Flacon sans fioritures

Le flacon en plastique blanc était sans fioritures, il portait simplement une étiquette sur laquelle était imprimé le numéro de reconnaissance de l’étude (11848), le nom du médicament BAY 43-9006 et le nom du laboratoire qui avait conçu la molécule.

V nous avait expliqués que mon anonymat était préservé, et que les responsables de l’étude, ainsi que les laboratoires B ne m’identifiait en tant que malade, que par un numéro spécifiquement attribué à ma personne.

Le médicament qui n’était délivré que par la pharmacie du CAC de l’espoir, ne pouvait être remis à V qu’à l’instant où elle était porteuse d’un courriel attestant l’autorisation d’en disposer.

Ce courriel émanait d’un site basé aux États-Unis, et qui gérait la distribution du très précieux flacon Lorsque le centre de Nantes, ainsi que le malade avaient été clairement reconnus, le feu vert était donner pour débloquer la situation. Toutes ces précautions étaient nécessaires, probablement pour protéger le laboratoire de l’espionnage industriel, et donc de l’enjeu financier important que cela représentait, mais aussi en raison du prix de revient excessivement élevé du médicament, environ 5500 euros la boîte.  

Nous étions repartis confiants et rassasiés de toutes les informations qui nous avaient été données. Le docteur R nous avait donné l’autorisation de débuter le traitement qu’à partir du dimanche 14 août, car nous étions conviés à un mariage le samedi 13.

Comme au moment d’affronter mon opération du poumon, le hasard du calendrier nous accordait une journée de récréation, et nous n’avions pas l’intention de nous en passer.

Le soleil avait fait honneur aux mariés, et nous avions passé une excellente journée, mais indubitablement il fallait bien retomber dans la réalité.

En ce jour de repos dominical, le coq avait chanté avait même que nous soyons levés, nous nous étions couchés tard et il avait fallu récupérer. Le petit déjeuner de ce matin là était un moment solennel, j’avalais les deux premiers cachets d’une chimiothérapie qui allait durer, mais je l’ignorais, jusqu’en décembre de l’année 2007. J’avais plaisanté en demandant à Chantal de me photographier pour la mémoire, elle ne l’avait pas évidement pas fait, car au delà du ton volontairement humoristique que nous avions pris, nous ne savions absolument pas où le bateau allait nous conduire, et mon incertitude de l’avenir, était sans conteste la mère de mon angoisse.   

J’avais une note d’accompagnement qui m’expliquait très précisément comment la molécule allait agir sur mon corps.

Le principe actif du Nexavar (c’est le nom commercial qui allait être donné au médicament), est un inhibiteur de la protéine kinase. Cela signifie qu’il bloque certains enzymes spécifiques connues sous le nom de protéines kinases. Ces enzymes se trouvent dans certains récepteurs à la surface des cellules cancéreuses où elles interviennent dans la croissance et la dissémination des cellules cancéreuses et dans les vaisseaux sanguins qui irriguent les tumeurs, où elles interviennent dans le développement de nouveaux vaisseaux sanguins. Nexavar ralentit la vitesse de croissance des cellules cancéreuses et coupe l’irrigation sanguine permettant aux cellules cancéreuses de croître. On peut supposer que privées d’oxygène, les tumeurs allaient petit à petit s’assécher, pour définitivement disparaître.

Le résultat était pourtant largement hypothétique, car le médicament n’agissait pas de la même manière d’un malade à l’autre, et de toute façon ni les chercheurs, ni les médecins avaient assez de recul pour conforter un succès relatif à long terme. 

C’était bien la raison pour laquelle l’aventure n’était pas terminé, et qu’il avait été organisé cette nouvelle étude.



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