Un terme à mon calvaire

Vendredi 17 décembre 2010, pareil à des bulles d’air s’échappant du goulot d’une bouteille vide plongée précipitamment dans un récipient d’eau, mon cerveau à brutalement chassé de ma tête les réflexions positives qui s’y trouvaient logées, et les a remplacées par de vilaines idées noires. Je dois me lever, mais ne pas prendre de petit déjeuner. Nous partons Chantal et moi sur Nantes, car mon 27ème examen au scanner a été programmé pour ce jour. 

Ce n’est pas une expérience de routine, à chaque fois l’épreuve est nerveusement difficile à supporter. Les bâtiments, la machine, le personnel médical, tout cet environnement nous est familier, mais une fois sur deux, je pénètre dans les lieux avec la peur au ventre. Six ans, six ans que nous naviguons dans cette galère, et ce n’est pas demain que nous en verrons la fin. Verdict, stabilisation des tumeurs, on peut songer à débuter le 5ème cycle du traitement. La tension est tombée, et je suis complètement anéanti par ce nouvel épisode dans ma course incessante vers la guérison.

Mercredi 26 janvier 2005, j’en étais alors qu’à mon premier scanner, celui qui avait révélé le pire des scénarios. Mon voisin s’était réveillé satisfait d’avoir bien dormi, j’étais très agressif, j’avais très envie de le tabasser, mes actes ne dépassèrent pas mes pensées.

Mon nouveau rendez-vous avec le bistouri, ne s’annonçait pas sous les meilleurs augures.

Deux femmes de service étaient rentrées pour faire mon lit, je n’avais pas le droit de me recoucher car je ne réintègrerais pas cette chambre après mon opération. Je n’avais pas eu non plus la possibilité de prendre un petit déjeuner, intervention chirurgicale oblige. Maintenant j’étais assis au bord d’une petite table, à faire des mots fléchés, en attendant l’heure fatidique. L’anxiété me tétanisait le corps, et j’avais froid. Le temps me paraissait long, j’entendais des gens s’agiter dans les couloirs et je sursautais à chaque fois que je percevais le bruit d’un chariot. Une infirmière était rentrée pour me donner un flacon de Bétadine, ma douche   annonçait l’imminence de mon départ. Ma tension en était à son paroxysme. Le manque de sommeil m’empêchait de lutter convenablement contre mon stress, la pendule indiquait quasiment l’heure de midi. Le brancardier était rentré, il me fallait enfiler une blouse avant de m’allonger sur le chariot brancard. Sans doute était-il pressé de partir déjeuner, car il n’avait même pas pris le temps d’effectuer les derniers mètres. Avant de me quitter, il avait hélé bruyamment son collègue

« Monsieur Gautier pour le bloc »

Il m’avait tout simplement poussé d’un coup sec, et j’avais roulé en roue libre sur cinq ou six mètres avant d’être récupérer par un membre de l’équipe du docteur C.

Outre le puissant projecteur allumé au dessus de ma tête, la pièce ne me semblait pas disposer d’un autre moyen d’éclairage, mais c’était peut-être mon état d’esprit qui m’empêchait d’observer en détail mon environnement. J’entendais par contre distinctement un petit fond musical qui brisait un silence pesant.

Mon anesthésiste était une femme, elle m’avait demandé de m’asseoir les pieds ballants, car elle devait procéder à une péridurale pour placer un cathéter.

« Monsieur, nous sommes une équipe médicale soudée autour de vous, pour que les choses se passent au mieux. Si vous n’y mettez pas du vôtre, on risque d’avoir des problèmes »

Elle avait prononcé ces phrases sur un ton sec, sans la moindre compassion pour son malade.

J’étais effectivement très tendu, et la praticienne avait beaucoup de mal à parvenir à ses fins.

J’avais envie d’être encore plus désagréable qu’elle, savait-elle par quel chemin semé d’épines j’étais passé pour me trouver entre ses mains. Je n’avais qu’une seule idée en tête, que cet horrible cauchemar se termine au plus vite.

Ce fut l’anesthésie générale qui mit provisoirement un terme à mon calvaire.   

 



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