L’appréhension et la peur

Depuis le mois de novembre 2004, l’annonce de mon cancer m’avait conduit à consulter un généraliste, deux radiologues, un urologue, un pneumologue, deux anesthésistes, un kinésithérapeute, un angiologue, une multitude d’infirmières et d’aides-soignantes, tout ce petit monde exerçant sa profession dans une clinique ou dans un cabinet médical à moins de 3 kilomètres de chez moi.

Mon conflit ouvert avec la maladie prenait une autre dimension, il fallait partir me soigner dans la très grande agglomération nantaise.

A ma panique de devoir une fois de plus confier mon corps à un chirurgien et à son scalpel, s’ajoutait le stress qu’engendrait mon déplacement en voiture dans une ville que je ne connaissais pas du tout. Dans mon grand malheur, j’avais ‘’la chance ‘’ d’être classé par l’administration, dans la catégorie des patients atteints d’une affection longue durée, je pouvais bénéficier du transport sanitaire. Nous prîmes donc Chantal et moi la décision d’utiliser l’ambulance, pour nous épargner une fatigue nerveuse bien inutile. Etre entièrement à l’écoute du pneumologue restait la priorité des priorités.

Vendredi 20 mai 2005, nous étions sortis de la période d’engourdissement hivernal, et le soleil qui brillait de mille feux m’aidait sans conteste à ne pas tomber dans un pessimisme outrancier.

A l’inverse d’une simple grippe qui vous colle au lit avec une fièvre à quarante, le cancer restait pour moi une maladie abstraite. Avant d’apprendre mon affection, je n’avais jamais ressenti de symptômes capables de m’alerter sur mon état de santé. Les terribles épreuves que je venais de traverser, ne m’avaient pas complètement jeté à terre, et je ne ressentais pas davantage de signes révélateurs, alors même que je m’apprêtais à subir une troisième intervention chirurgicale.

L’ambulance se faufilait lentement mais sûrement dans la circulation urbaine, nous notions avec application notre itinéraire, car nous serions probablement amenés à l’emprunter plusieurs fois dans un très proche avenir.

La clinique était scindée en deux bâtiments, l’un d’entre eux accueillait les consultations. Il fallait prendre un ascenseur pour accéder au cabinet du docteur M. Les locaux étaient récents, et nous empruntions un couloir, en marchant à pas feutrés sur une moquette posée probablement dans l’intention de préserver la quiétude des lieux.

Le praticien nous accueillit dans un bureau moderne et très spacieux. Son approche du malade m’apparut plus conviviale que celle du docteur K. Il prenait largement en compte le fait d’avoir en face de lui un être humain, et était parfaitement conscient de ma détresse. Il s’appliquait à me rassurer sur le déroulement de l’opération, et m’inondait de détails techniques sensés m’apporter un peu de sérénité.

Mon rendez-vous avec l’anesthésiste était fixé au 2 juin, et il avait accepté de reporter ma date d’hospitalisation, car nous étions conviés à un mariage le samedi 11 juin.

Les dés étaient jetés, une nouvelle fois ma vie basculait dans l’appréhension et la peur d’un avenir qui me paraissait très très sombre.   



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