De nouveau dans les lieux

Il fallait à présent rentrer à la maison, où le reste de la famille nous attendait avec anxiété. A peine remis des émotions du matin, les enfants allaient entendre à nouveau le pire des scénarios. Face au caractère buté de la bête féroce, mon découragement prenait l’avantage sur ma capacité physique et mentale à pouvoir rebondir, et je me laissais doucement couler dans mon fauteuil en me disant que cette fois c’était la fin.

Chantal avait remis entre les mains de Julien la lettre du radiologue que le docteur Z avait bien pris le soin de ne pas nous lire. En fait mon état était encore pire que ce que nous aurions pu imaginer, mon rein droit était également touché par une nouvelle tumeur, le cancer semblait être en passe de se généraliser. Un long moment de silence avait suivi la lecture du courrier, nous étions tous à ras terre, la bête immonde remportait encore une victoire.

Quelques larmes avaient coulé, mais la vie continuait malgré tout, Julien et Sophie avaient un argument phare pour me sortir de mon mutisme, en m’annonçant que j’allais bientôt être grand-père, ils espéraient pouvoir me redonner le goût du combat.

Une autre bonne raison de se bouger, était que nous avions reçu l’appel de chez  I pour prendre possession de notre nouvel ordinateur, il était important pour moi de disposer d’un tel appareil, car mes journées avaient besoin d’être très occupées.

 

Un jour on trouve un sens à sa vie à un moment où l’on n’a oublié que l’espoir fait vivre et que la façon de survivre est de devenir un mort-vivant.
La lumière éclaire un chemin devant nous, un chemin à suivre seul ou à plusieurs. Alors la vie devient éternelle le temps passe doucement en attendant de revoir de refaire de retenter…cette chose qui nous tient tant à cœur.

 

Jeudi 21 juillet 2005, nous partions pour une longue journée d’attente et d’ennui aux NCN. Le chemin était plus que familier à Chantal car elle était venue me rendre régulièrement visite, durant mon hospitalisation du mois de juin. Nous nous étions donc garés sans encombre sur le parking de la gigantesque structure hospitalière avant de pénétrer dans le grand hall d’entrée, qui m’était malheureusement familier. Une hôtesse nous avait dirigé vers le centre CS qui était situé en prolongement du bâtiment dans lequel nous nous trouvions. Une seconde hôtesse nous avait ensuite montré l’escalier à prendre pour atteindre le service.   

La scintigraphie étant une technique d’imagerie utilisant des substances radioactives, il fallait d’abord que l’on m’injecte le produit, et attendre ensuite qu’il se fixe sur les os pour procéder à l’examen. La salle d’attente était pleine à craquer comme dans tous les endroits que j’avais fréquenté jusqu’alors, et j’attendais patiemment mon tour avec une seule idée en tête, quitter au plus vite cet environnement malsains pour mon moral.

« Monsieur Gautier s’il vous plait »

L’homme avait fait signe à Chantal de ne pas nous suivre, nous marchions dans un dédale de couloirs, l’endroit semblait être lourdement contrôlé, la médecine nucléaire est un domaine à part, notamment à cause de la dangerosité de ses produits.

« Je vais vous injecter une dose de Diphosphonates marqués au Techénétium99m, ce n’est pas douloureux. Revenez en début d’après-midi, le temps qu’il fasse effets, nous réaliserons à ce moment là l’examen. Buvez beaucoup d’eau pour uriner le plus possible. A cet après-midi monsieur. »

Il fallait à présent tuer le temps, heureusement Chantal avait tout prévu, livres, mots fléchés, boissons et sandwichs pour le pique-nique. Nous étions revenus dans le hall des NCN pour prendre un café à l’endroit même où nous nous étions installés avec Éliane ce fameux dimanche de juin qui marquait la fin de mon séjour consécutif à mon opération du poumon. A l’époque j’étais loin de me douter qu’un mois après je me retrouverais de nouveau dans les lieux.

A 14 heures sonnant nous étions de retour dans la salle d’attente qui nous avait accueillis le matin même. Mêmes causes, mêmes effets, Chantal n’avait pas été invitée à nous suivre. Mon accompagnateur m’avait fait pénétrer dans une seconde salle d’attente, mais cette fois nous n’étions que trois personnes à mijoter dans nos têtes le sort que nous était réservé.



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