Proclamation de guerre

Je pense qu’il n’existe aucun mot de vocabulaire pour décrire ce mélange de peur, de stress, de tristesse que j’éprouvais à cette époque de ma vie. Le froid de la nuit et le traumatisme que je subissais formait un cocktail détonnant qui se lisait aisément sur mon visage devenu livide et sans expression. Nous avions rendez-vous chez un voisin pour prendre l’apéritif, et pour y retrouver notre groupe d’amis. J’avais évidement beaucoup de mal à participer à la conversation, et encore plus de mal à rire des plaisanteries fusant de tous côtés. Nous avions décidé d’attendre le plus tard possible pour annoncer notre infortune, il n’était évidement pas question de gâcher la fête. L’exercice était difficile, car notre étrange  comportement avait alerté la plupart de nos condisciples.

Nous avions rejoint la salle de la Meilleraie à deux pas de notre quartier.

Nous étions mal placés, je sentais constamment des courants d’air qui me faisaient greloter ce qui ne m’aidaient pas à me décontracter. La danse qui était dans un très récent passé l’une de nos passions favorites, devenait dorénavant une corvée à chaque que fois  que nous faisions l’effort de nous lever, pour virevolter sur la piste bondée.

Le bruit assourdissant de l’orchestre empêchait toutes conversations, et j’étais plutôt soulager de ne pas avoir à entretenir la discussion avec l’un ou l’autre de mes voisins de table.

J’avais beaucoup de mal à avaler la nourriture qui m’était servie et plus les heures passaient, plus je me détachais de mon environnement.

Il était temps pour nous de prendre congé. J’étais fortement gêné de devoir plomber l’ambiance de la soirée, aussi je ne désirais pas assister aux conséquences du séisme que nous allions provoquer au sein du groupe. Chantal était donc partie rejoindre Marie-Ange, Brigitte et Isabelle qui discutaient un peu plus loin sur la piste. Elle leur avait annoncé notre coup dur, en leur laissant le soin d’avertir les autres, puis nous nous étions discrètement éclipsés.

Le confort de mon lit et la chaleur de mes couvertures produisaient sur moi un effet de bien-être sécurisant, et avait également la vertu de m’apaiser. Je n’avais pas bien mis longtemps à tomber dans les bras de Morphée.  

Le dimanche ne différait pas des autre dimanche, j’avais même puisé assez de courage au fond de moi pour préparer le repas dominical, comme j’avais l’habitude de le faire, depuis 27 ans que nous étions mariés. Le téléphone sonnait, Chantal avait prévenu beaucoup de monde autour de nous, et notamment la plupart des membres de notre famille. Nous avions choisi l’ouverture sur les autres, face à la maladie, et espérions en retour le soutien inconditionnel de notre entourage, aussi les conversations interminables au bout du fil, nous apportaient le réconfort espéré.

Brigitte et Claude étaient de ceux qui avaient réagi les premiers, je n’entendais pas bien la conversation avec la hotte d’aspiration qui faisait un bruit d’enfer, mais j’avais quand même compris qu’ils nous invitaient à les accompagner au marché de Noël qui s’ouvrait ce jour au grand parc du Puy du Fou.

Il fallait avoir un courage de plomb, pour affronter le brouillard glacial qui me tombait sur les épaules, puis la foule qui avait envahi le site. Je déambulais dans les allées sans voir vraiment les produits présents sur les étals. Mon esprit voyageait dans une autre dimension, j’avais déjà franchi la frontière du monde des vivants. Nous avions retrouvé Marie-Ange et Florent qui avaient eu la même idée que nous, leurs regards n’avaient pas osé croiser le mien. Le choc était rude il fallait du temps au temps.

J’avais retrouvé la chaleur de mes pantoufles avec bonheur, cette petite escapade nous avait permis de ne pas nous replier sur nous même à deux jours de mon examen fatidique.

La nuit m’avait une fois de plus délivré provisoirement de mes démons, et je me levais en ce lundi 6 décembre conscient que la bataille que j’allais livrer ne serait pas de tout repos.

J’errais d’une pièce à l’autre, l’âme en peine. En quittant mon poste de travail, j’avais perdu mes repères, il fallait me trouver impérativement une activité de substitution.

