Drain, Pompe à morphine,sonde urinaire, perfusion et tout le reste

La recherche à besoin d’argent dans deux domaines : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts, pour le cancer, on fait la quête.

 

Un spectacle de Pierre Desproges, c’était la première émission que je regardais à la télévision depuis que j’avais réintégré ma chambre. Lui-même était décédé d’un cancer en avril de l’année 1988, je pensais donc qu’il savait de quoi il parlait, quand il avait écrit cette citation sur la recherche et les besoins d’argent. Malgré l’extrême gravité du propos, ces petites phrases m’avaient beaucoup plu, car mes longs moments de réflexions durant mon séjour en soins intensifs, m’avaient amenés à résonner dans le sens de l’humoriste Certes il s’agissait bien là d’humour on peut plus noir, mais il valait mieux déminer une situation explosive par le rire, plutôt que de s’enfoncer dans une tristesse qui n’aurait rien changé à mon état de santé, sinon qu’à l’aggraver.  

Chantal et Julien avaient eu un entretien avec l’urologue. L’intervention chirurgicale s’était bien passée, outre mon rein gauche, une tumeur du poids d’une boule pétanque m’avait été retirée du ventre. Il avait fallu condamner les deux côtes flottantes pour pouvoir mener l’opération à son terme. Une tumeur d’une telle grosseur avait probablement eu le temps de diffuser dans le corps, mais ce n’était pas une certitude, il fallait attendre de pouvoir effectuer un scanner pour en avoir la confirmation. L’urgence de l’opération s’était avérée exacte, car le risque d’hémorragie avait dépassé sa cote d’alerte.

Notre tactique d’ouverture portait ses fruits, nous avions eu raison d’agir ainsi car en ne nous enfermant pas dans notre malheur, nous nous étions délestés d’une partie de notre charge émotionnelle sur nos parents et amis. Mettre des mots sur les maux tout en se confiant à notre entourage, voilà qui nous aidait à avancer. Personne n’était mis à l’écart des informations dont nous disposions, Chantal avait convaincu la plupart de venir me rendre visite. Elle était consciente que la démarche n’était pas facile, mais c’était maintenant ou jamais.

Ma chambre était donc souvent fréquentée par des visiteurs, certains parmi mes plus proches versaient leur larme, d’autres bégayaient, ne trouvant pas les mots appropriés à la situation, d’autres enfin baissaient la tête, ne voulant pas trahir la gêne que leur inspirait les circonstances de leur présence à mes côtés. Ma mission était de les rassurer, d’enfouir au plus profond de moi la partie sombre de mon état d’esprit, et de leur apporter un autre regard sur cette maladie si effrayante qui portait le nom de cancer.

La majorité de nos intimes était venue, la partie était gagnée, nous pouvions compter désormais sur leur soutien inconditionnel.

Nous pouvions d’autant plus compter sur le soutien inconditionnel de nos intimes, que l’épreuve physique et morale que je venais de traverser, n’avait affecté que très peu mon aspect corporel. En dehors d’un léger amaigrissement, mon visage ne reflétait en aucune façon l’image du mal qui me frappait, il était donc facile de mettre mes convives dans une position de confiance, dès lors nos rapports ne s’en trouvaient en rien ébréchés.

Je disposais d’une pompe à morphine, mais je l’actionnais rarement, la douleur n’étant pas forcément insupportable. Ce qui m’incommodait davantage, c’était  mon drain, mais aussi ma sonde urinaire. Drain, sonde urinaire, pompe à morphine, et perfusion me gardaient prisonnier dans mon lit, j’attendais avec hâte l’instant où je pourrais me libérer de ce fardeau.

Avec une seconde opération programmée en janvier, et un scanner qui risquait de réserver de vilaines surprises, mes préoccupations auraient pu être un frein à ma sérénité du moment. Je ne sais quelle force intérieure m’interdisait de polluer mon esprit d’éléments négatifs, en privilégiant toutes les bonnes choses que mon avenir proche me destinait à vivre, mais en tous les cas cette énergie positive rayonnait sur mon comportement, j’apprenais à apprivoiser mes conditions de malade en danger, en profitant pleinement de l’instant présent.

Je rentrais dans une période de lecture très intense, car finalement je bénéficiais de très peu de soins et qu’il fallait meubler de grands moments de solitude, mais rien de ce que je vivais me paraissait rébarbatif, je me soumettais de bonne grâce à l’autorité des blouses blanches, et je faisais systématiquement honneur aux repas qui m’étaient servis.



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