Une colonne de lave

Mardi 4 janvier 2011, l’intérieur de mon corps est semblable à l’intérieur d’un volcan, mes entrailles me brûlent comme une colonne de lave qui progresse de mon estomac jusque dans l’œsophage sans avoir épargné pour autant mes intestins. J’ai passé une nuit catastrophique, je n’ai jamais pu quitter la position allongée sur le dos, sans risquer de provoquer des reflux d’acide gastrique fortement douloureux et largement désagréable à vivre. Les crises s’accompagnaient de nausées et ce matin la diarrhée a fini d’anéantir mes dernières forces. Je n’ai pas pris de petit-déjeuner, mais j’ai avalé  mes gélules un peu plus tard avec un peu de compote. Je n’en suis qu’au début de la 3ème semaine de mon 5ème cycle de chimiothérapie, et je ne suis pas prêt de pouvoir me passer de mon traitement

En même temps je ne suis pas sûr que mon état du jour dépende des effets secondaires lié au médicament, car ma dernière prise de sang révélait une diminution très nette des globules blancs, et donc de mes défenses immunitaires, cette indisposition peut donc avoir une origine microbienne.  Je n’ai pas envie de renouveler mon expérience du mois d’aout, je n’ai pas intérêt à baisser ma vigilance.         

Ce midi je n’ai pas déjeuné davantage, car l’envie de vomir est resté bien présente, j’ai besoin pourtant de ménager mon énergie. Mon fauteuil m’attend dans un coin du salon, mais je n’arrive pas à trouver le sommeil. Tant pis, je ne veux pas me complaire dans mon inertie. Il est temps pour moi de ne pas me laisser anéantir, ma page d’écriture quotidienne va m’aider à gagner ce challenge. Mes doigts commencent à tapoter le clavier de mon ordinateur, d’un coup de baguette magique mon récit nous ramène un peu plus de 5 ans en arrière. 

Mercredi 15 juin 2005, je restais sans bouger dans le clair-obscur de ma chambre, les yeux mi-clos mon passé s’invitait de nouveau en ma mémoire. Je n’aimais pas beaucoup me retrouver dans cet état d’esprit qui signifiait une baisse de moral, me mettant en position de faiblesse face à la maladie. Il était normal de se poser des questions car le défi était difficile à affronter, mais il n’était pas question de déposer les armes et de s’arrêter en si bon chemin, la porte qui venait de s’ouvrir me ramena brusquement à la raison.

Chantal apparu souriante, elle ne pouvait que constater la véracité des propos tenus par le personnel médical, j’étais en bonne forme. Il est vrai que je n’avais pas l’impression d’avoir été opéré d’un poumon la veille. Certes j’étais allongé, car ma résistance physique devait certainement être diminuée, mais je n’étais pas abattu, et je pouvais lire, regarder la télévision, ou participer à une conversation sans présumer de mes forces.

Chantal était donc arrivée sur Nantes avec les informations téléphoniques du mardi soir. Elle s’était logiquement adressée au service des soins intensifs qui lui avait fait part de ma réaction de mauvaise humeur vis-à-vis du kinésithérapeute, dénotant chez moi une vivacité d’esprit plutôt de bonne augure pour pronostiquer une convalescence rapide. L’infirmière en chef l’avait dirigée ensuite vers ma chambre d’origine en secteur pneumologie, et à présent nous partagions une intimité qui m’écartait pour un temps de l’agitation du milieu médical.

L’éloignement géographique de mon lieu d’habitation me laissait présager un déficit important en nombre de visiteurs, aussi avais-je prévu de la lecture pour palier à cet inconvénient. D’un autre côté le docteur M m’avait signalé que mon séjour ne dépasserait probablement pas une semaine, et mon rétablissement rapide de l’opération, confirmait ses dires, aussi je me persuadais qu’avec un peu de patience, je viendrais à bout de la solitude et de l’ennui.

Deux inconvénients majeurs faisaient cependant obstacle à mes bonnes conditions de malade, la chaleur qui était omniprésente depuis le début de mon hospitalisation et la douleur persistante au niveau de mon drain qui mettait mes nerfs à rude épreuve.

Une aide soignante m’avait proposé un ventilateur, car la chambre pour des raisons sanitaires ne possédait pas de climatisation, le vent produit par le mouvement rotatif des palmes me produisait un semblant de fraicheur, par contre je ressentais une souffrance quasi insupportable sur mon flan gauche à cause d’une infirmière qui m’avait laissé tomber brutalement sur le lit en me recouchant.

 



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