Chantal m’avait proposé de mettre à jour mon dossier de généalogie, j’avais accepté de m’occuper l’esprit de cette manière, mais je vivais les pires moments de mon existence.

La nuit avait été cauchemardesque, plus les heures avançaient, et plus mon rythme cardiaque s’accélérait. Le soleil s’était levé sur la journée du mardi 7 décembre, la proclamation de guerre allait bientôt être annoncée.     



Vivre la maladie au grand jour

Paradoxalement, j’avais passé une nuit calme et reposante. La terre ne s’arrêtait pas de tourner parce que j’étais atteint d’un cancer, aussi Eliane était partie au collège, Romain au travail, et Chantal s’affairait dans la cuisine. J’avais accepté le fait qu’il me restait une petite chance de m’en sortir, et comme je n’étais pas en mauvaise forme, une légère brise d’optimisme soufflait dans mon esprit. Disons que la veille au matin, le docteur H m’avait projeté à terre, et qu’à l’aube de ce vendredi 3 décembre, j’étais de nouveau debout.

Le ciel gris et froid de cette fin d’automne n’incitait pas beaucoup à sortir, il ne fallait pas céder à la tentation du canapé, et profiter du fait que Noël approchait, pour écrémer les magasins à la recherche de cadeaux.

L’euphorie des fêtes n’avait pas encore atteint son paroxysme, nous n’étions encore qu’au début du mois, cependant je ressentais quand même une certaine fébrilité autour des étals, et les décorations en tous genres m’aidaient à ressentir malgré tout l’ambiance particulière du moment.

Et puis il avait fallu rentrer à la maison, et retrouver l’enfermement de l’hiver. Julien et Sophie devaient passer après le diner, Chantal leur avait téléphoné que nous avions une chose importante à leur dire. Mon fils avait spéculé sur les différentes informations que nous étions sensées lui donner, mais à présent il écoutait sans broncher le pire des scénarios, celui auquel il n’avait surtout pas pensé. La claque ayant été trop forte, il ne trouvait pas ses mots pour me réconforter, une dure réalité de la vie venait de l’assommer.

Toute ma famille était désormais à terre, il fallait patienter, garder confiance en l’avenir, continuer à avancer de tout façon. Je n’avais qu’une hâte, retrouver mon lit, le sommeil et l’oubli.

Le lendemain mon réveil avait été douloureux, ma confiance de la veille s’était évaporée avec les rêves de la nuit. Je me retrouvais de nouveau complètement désarçonné face aux perspectives bien sombres de mon avenir en ce bas monde. Ma musculature toute entière était crispée, et je craignais de devoir me lever pour affronter de nouveau l’adversité.

Ma famille faisait en sorte de ne rien changer dans leurs comportements, et je faisais en sorte de ne pas trop leur communiquer mon stress.

Traditionnellement le premier week-end de décembre, était consacré à la construction de la crèche, et à la décoration du sapin. Il ne fallait pas déroger à la règle, la vie continuait malgré tout. Eliane était beaucoup plus forte que j’aurais pu l’imaginer, la foudre qui s’était abattue sur sa jeune existence très probablement l’avait fait grandir avant l’heure, aussi sans rien laisser paraître, s’activait-elle pour donner un air de fête à notre maison. Elle imitait en ce sens sa mère, toutes les deux en agissant comme un moteur, me poussaient à l’action, m’interdisant ainsi la possibilité de m’enfoncer trop longtemps dans une certaine forme de léthargie.

Il faisait toujours aussi gris, et toujours aussi froid. Nous avions cependant boosté notre motivation pour sortir de nouveau ce samedi matin J’avais accepté de poursuivre les emplettes commencées la veille, mais je voulais réserver mon après-midi pour me reposer, car le soir nous devions Chantal et moi assister à un bal.

Il nous fallait une gigantesque dose de courage pour aller contempler la réjouissance des danseurs, alors que pour nous le plaisir s’était brusquement envolé. D’un autre côté, rester à la maison n’aurait rien changé à notre situation, et il fallait de toute façon commencer à prévenir notre entourage, car nous avions décidés de vivre la maladie au grand jour.  

