Récupération physique et vivacité d’esprit

Mes objectifs atteints, j’avais dû sombrer dans un demi-sommeil perturbé par les interventions incessantes des infirmières. De ce fait, le soleil s’était levé sans que mon organisme ait eu le temps de récupérer de sa fatigue postopératoire, et je voulais ardemment que l’on me laissât en paix. C’était sans compter sur la détermination de l’équipe médicale qui avait le devoir de m’apporter les soins optimums dont j’avais besoin.
« C’est l’heure de la toilette monsieur »
En un rien de temps je m’étais retrouvé entièrement nu sur mon lit, et je n’appréciais pas cette sensation de frissons qui me parcouraient le corps et qui s’accentuaient au fur et mesure que le gant de toilette, humidifiait ma peau.
« Essayez de vous tourner sur le côté monsieur, nous voulons vous laver le dos et les fesses »
Chaque mouvement était une torture physique et il n’était pas question d’abandonner la partie, les deux aides-soignantes étaient là pour veiller au grain. Au bout de l’effort et complètement épuisé, ce fut le masseur qui entra pour me frictionner avec une huile anti-escarres. Il me demandait lui aussi d’accomplir un travail surhumain, et je me sentais au bout du rouleau.
« Tournez vous dans l’autre sens monsieur Gautier, allez, un peu de courage »
« Arrêtez de m’emmerder »
La phrase avait été lâchée, ma parole avait dépassé mes pensées. Manifestement le kinésithérapeute avait l’habitude de ce genre de réactions, car il ne m’avait pas écouté et avait accompli jusqu’au bout la mission qui lui avait été confiée.
Tout vient à point qui sait attendre, l’importun finit enfin par partir, j’étais de nouveau plongé dans ma complaisante solitude. Huilé comme une salade, et débarrassé de ses impuretés de la veille, mon corps put finalement gouter pleinement à sa tranquillité.
Mon drain m’interdisait des gestes brutaux, et lorsque j’avais trouvé la position idéale pour ne pas souffrir j’évitais ensuite de trop bouger. Je n’avais pas de pompe à morphine, si la douleur était intense il fallait demander à l’infirmière du paracétamol, l’efficacité du médicament était de très coutre durée, mais je n’osais pas réclamer davantage.
« Monsieur Gautier, vous n’avez plus rien à faire chez nous. Vos constantes sont satisfaisantes, votre excellente récupération physique et surtout votre vivacité d’esprit nous ont permis de juger bon de vous renvoyer dans le service de pneumologie. »
Aussitôt dit, aussitôt fait, mon repas de midi à peine terminé, un brancardier était venu me chercher pour me rapatrier dans ma chambre initiale.
Nous subissions une période de températures particulièrement chaudes, et pour me protéger de l’ardeur de soleil, une infirmière avait baissé mes stores, plongeant ma pièce dans une demi-pénombre. Le lieu contrastait fortement avec celui que je venais de quitter, le personnel qui s’occupait heure par heure de mon état de santé, n’avait pas suivi mon fauteuil roulant, et je me sentais d’un seul coup complètement abandonné de mes anges gardiens.
Comme plus rien ne troublait le silence, mes yeux s’étaient fermés malgré moi. Mes rêves m’entraînaient dans une sorte de jardin d’Eden, au milieu duquel un orchestre symphonique jouait en mon honneur. L’entrée précipitée d’une infirmière dans ma chambre mit un terme à mon voyage, elle venait remplacer une poche vide de ma perfusion. Je lui fis part de mon étrange expérience, elle me répondit que j’étais encore sous l’influence d’analgésiques qui pouvaient entraîner parfois des états seconds.
« Mon drain me fait très mal, pourquoi ces calmants ne suppriment-ils pas la douleur ? »
Ma question était restée sans réponse, mais peut-être avais je fortement pensé cette question, sans l’avoir réellement posée, mes idées étaient décidément trop confuses, je préférai m’abstenir de poursuivre la conversation.



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