Mourir pour faire avancer la science

Dans les pires moments de la maladie, le cancéreux s’attache au moindre espoir d’avenir, et l’espoir était pour moi de pouvoir profiter suite à de curieuses circonstances, des dernières technologies dont la médecine disposait pour lutter contre ce fléau moderne.

On dit que le hasard fait parfois bien les choses, en effet le docteur C m’avait dirigé au bon endroit, au bon moment. Je savais à présent que les patients n’étaient pas tous soignés de la même façon, beaucoup d’éléments influaient dans l’évolution de leur pathologie, en fonction de leur lieu d’habitation, des médecins ou des établissements hospitaliers qu’ils fréquentaient, mais aussi en fonction d’un facteur chance dont j’étais pour une fois l’heureux bénéficiaire.  

Le retour à notre domicile s’était passé sans problème, et j’étais de nouveau suffisamment gonflé d’optimisme pour vivre à peu près sereinement mon quotidien, en attendant de replonger dans le grand bain.

Notre arrivée avait été marquée par la visite d’Étienne et Nadine qui n’avaient de cesse de nous soutenir dans notre combat contre l’adversité. Étienne était le frère de mon grand ami Pierrot qui avait succombé à une septicémie quelques dix années plus tôt, et les aléas de la vie avaient fait qu’Étienne faisait maintenant partie de nos relations privilégiées.

Mon état de santé ne m’interdisait pas de vaquer à mes occupations favorites, car le cancer ne marquait pas encore son empreinte sur ma résistance physique. Comme je l’ai déjà mentionné précédemment, cette affection qui ne me faisait pas souffrir corporellement parlant, restait dans mon esprit, comme quelques choses de non palpable, d’abstrait, et donc basée uniquement sur les diagnostics réalisés par des médecins.   

Je n’avais pas eu le temps de mettre beaucoup de distance, dans mes relations avec le milieu médical, car le 5 aout au matin, l’ambulance était garée devant notre maison pour nous conduire vers une nouvelle ‘’aventure.’’

Je ne connaissais pas le CAC de l’espoir, mais nous étions venus quelques temps auparavant à l’hôpital Nola qui lui était adjacent. L’ensemble du complexe médical formait une petite ville dans la ville tant l’étendue des bâtiments était vaste. Nous devions nous rendre au service des visites, et heureusement que l’ambulancier était là pour nous guider. Notre accompagnateur connaissait parfaitement les procédures administratives à suivre, car ce n’était évidement pas la première fois qu’il conduisait un malade à cet endroit. Sans surprise la salle d’attente était pleine mais elle était partagée par les patients de différents médecins dont j’avais remarqué les plaques à l’entrée.

Nous étions reçu par le professeur R, sont cabinet était très modeste en comparaison de bien des endroits où j’avais déjà mis les pieds. L’homme était affable, souriant et très communicatif. Je n’avais pas besoin de lui raconter mon histoire, car mon dossier avait état transféré par le docteur Z. Il s’attachait à me confirmer que je n’étais pas atteint d’un cancer du poumon, les tumeurs n’étant qu’un prolongement du cancer initial.

‘’Paradoxalement je dirais même que vous avez des poumons en excellente santé. La recherche a fait d’énormes progrès, nous disposons d’un panel important de traitements qui sont mis à la disposition des malades, il faut y croire et se battre. »

Il était ensuite rentré dans le vif du sujet, et m’avait expliqué en détail la raison de ma présence à ses côtés. Les termes étaient très techniques mais parfaitement clair. J’étais candidat pour participer à une étude de nature expérimentale, car le médicament que l’on allait peut-être me fournir, en fonction de l’acceptation ou non de mon dossier, n’avait pas encore reçu l’autorisation de mise sur le marché des autorités sanitaires, en vue d’être commercialisé.

« Vous êtes en droit de connaître les procédures qui seront réalisées au cours de l’étude. Mes explications ne visent pas à vous alarmer ou vous inquiéter, mais à vous informer sur les risques et les bénéfices potentiels, afin que vous puissiez choisir en connaissance de cause de participer ou non à la présente étude. »

Il pouvait bien m’alerter de n’importe quoi, ma décision était déjà prise, depuis la minute même, où le docteur Z m’avait informé de cet essai thérapeutique. Choisir entre la sécurité d’un traitement déjà largement éprouvé, mais sans grands espoirs d’amélioration, ou le risque de l’inconnu, avec peut-être une guérison au bout, j’avais choisi de prendre le risque de vivre encore plus longtemps, ou de mourir pour faire avancer la science.

 



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