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Le premier jour d’une autre vie

La route pour rentrer chez moi m’avait paru interminable. Eliane qui recevait sa petite copine Marine, n’était pas sortie de sa chambre pour me saluer. Entre ma visite radiologique du matin et ma visite au cabinet médical du soir, elle avait sans doute compris qu’il se passait quelques choses d’anormal. Les rues de décembre étaient plongées dans le noir, il avait fallu fermer les volets, rendant l’atmosphère de notre maison un peu plus pesante. Le temps de me rafraîchir un peu, j’avais rejoint Chantal qui m’attendait déjà dans la voiture. A  ce stade de la tragédie, mon cerveau en stand-by, m’interdisait de réfléchir, j’agissais comme un robot complètement dépourvu d’émotions. Le silence régnait en maître dans l’habitacle de notre véhicule, nous vivions un véritable moment de cauchemar. La salle d’attente n’était pas vide, il fallait patienter et plus les minutes passaient, plus ma tension montait. Mon nom avait été prononcé, mes tempes battaient à se rompre, mes mains tremblaient, j’avais la gorge sèche, je n’arrivais pas à prononcer un seul mot.

Mon médecin nous avait priés de nous asseoir. Il ne parlait pas d’un ton grave, mais au contraire d’un ton volontairement rassurant,  il souriait même, tentant avec obstination de détendre l’ambiance. Il ne minimisait pas mon état, mais s’attachait à me préciser qu’il existait des solutions. Il me confirmait que j’étais atteint d’un cancer du rein, l’échographie ne montrait pas que la maladie s’était entendue à d’autres organes, c’était bon signe. Il faudrait impérativement subir une intervention chirurgicale avec ablation du rein et de la tumeur. Un rendez-vous était fixé pour passer le scanner le mardi 7 de la semaine suivante. Chantal s’était mise à pleurer, le docteur avait respecté un temps de silence pour lui permettre d’évacuer son trop plein de stress. Il m’avait demandé ensuite si j’avais des questions à lui poser. Dans mon esprit je venais quasiment d’être condamné au néant, j’étais donc littéralement figé par la peur, aussi sa demande restait sans réponse.

Chantal qui avait recouvré ses esprits m’avait fait remarquer que je serais probablement incapable de reprendre mon travail le lendemain, j’avais acquiescé à la proposition qui m’était faite de me mettre en arrêt de travail.   

Le plus terrible restait à faire, prévenir les enfants. Eliane n’avait que 14 ans et elle s’apprêtait à traverser des évènements aussi dramatiques que ceux que j’avais vécus dans mon enfance. Romain à 21 ans restait un être extrêmement fragile, je savais qu’il ne réagirait pas à l’annonce du verdict, mais que la souffrance le rongerait de l’intérieur ensuite. Mon fils aîné Julien, marié depuis le mois de juin, ne cohabiterait pas avec la maladie, mais endurerait l’épreuve à l’écart, ce qui ne serait pas forcément plus facile pour lui.

A coup sûr l’information allait faire éclater la famille en morceaux, mais la vie était ainsi faite et nous n’aurions pas d’autres choix que d’affronter l’œil du cyclone, en espérant ne pas devoir subir trop de dégâts.

Comme il fallait s’y attendre, Eliane avait poussé un cri de douleur, lorsque sa mère avait exposé la situation. Elle avait ensuite écouté les moyens que nous avions de nous battre pour remporter la victoire. Romain n’avait pas fait de commentaire, mais s’était tourné vers moi pour me demander comment je ressentais la chose. Je lui avais répondu que l’information m’avait anéanti et que je n’avais pas encore assez de recul, pour me prendre véritablement en main. Une page venait d’être tournée, demain serait le premier jour d’une autre vie.

 

 

 

 

 

 

 

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Bombardement destructeur

Jeudi 2 décembre 2010, je n’ai pas trop bien dormi, toujours ces vilains reflux gastriques, et en plus je crois que j’ai attrapé un rhum. Il faut que je me lève au plus vite, car des mauvaises pensées colonisent mon esprit, or il faut que je chasse à tous prix les idées noires, pour conserver mon esprit combatif.

Aujourd’hui est une autre date anniversaire, celle de l’annonce de ma maladie, vécue comme un des ces bombardements destructeurs, laissant autour d’eux, un champ de ruines. 

