Le voyage ne faisait que commencer

Il n’y a que deux façons de vaincre le cancer : aimer et continuer à sourire quoi qu’il advienne.

Les médecins veulent bien essayer de me soigner, j’ai beaucoup d’admiration  pour leur courage et leur détermination. Comme il doit être difficile de s’occuper d’un patient, de s’y attacher, tout en sachant pertinemment que les chances sont limitées, qu’il n’y a pas de remèdes miracles, juste un traitement qui rendra fatalement malade ce fameux patient que l’on voulait  soigner.

Étrange maladie que le cancer

 

Quelques jours s’étaient écoulées, j’étais débarrassé de mon drain et de mon pompe à morphine, pas de ma perfusion, ni de ma sonde urinaire. Techniquement parlant je pouvais à présent me lever. Une aide-soignante m’avait expliqué comment attacher ma poche à urine à ma taille, mon support à perfusion ayant la faculté de rouler, je pouvais à présent me déplacer d’un bout à l’autre de ma chambre. Cette évolution dans mon statut de convalescent, me permettait de retrouver un peu de mon autonomie perdue.

Faire ma toilette et changer de linge sans avoir recours à une aide extérieure, me ramenaient à un peu plus d’intimité. J’étais plus que motivé par une envie obsessionnelle de retrouver ma forme. Aussi j’arpentais les couloirs de la polyclinique autant de fois qu’il m’était possible de le faire, et ceux jusqu’à ce que la fatigue me dissuade de continuer.

Je passais presque totalement à côté des préparatifs de Noël, Chantal et Eliane s’occupaient de l’achat des derniers cadeaux et de l’élaboration du menu pour le repas du réveillon. Mon hospitalisation me privant de l’euphorie des derniers jours de l’Avant, je sentais au fond de moi comme une espèce de frustration et mon enfermement me rappelait au bon, ou plutôt au mauvais souvenir, de mon rang peu enviable de malade en sursis.   

Au rythme des jours, et même parfois au rythme des heures, mon état mental connaissait les sensations vertigineuses des montagnes russes. Je passais sans aucune transition par des hauts et des bas. Mon état esprit était comparable à un bateau, je traversais d’abord une forte tempête, manquant à tout moment de chavirer, puis lorsque la mer était à deux doigts de m’engloutir, le calme revenait. Le soleil pointait de nouveau sa lumière sur ma ligne d’horizon, jusqu’à l’arrivée d’un autre nuage noir, prémisses d’un autre épisode de tangage. Ces sautes d’humeur n’étaient pas de nature à me faciliter la vie, mais j’étais toujours dans ma phase d’acceptation de la maladie et je faisais confiance à ma faculté d’adaptation pour venir définitivement à bout de mes difficultés présentes et futures.

L’endroit étant terriblement sensible, l’introduction d’une sonde dans ma verge avait été une épreuve difficile à supporter, aussi lorsque l’on m’avait délivré de ce corps étranger, mon humeur s’en était retrouvée considérablement améliorée.   

L’objectif était maintenant de sortir au plus vite de ce milieu médical que je souhaitais oublier au moins pendant le temps des fêtes. La promesse du docteur C de me libérer avant Noël avait été tenue. Chantal était venue me chercher le lundi 20 décembre en milieu d’après-midi. Le trajet en voiture avait été délicat, les agrafes qui suturaient ma plaie étaient encore en place, et de ce fait mon côté gauche était sensible aux secousses provoquées par une chaussée par toujours en excellente état.     

J’avais eu l’impression de retrouver ma maison après des années d’éloignement, depuis une douzaine de jours que de nombreux médecins, infirmières, aides-soignantes avaient gravité autour de moi, je ressentais à présent la solitude d’un enfant délaissé par ses parents le jour de sa première rentrée scolaire. En l’absence du personnel soignant, j’avais peur de me poser d’innombrables questions auxquelles je n’aurais plus de réponses.

Cette période postopératoire n’était quand même pas aussi réjouissante que j’aurais pu l’imaginer, car des douleurs diffuses, d’origine musculaire et organique, de très différentes intensités, colonisaient tout mon corps. Il fallait que je m’y habitue, le voyage ne faisait que commencer.  



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