Cinq semaines devant moi

Malgré quelques kilos manquants, on trouve généralement que j’ai bonne mine. Mon sentiment et mes sensations personnelles correspondent sensiblement à mon apparence : je me sens plutôt en forme malgré une faible réserve d’énergie. En fait, je sais que le moteur est coupé. Je suis désormais en vol plané. Ce n’est pas désagréable, bien au contraire. C’est nouveau, ça force à être à l’écoute subtile de soi-même. Maintenant, prenez un peu d’altitude… Imaginez que vous faites partie du 40 % de la population qui sera, un jour, atteinte de cancer. Imaginez aussi que tous les gens atteints de cancer décident de bannir le stress de leur vie, et de porter attention au simple bonheur d’exister. Imaginez encore un peu plus… Qui dit que le cancer est un malheur?

Lundi 7 février 2005, même cause, même effet, mon retour à la maison avait été aussi délicat que le précédent, car mes agrafes suturant ma plaie n’étaient pas encore enlevées, et mon côté droit restait fortement sensible. Il y avait deux mois, jour pour jour que j’avais reçu mon coup de semonce, ma vie s’était ensuite accélérée jusqu’à l’étourdissement. J’avais connu l’agitation intense des milieux hospitaliers, et maintenant je profitais du calme et du silence de notre maison. Je me demandais comment j’avais bien pu faire, pour supporter un tel rythme de croisière. J’avais quitté les blouses blanches, sans avoir reçu une nouvelle feuille de route, donc je ne savais absolument pas ce que l’avenir me réservait, mais j’imaginais que docteur Cassé avait suffisamment confiance en son travail pour me laisser en paix jusqu’à ma prochaine visite, qui était fixée au 7 mars.

Réorganiser son planning après avoir très brutalement cessé son activité professionnelle, et après avoir ensuite mené un épuisant combat contre la maladie, n’était pas chose aisée. Il fallait d’abord faire le deuil du passé et composer avec de nouvelles donnes, qui amputaient sérieusement mon capital avenir, mais qui m’offraient en contrepartie énormément de temps pour mes plaisirs personnels.

Ma résistance physique étant fortement limitée, il fallait me tourner vers une occupation intellectuelle. Nous pratiquions Chantal et moi, la généalogie depuis de nombreuses années, il me suffisait simplement d’intensifier mes recherches.

Lundi 7 mars 2005, je retrouvais l’enceinte de la clinique, un mois après l’avoir quitté. Je n’éprouvais pas d’appréhension particulière, car un simple entretien programmé avec le docteur C expliquait ma présence en ce lieu. Je n’étais pas en mauvaise forme, et mes agrafes m’avaient été retirées quelques jours auparavant, sans que l’infirmière ait eu d’anomalies à constater. En l’absence de tout danger imminent, la conversation était purement technique, le praticien récapitulait en quelques phrases le déroulement des opérations que j’avais subi, cette fois je pouvais écouter avec davantage de lucidité. Il n’était pas dans l’ordre du jour de passer un examen de scanner, car l’image ne serait pas viable, en raison du bouleversement supporté par mes organes, lors de mes deux récentes interventions chirurgicales. J’avais encore 5 semaines devant moi avant de connaître le bilan précis de mon état de santé. Il fallait profiter de la vie pendant qu’il en était encore temps.



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