Jeudi 2 décembre 2004, une journée comme on ne voudrait jamais en connaître. J’avais demandé une autorisation d’absence à ma hiérarchie, pour un rendez-vous au cabinet de radiologie, en début de matinée. Le ciel gris de cette fin d’automne était à l’image de mon ressenti au moment d’aborder un tournant décisif de ma vie. J’étais au volant de cette Citroën C1 que le concessionnaire espérait bien nous vendre, notre voiture étant effectivement en très mauvais état. La salle d’attente était quasiment vide, je n’avais pas l’état d’esprit de prendre une revue, je voulais en finir vite. Maintes fois depuis la mort de mes parents je m’étais inquiété pour ma santé, maintes fois cette inquiétude s’était avérée infondée. A deux doigts de passer un nouvel examen, je priais pour qu’il en soit également ainsi.

Mon nom avait été prononcé, le docteur H était apparu dans l’encadrement de la porte, l’air distant, et peu enclin à faire des efforts pour paraître légèrement plus sympathique à mes yeux.

L’homme était peu loquace, j’étais allongé sur sa table d’échographie simplement vêtu de mon slip. Il tenait fermement dans la main droite sa petite caméra, et parcourais avec insistance une partie de mon corps, tout en observant l’image sur son écran de contrôle. Je n’avais comme écho que le bruit discret d’un petit avertisseur émis à intervalles réguliers  par l’appareil, et entre-temps le silence. Je voulais qu’il me dise quelque chose de rassurant, mais aucun mot ne sortait de la bouche du praticien.

Comme une pierre lancée dans la mare, je lui avais demandé s’il y avait un problème, il m’avait répondu qu’il observait une masse.

Moi : « Vous voulez dire un kyste docteur ? »

Lui : « Non je parle bien d’une masse »

Moi : « Est-ce que masse est synonyme de cancer docteur ? »

Lui : « On le verra bien puisque l’on va procéder à des examens complémentaires, en l’occurrence je vais demander à votre médecin qu’il vous fasse passer un scanner. En attendant rhabillez-vous, et patientez dans la pièce d’à côté, un courrier vous sera présenté par ma secrétaire. »

Pas une once de compassion dans son discours, pas un mot apaisant, pas la moindre expression sur son visage, il avait quitté les lieux sans même me dire au-revoir.

J’étais assis dans la salle d’attente, complètement tétanisé, je m’interdisais de penser, le temps s’était arrêté. Ce comportement d’autodéfense, je le connaissais bien pour l’avoir vécu plusieurs fois déjà, notamment à la mort de mes parents. Je n’avais qu’une hâte, c’était de quitter les lieux. La secrétaire m’avait appelé pour régler la prestation, puis m’avait tendu le fameux courrier. J’avais pris le temps de le porter à mon médecin traitant.

Chantal n’était pas à la maison, ce jour étant réservé à sa balade hebdomadaire avec une voisine. Je lui avais écrit un simple mot qui résumait très bien la situation, puis j’étais ensuite parti à mon travail. 

Mes occupations professionnelles me faisaient oublier temporairement l’effrayante nouvelle du matin, cependant j’étais fortement tendu. Je ne laissais rien transparaître devant mes collègues, sans doute parce que je vivais cette épreuve comme un mauvais rêve, j’allais bientôt me réveiller.  

A l’heure du repas Chantal m’avait informé de la conversation téléphonique qu’elle avait eue avec mon généraliste. Elle me confirmait que la masse qui avait colonisé mon rein gauche était d’origine cancéreuse. Nous avions rendez vous le soir même, pour qu’il me donne davantage de précisions, et donc il fallait ne pas quitter mon poste trop tard. Je devais informer le responsable de mon service de ce qui était en train de m’arriver, et j’avais quand même donné quelques bribes d’explications à mes collègues pour qu’ils ne spéculent pas sur les raisons de mon retard du matin et de mon départ précipité du soir. A seize heures, je quittais le fauteuil de mon bureau, j’ignorais encore que c’était pour toujours.    



Des combats à mener

J’avais beaucoup saigné du nez au moment du dîner, pourtant je ne voulais pas rater l’interprétation de Carmen, et nous étions donc partis à l’heure convenue.

Un bon concert, mais offert presque à regret, c’était l’impression que nous avions ressenti à notre sortie du théâtre. De ce fait, il n’était pas beaucoup plus de 22 heures quand j’avais éteint la lumière de la chambre, il y avait bien longtemps que nous nous n’étions pas couché si tôt. Le froid qui m’avait envahi le corps au début de l’après-midi disparaissait lentement grâce à l’effet bienfaiteur de mes couvertures, mais je ne trouvais pas pour autant le sommeil, il fallait être patient, en six ans, j’ai appris à l’être.

