Signe de renouveau

Je poirotais dans le couloir à hauteur de l’entrée du service radiologique. Je sentais la fièvre monter, et quelques gouttes de sueur perlaient sur mon front. J’ignorais totalement ce qui était en train de m’arriver, l’heure n’était par conséquent pas à la fête. L’examen s’était passé sans problème particulier, mais avec l’appréhension que l’on imagine aisément. Maintenant le brancardier m’accompagnait jusque dans ma chambre. Gaby  un cousin germain de Chantal était là, il attendait patiemment.mon retour. Gaby était atteint de la maladie de Parkinson, aussi sa présence à mon chevet me touchait d’autant plus que son affection handicapait sérieusement. Je n’avais d’ailleurs pas trouvé prudent qu’il conduise sa voiture.

Je n’avais pas eu les résultats de mon examen de l’après-midi, cependant on m’avait renseigné sur l’origine de ma température élevée. Je souffrais d’une infection urinaire qu’il fallait soigner rapidement. Sur ordre du médecin l’infirmière avait d’abord commencé par m’enlever ma sonde, puis m’avait administré un antibiotique, il fallait ensuite attendre patiemment, que le médicament agisse.

Le soleil d’hiver s’était couché aux alentours des 18 heures, et mon diner avait été servi après le départ de Chantal. Je m’apprêtais à gérer ma nuit en solitaire, quand je reçus la visite inopinée d’une collègue de travail. Il y avait déjà deux bons mois que j’avais quitté le milieu professionnel et j’étais content de recevoir des nouvelles fraîches de mes anciens collaborateurs.

Son départ me ramena de nouveau à ma solitude de malade, mais pensées se concentrant essentiellement sur mon propre sort. J’avais envie de satisfaire un besoin naturel, et c’était la première fois que j’urinais naturellement après l’extraction de ma sonde. Personne ne m’avait averti de ce qu’il était en train de m’arriver, je souffrais le martyre pour évacuer un liquide rougeâtre qui  ne coulait pratiquement pas. Ce fut l’expulsion brutale d’un petit caillot sanguin, probablement responsable de cette obstruction de mon urètre qui m’amena définitivement le soulagement escompté. L’incident m’avait suffisamment traumatisé pour que je sorte dans le couloir en quête d’explications et de réconforts. Ce n’était pas grave, la chose arrivait très souvent après avoir retiré une sonde, il fallait retourner dans ma chambre en toute quiétude. La réaction de l’infirmière ne m’avait pas vraiment plu car j’estimais qu’elle avait manqué à son devoir de ne pas m’avoir donné une information qui m’aurait évité ce grand vent de panique. Elle devait pourtant savoir de par son métier qu’un cancéreux est par définition fragile psychologiquement, sa mission essentielle étant de l’épauler et le rassurer. Pour l’heure ma tension ayant été mise à rude épreuve, je n’avais pas le goût de regarder la télévision, encore moins celui de lire. J’eus par contre très envie de prendre le téléphone pour faire part de mes péripéties, mais je me ravisai rapidement, ma famille avait besoin de vivre autres choses que mon cancer, et je leur accordai bien volontiers de faire de temps en temps un break

Les jours qui suivirent mon rétablissement fut spectaculaire, débarrassé de toutes contraintes je ne portais plus le même regard sur moi, j’avais vraiment la sensation d’avoir franchi une grande étape dans ma course vers un dénouement heureux, aussi j’accueillis mon autorisation de sortie comme un signe de renouveau.



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