Précieux bouchons à oreilles

L’espoir est un fluide nécessaire à l’homme, comme l’eau à la terre, il déclenche des forces insoupçonnées de la nature humaine.

Mon état de santé ne me permettait pas de faire grand-chose, notre quotidien ne s’arrêtait pas, pour autant. Chantal redoublait donc d’énergie pour assurer la bonne tenue de notre maison. Quant à moi, contraint et forcé par le destin, je m’en tenais à mon rôle de spectateur et parfois de conseilleur, particulièrement dans le domaine du jardinage.

Les jours s’égrainaient au calendrier, le choc traumatique que nous avions subi lors de l’annonce de ma maladie, s’estompait peu à peu. Vivre dans mon cocon familial, et débarrassé des contraintes liées à mes obligations professionnelles, m’apportait un peu de calme et de stabilité. Disons qu’en évitant de penser à la prochaine échéance de mon itinéraire médical, j’arrivais à vivre un bonheur simple mais infiniment précieux.

Les visites à domicile de mes parents et amis, étaient aussi nombreuses que celles que j’avais connues lors de mon séjour à l’hôpital. Indéniablement ce soutient actif de la part de notre entourage m’apportait la quintessence, dans le choix des différentes options thérapeutiques à suivre.

Pourtant j’étais un colosse aux pieds d’argile, et mes pieds se fissuraient au fur et à mesure que la date fatidique approchait.

Entre le 5 et le 17 janvier 2005, j’avais subi une radiographie des poumons, rencontré un anesthésiste, et assisté à un rendez-vous avec le docteur C. Mon éloignement des milieux médicaux avait donc été de courte durée, et je m’apprêtais de nouveau à plonger dans le grand bain.

Mardi 25 janvier 2005, j’avais le moral dans les chaussettes. Préparer la valise était une torture mentale hors paire. J’avais envie de m’enfuir loin de cette situation effrayante, qui était à deux doigts de m’enfoncer dans la folie. Ma fille Éliane était au collège, mon fils Romain, s’occupait dans une pièce du sous sol, devant son ordinateur. J’avais frappé à sa porte, pour lui dire au revoir, nos nervosités respectives étaient palpables. Il ne trouvait pas les mots pour me rassurer, de mon côté, je sentais à travers son regard une extrême inquiétude. Des larmes aussitôt maîtrisées, se mirent à perler sur mon visage. Il fallait que je sorte au plus vite de la pièce,  pour désamorcer la tension qui y régnait. Il était temps également de me ressaisir pour repartir au combat.

Les démarches administratives accomplies, j’étais accueilli par l’équipe du service urologie, je connaissais la plupart des femmes qui travaillaient en ce lieu. Mon personnage était célèbre, car peu de patients s’étaient retrouvés jusqu’ici dans la situation très particulière qui était la mienne.

Faute de place, mon séjour débutait très mal, il n’était en effet pas possible dans l’immédiat, de m’accorder une chambre, seul. Je redoutais la cohabitation qui m’était imposée, car l’homme qui allait occuper le lit voisin, me semblait âgé. Je craignais particulièrement qu’il soit désorienté la nuit, et je n’avais pas envie de supporter ses agissements.

Il n’était pas à l’ordre du jour de me poser un cathéter au niveau de l’omoplate, j’étais donc simplement assujetti au rituel du rasoir, mais également à celui de l’électrocardiogramme.  

Mon diner pouvait être copieux, car mon intervention chirurgicale n’était prévue qu’en début d’après-midi le lendemain.

Dès lors que mon intégration au milieu des blouses blanches avait été effective, ma tension nerveuse s’était apaisée. Comme pour ma première opération je suivais à présent le chemin que l’on m’indiquait, sans me poser davantage de questions.

Je l’avais redouté, et c’était arrivé, la nuit avait été affreuse, nous avions regardé la télévision tard dans la soirée, j’espérais ainsi que la fatigue favoriserait mon endormissement, et maintenant je respirerais profondément pour calmer mes nerfs mis à rude épreuve par le voisin qui ne cessait de ronfler. J’avais du mal à me maîtriser, et vu mon état, j’étais convaincu qu’il me serait impossible de m’endormir, à moins de trouver une solution très rapidement. A bout de force, j’avais sonné une infirmière, il fallait faire quelque chose, sinon j’allais péter les plombs, la jeune femme l’avait bien compris, elle était sortie rapidement en quête d’une solution adéquate. Il avait fallu attendre de longues minutes avant qu’elle ne réapparaisse avec de précieux bouchons à oreilles, garants de ma tranquillité.



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