Mercredi 1 décembre 2010, je me réveille excessivement fatigué, sans doute à cause de ma chimiothérapie, il ne faut pas chercher d’autres explications. Je manque de courage pour entamer cette nouvelle journée, et pourtant je n’ai pas le choix, il faut se lever et se préparer à supporter une prochaine offensive de mon corps, en révolte perpétuelle contre le puissant médicament que je lui impose depuis le mois de juin dernier. Je n’ai pas très envie de prendre un petit déjeuner, je livre donc à cet instant mon premier combat de la journée, en me forçant à avaler quelques choses. Je n’éprouve aucun plaisir à mastiquer ou à boire des aliments complètement dénaturés de goût. J’ai bu jusqu’à la dernière goutte, un café fortement amer bien que sucré, et maintenant j’ai la nausée, il faut attendre que le malaise s’estompe. Ma toilette va être un calvaire, car il faut se déshabiller et j’ai déjà terriblement froid, en attendant je préfère prendre le plaisir et le temps de lire le journal.

La météo annonce un radoucissement des températures pour le week-end, heureusement car je suis comme un escargot complètement recroquevillé dans ma coquille. Ma tension est toujours aussi élevée, il faudra que j’en fasse la remarque à mon médecin lors de ma prochaine visite. En ce moment mon cœur s’est assagi, et j’apprécie énormément ce répit, car ses accès de folie me laissent à chaque fois sur le carreau. Mon bras me titille toujours un peu, la douleur est supportable, et j’essaie de ne me pas me focaliser sur le problème.

Maintenant que j’ai fait le bilan de mon état de santé, il faut me résigner à rejoindre la salle de bain. Mes ablutions sont des plus rapides, je n’ai qu’une hâte, m’habiller pour tenter de récupérer un peu de chaleur.

Une expédition jusqu’à la boulangerie d’Intermarché est inscrite au programme habituel, j’enfile mon bonnet, mes gants, je mets une écharpe et mon blousons. Le vent me pique les yeux et me fait pleurer. La marche me fait du bien et je me sens moins fatigué qu’au levé du lit. Après celle du petit déjeuner, je viens de gagner la seconde grande bataille de la journée ne céder ni  devant la fatigue, ni devant le découragement.

Je ne me suis effectivement pas pressé à faire le peu de travail que j’avais à faire, car je croise Chantal qui rentre à pied de ses deux heures de ménages, il doit donc être un peu plus de onze heures.

A mon retour, c’est presque le moment de déjeuner. Je n’ai pas faim, mais je sens moins de répulsions à absorber mon repas que celui du matin.

Comme à l’habitude je n’ai pas entendu le début des informations, ma sieste quotidienne m’aide à résister aux différents assauts de la maladie.

Aujourd’hui il est hors de question de sortir battre la campagne, de plus Georges et Jeannette viennent nous rendre visite. Il neige un peu, notre oncle et notre tante décident de ne pas prolonger la discussion, ils sont là depuis assez longtemps et comme on ne peut présager de l’avenir, ils préfèrent circuler sur des routes qui ne soient pas menaçantes. 

Leur présence m’a fait oublier l’engourdissement de mon corps, je pense que seul le confort de mon lit, viendra à bout de cette sensation désagréable de froidure au bout de mes doigts.

Mes fosses nasales sont bouchées, je n’ose pas évacuer le mucus de peur de saigner de nouveau, je me souviens qu’en sortant de l’hôpital, une infirmière m’avait laissé du sérum physiologique, j’en use et j’en abuse, car outre la sécheresse et la douleur de mon nez, je sature de devoir très mal respirer, de plus j’ai mal à la tête.

Le diner n’est pas un moment de réjouissance, pourtant je fais honore à la cuisine, j’ai diminué sérieusement ma ration d’aliments et je recommence à maigrir, il faut donc éviter de perdre encore davantage de poids.

Finalement ce mercredi n’est pas à classer dans les listes des journées noires, je n’ai réellement mené que deux combats, et je les ai gagnés tous les deux.



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