, spécialistes en tous genres se succédaient au pied de mon lit. J’étais totalement débarrassé des effets de l’anesthésie, et je mesurais le degré des difficultés que je venais d’endurer. Face à la férocité de mon ennemi, je tentais d’apprivoiser mes peurs, et le personnel médical répondait présent pour m’aider dans une lutte sans répit.

   

 



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