Exutoire à ma colère ou un scandale étouffé

Mon calendrier de rendez-vous  m’avait tenu éloigné des milieux médicaux durant une quinzaine de jours. Il m’avait bien fallu ce minimum de délai pour faire le ménage dans ma tête. Je n’étais pas complètement serein, car l’exercice n’était pas facile, cependant j’arrivais quand même à maîtriser un peu de ma peur et de mes doutes. C’était donc avec cette fragilité de l’esprit qu’en ce mardi 19 juillet 2005, je m’étais présenté à l’accueil des admissions de la clinique pour une hospitalisation en ambulatoire. Très vite une personne nous avait conduits, dans la chambre qui m’avait été allouée. J’étais assis dans un fauteuil à faire des mots fléchés, tandis que Chantal lisait un livre, de manière à tuer le temps. Je n’arrivais pas bien à comprendre pourquoi on m’avait collé dans cette chambre pour une simple prise de sang, suivie  seulement d’un examen au scanner. Il s’agissait sans doute d’une question de gros sous, la sécurité sociale étant une bonne vache à lait, il convenait de la traire jusqu’à la dernière goutte. Une aide soignante était rentrée inopinément dans les lieux avec la surprise de nous y trouver.

« Est-ce que l’on s’occupe de moi bientôt ? »

« Oui monsieur, un peu de patience et quelqu’un va venir vous chercher »

Nous étions arrivés pour 8 heures, et ma montre indiquait 9 heures, je commençais à trouver l’attente un peu longue. Chantal était de mon avis et avait l’impression que l’on nous avait oubliés. Je n’envisageais pas un seul instant que cette chose puisse arriver et l’encourageais à patienter encore un peu. La patience avait cependant des limites car à 9 heures 45 personne n’était encore venu s’enquérir de notre présence. Chantal était donc sortie pour demander quelques explications, tandis que le stress commençait à coloniser mon corps tout entier.

Le personnel à l’accueil n’avait pas fait suivre l’information et je n’étais pas inscrit présent au niveau du service. J’avais du mal à accepter cette version des faits, car l’aide soignante qui nous avait conduits à la chambre, était elle bien au courant de notre existence.  Une secrétaire avait téléphoné aux enfants pour leur dire que nous n’étions pas arrivés. Notre maison étant située à moins d’un kilomètre de la clinique, j’imaginais aisément l’angoisse que pouvait être la leur. Je n’avais pas envie de provoquer un scandale, car je souhaitais au plus vite en finir avec cette journée qui semblait fort mal commencer.

« Monsieur Gautier, on vous attend au scanner, je vais vous accompagner »

Nous déambulions dans les couloirs dans la direction de la salle d’examen, alors qu’une infirmière se dirigeait vers moi avec son chariot rempli de matériel à perfusion.

« Monsieur Gautier, je vais faire votre prise de sang »

J’étais assis en plein milieu du passage, alors que la femme m’enfonçait l’aiguille dans les veines pour prélever le précieux liquide. Tout le monde avait l’air de s’affoler autour de moi, la bourde était énorme et effectivement très préjudiciable pour l’image de marque de l’établissement. Tout avait donc été très vite, sans qu’il me soit présenté d’excuses. Il ne faisait aucun doute que le prix de mon séjour trois étoiles viendrait malgré tout gonfler sans remord, le désormais célèbre trou de la sécu.

Je n’avais pas eu besoin de passer dans la salle d’attente, le scanner était prêt, il n’attendait que moi, probablement au détriment d’un autre patient. L’examen avait donc été effectué en cinq-sept, et nous remontions à présent dans le service du docteur Z.

Compte-tenu du fait que je disposais d’une chambre, une collation aurait dû être prévue pour moi, mais nous approchions de midi, et je n’avais plus rien à espérer malgré que je fusse à jeun.

Mon pressentiment s’avérait exact car l’assistante du docteur était rentrée dans la chambre pour nous dire de quitter les lieux. Elle nous invitait à partir déjeuner puis à revenir en début d’après-midi pour le compte rendu des résultats.

Le milieu médical était capable de bien des miracles mais certes pas celui de préserver l’équilibre psychologique de ces malades, j’avais très envie de lui mettre ma main sur la figure, mais il me fallait trouver un exutoire à ma colère ailleurs qu’en ces lieux.

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