Apaiser ma souffrance

Lundi 24 janvier 2011, était programmé mon 45ème déplacement au CAC  de l’espoir. Docteur R était de bonne humeur, notre entretien était beaucoup plus décontracté que le rendez-vous précédent. En cette fin de matinée de décembre 2010, le praticien  étant sans doute très fatigué, le courant n’était en effet pas passé entre nous, et j’étais ressorti de notre rencontre fortement désappointé.

La qualité du dialogue entre le médecin et son patient est primordiale, hors lorsque les choses se passent mal, il se forme dans l’esprit du malade une forme de suspicion qui ne peut être que néfaste pour son aptitude au combat.

Aujourd’hui mardi 25 janvier 2011, je suis allé ce matin partager la galette des rois avec mes anciens collègues. Le transfert du traitement des dossiers maritimes sur Nantes, ainsi que la fermeture de bureau de douane de Cholet, mais aussi l’informatisation progressive des documents administratifs, a énormément changé l’emploi du temps du personnel, et son organisation au sein d’un service qui a également déménagé de notre ancien bureau. Mes 31 années de collaboration dans l’entreprise, font bel et bien parti du passé.

J’ai pu me rendre à la Verrie,  parce que je suis en récréation, ma chimiothérapie étant suspendue depuis déjà une semaine. Malgré tout il m’est bien difficile de faire un break avec la maladie, car les prochains rendez-vous au CAC de l’espoir, les ordonnances de prise de sang, et de scanner punaisées au tableau de la cuisine, mon pilulier régulièrement posé sur la table, la pharmacie remplie au trois quarts de médicaments m’appartenant, mon bras qui me fait mal, et l’écharpe que je dois porter pour le maintenir, tout dans mon environnement me rappelle ma condition de cancéreux.

Il fait beau mais ma balade du matin m’a permis de m’aérer l’esprit, et je me sens près à reprendre le fil de mon témoignage d’un monde qui n’est pas l’enfer, mais qui lui ressemble à bien des égards.

 

Dimanche 14 août 2005, j’avais donc avalé mes deux premiers cachets de couleur vieux rose, et je me sentais soudainement pleinement rassuré, un peu comme un trapéziste qui se sait préservé, par un filet de protection, j’avais l’impression que plus rien ne pouvait m’arriver. Je disposais enfin des armes pour mener un combat d’égal à égal contre mon adversaire.

Cet état d’esprit empreint d’un optimisme outrancier, était sans doute pour moi un atout majeur pour faire front au défi que je m’étais lancé. Je voulais à tout prix obtenir des résultats, je me lançais corps et âme dans le bataille, conscient des conséquences qu’une victoire pourrait avoir sur le traitement des cancers du rein, (je ne pensais pas à l’enjeu financier, mais bien à l’enjeu humain). 

Je disposais des numéros de téléphone du docteur R et de V, je pouvais donc dans l’exercice de leurs fonctions, les contacter à tout instant. Les premiers symptômes des effets secondaires étaient apparus dans la semaine qui avait suivi le début de ma médication. La diarrhée avait ouvert le bal à raison d’une dizaine de stages aux toilettes par jour, il suffisait de boire abondamment pour éviter la déshydratation. Mes intestins bien malmenés ne m’empêchaient ni de poursuivre mes activités habituelles, ni d’effectuer mes sorties quotidiennes. Fidèle à notre politique d’information, nous avions Chantal et moi avertis clairement notre entourage de ce que j’étais probablement en passe de supporter, et des inconvénients qui en résulteraient. Je ne voulais imposer à personne ma maladie, m’inviter ou ne pas m’inviter, suspendre ou de ne pas suspendre nos relations, chacun était donc libre de ses mouvements Personne ne m’avait fermé la porte, et il ne faut pas être hypocrite, j’aurais été terriblement blessé d’une attitude négative envers moi. Les seconds symptômes étaient survenus presque en même temps que la diarrhée, ils s’étaient manifestés par des picotements puis par des rougeurs de plus en plus vives sur le dessus des pieds et sur les fesses. Le médecin ayant prévu uns sécheresse extrême de la peau j’appliquais délicatement aux endroits douloureux une pommade qu’il m’avait prescrite, dans l’espoir de nourrir l’épiderme et donc d’apaiser mes souffrances. 



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